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Citations sur l'idéal

Quelle honte pour le genre humain…

« En effet, l’Eu­rope qui s’é­ta­lait sous les yeux de Leon­tiev contras­tait avec celle de sa bien-aimée Renais­sance. Ne serait-il pas atroce et vexant de pen­ser que Moïse n’a gra­vi le Sinaï, que les Hel­lènes n’ont édi­fié leurs gra­cieuses Acro­poles, que les Romains n’ont fait les guerres puniques, que le génial, le superbe Alexandre, coif­fé d’un casque emplu­mé, n’a fran­chi le Gra­nique et com­bat­tu à Arbèles, que les apôtres n’ont prê­ché, les mar­tyrs souf­fert, les poètes chan­té, les peintres peint, les che­va­liers brillé dans les tour­nois, qu’à cette fin unique qu’un bour­geois fran­çais, alle­mand ou russe, affu­blé de ses habits ridi­cules et hideux, jouisse d’un confort indi­vi­duel” et col­lec­tif” sur les ruines de toute gran­deur pas­sée ?… Quelle honte pour le genre humain si ce vil idéal de l’u­ti­li­té com­mune, de la mes­qui­ne­rie du tra­vail et de l’i­gno­mi­nie du tran­tran devait triom­pher pour toujours !” »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

La gauche ne s’est jamais heurtée à un adversaire…

« Pen­dant toute la période où elle domi­nait, la gauche ne s’est jamais heur­tée, au sein du sys­tème ins­ti­tu­tion­nel en tout cas, à un adver­saire doc­tri­nal, à un pro­jet alter­na­tif, à une idéo­lo­gie de rem­pla­ce­ment. Par consé­quent, si elle dis­pa­raît, il ne reste pra­ti­que­ment rien de poli­tique. »

Bru­no Mégret
L’Autre scé­na­rio pour la France et l’Eu­rope, Édi­tions Cité liber­té, 2006

Ce qui est beau doit être fort…

« Tout comme les Grecs de l’Antiquité asso­ciaient l’esthétique et l’éthique, la morale selon le Haga­ku­ré est déter­mi­née par l’esthétique. Ce qui est beau doit être fort, brillant et débor­dant d’énergie. Tel est le pre­mier prin­cipe ; le second, c’est que ce qui est moral doit être beau. Cela ne signi­fie pas qu’on doive appor­ter un soin exces­sif à son cos­tume au point d’avoir l’air effé­mi­né. Il s’agit plu­tôt d’instaurer entre la beau­té et l’idéal moral la plus grande ten­sion pos­sible. Se far­der pour dis­si­mu­ler une indis­po­si­tion se relie direc­te­ment à la tra­di­tion du maquillage pré­cé­dant le sui­cide rituel. »

Yukio Mishi­ma
Le Japon moderne et l’éthique samou­raï (Intro­duc­tion to Haga­ku­ré), 1967, trad. Émile Jean, édi­tions Gal­li­mard, coll. Arcades, 1985

Si l’idéal chevaleresque et la conscience de la chrétienté…

« Si l’i­déal che­va­le­resque et la conscience de la chré­tien­té sont sor­tis des croi­sades, la patrie fran­çaise est sor­tie de la guerre de Cent ans. Cette conscience avait déjà tres­sailli dans la chan­son de Roland, où le nom de « douce France » vibre avec une émo­tion par­ti­cu­lière quand les preux, reve­nant d’Es­pagne, aper­çoivent du haut des Pyré­nées les rives de l’Adour. »

Édouard Schu­ré
Les grandes légendes de France, 1892, édi­tions Col­lec­tion XIX, 2016

Nous voulons qu’on nous donne des raisons de vivre !

« Nous vou­lons qu’on nous donne des rai­sons de vivre ! Pour­tant je vous corne qu’il n’y en a pas et que tout l’égarement du trou­peau est là, dans cet appel creux que le déma­gogue et le phi­lo­sophe incitent à pous­ser. Il y a des pas­sions de vivre. Il y a des pous­sées énormes et des volon­tés de vivre. Il y a un hon­neur à vivre. Il n’y a pas de rai­son. »

Jean Cau
La grande pros­ti­tuée, édi­tions de La Table Ronde, 1974

Les idées, les valeurs ne meurent pas…

« Les idées, les valeurs ne meurent pas. Vain­cues, elles som­meillent, puis se réveillent et renaissent de leurs cendres sous d’autres formes. »

Arnaud Imatz
Pré­sence de José Anto­nio, Les Bou­quins de Syn­thèse natio­nale, 2013

Thucydide est la grande somme, la dernière révélation de cet esprit…

« Thu­cy­dide est la grande somme, la der­nière révé­la­tion de cet esprit des réa­li­tés fort, sévère et dur que les anciens Hel­lènes avaient dans l’instinct. Le cou­rage devant la réa­li­té dis­tingue en der­nière ins­tance des natures comme Thu­cy­dide et Pla­ton : Pla­ton est lâche devant la réa­li­té, – par consé­quent il se réfu­gie dans l’idéal ; Thu­cy­dide est maître de soi, donc il est aus­si maître des choses… »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Toute la science moderne n’a pas la moindre valeur de connaissance…

« Toute la science moderne n’a pas la moindre valeur de connais­sance ; elle se base sur un renon­ce­ment for­mel à la connais­sance au sens vrai. La force motrice et orga­ni­sa­trice de la science moderne ne dérive pas du tout de l’idéal de la connais­sance, mais exclu­si­ve­ment de l’exigence pra­tique, et peut-on dire, de la volon­té de puis­sance appli­quée aux choses, à la nature […] En der­nière ana­lyse, l’élan vers la connais­sance s’est trans­for­mé en une impul­sion à domi­ner, et c’est d’un scien­ti­fique, B. Rus­sel, qu’on tient l’aveu que la science, de moyen de connaître le monde, est deve­nu un moyen de chan­ger le monde. »

Julius Evo­la
Che­vau­cher le tigre (Caval­care la tigre), 1961

Le révolutionnaire est un homme perdu d’avance…

« Le révo­lu­tion­naire est un homme per­du d’avance. Il n’a pas d’intérêts par­ti­cu­liers, d’affaires pri­vées, de sen­ti­ments, d’attaches per­son­nelles, il n’a même pas de nom. Tout en lui est absor­bé par un seul inté­rêt à l’exclusion de tout autre, par une seule pen­sée, par une seule pas­sion – la révo­lu­tion. »

Ser­gueï Netchaïev
Caté­chisme du révo­lu­tion­naire, mani­feste écrit entre 1868 et 1869

Parmi d’autres, l’histoire de la Russie d’après 1917, continuée jusqu’en 1991…

« Par­mi d’autres, l’histoire de la Rus­sie d’après 1917, conti­nuée jusqu’en 1991, montre avec une force par­ti­cu­lière que les défaites sont rare­ment irré­mé­diables et que les vic­toires sont tou­jours momen­ta­nées. Sur un plan supé­rieur, spi­ri­tuel et non poli­tique, les défaites sont en par­tie effa­cées lorsque les vain­cus se sont mon­trés héroïques. Il se trou­ve­ra un enfant pour recueillir la leçon morale des sui­ci­dés de Numance, s’émerveiller au sou­ve­nir de Julien, de William Wal­lace, des Chouans et des Ven­déens, des fidèles Confé­dé­rés, des gardes blancs de Deni­kine, Kolt­chak et Wran­gel, des réprou­vés du Bal­ti­kum, et en faire autant de modèles pour se déter­mi­ner et se conduire fer­me­ment. Vic­toire, défaite, tout est balayé par le temps. Ce qui sub­siste, comme dans Plu­tarque, ce sont les leçons de main­tien don­nées à la pos­té­ri­té par cer­tains hommes face à l’adversité.
L’interprétation des défaites est dépen­dante de la culture et des repré­sen­ta­tions”. L’esprit tra­gique, pré­sent dans toute la lit­té­ra­ture épique euro­péenne depuis Homère, exa­mine les échecs en pro­por­tion de leur héroïsme, au point de voir en eux un pré­texte à l’éternisation des héros.
Cette idée rap­pelle que la vision que l’on se fait du pas­sé déter­mine l’avenir. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire de ce qui l’a fait ce qu’il est. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

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