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Citations sur l'héritage

Naître sans héritage, grandir sans apanage, mourir…

« Naître sans héri­tage, gran­dir sans apa­nage, mou­rir sans lignage, c’est le lot de l’homme de pas­sage, de l’homme sans ancrage. L’homme de rien. Qui ne trouve rien en arri­vant, qui ne laisse rien en par­tant. Qui, fina­le­ment, n’aime rien. Rien que lui-même, ses pul­sions et appétences. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

En effet, la noblesse héréditaire, c’est une noblesse lunaire…

« En effet, la noblesse héré­di­taire, c’est une noblesse lunaire”, et pour ain­si dire faite de morts. Seule demeure en elle, prin­cipe vivant, authen­tique, dyna­mique, l’incitation qu’éprouve le des­cen­dant de main­te­nir par ses efforts, le niveau où attei­gnit son aïeul. Tou­jours, même en ce sens déna­tu­ré, noblesse oblige ! Le noble d’origine s’oblige à lui-même ; l’héritage oblige le noble héréditaire. »

José Orte­ga y Gasset
La révolte des masses (La rebe­lión de las masas, 1929), trad. Louis Par­rot, édi­tions Stock, 1937

Notre corps, les produits de notre travail, notre langage, nos pensées…

« Notre corps, les pro­duits de notre tra­vail, notre lan­gage, nos pen­sées, nos ins­ti­tu­tions, nos arts, tout est pour nous héri­tage, tré­sor len­te­ment accu­mu­lé par les ancêtres. Une géné­ra­tion nou­velle arrive à la vie, et dans les mou­ve­ments, les pas­sions, les joies et les dou­leurs qui l’a­gitent en tous sens, pen­dant les quelques heures de son exis­tence, se mêlent, s’en­tre­choquent ou s’é­qui­librent toutes les forces du pas­sé. »

Léon Bour­geois
Soli­da­ri­té, 1896, édi­tions Le bord de l’eau, 2008

Il est aisé de discerner les continuités qui donnent au monde européen son identité…

« Il est aisé de dis­cer­ner les conti­nui­tés qui, dans la longue durée, donnent au monde euro­péen son iden­ti­té, de l’Antiquité anté­rieure au chris­tia­nisme puis à la moder­ni­té qui s’en est pro­gres­si­ve­ment éloi­gnée. L’héritage du chris­tia­nisme demeure, dans tous les cas, essen­tiel dans la construc­tion de notre civi­li­sa­tion, quels que soient les dénis de réa­li­té aux­quels nous avons été confron­tés quand les ins­pi­ra­teurs de la cala­mi­teuse Europe de Bruxelles ont refu­sé haut et fort de recon­naître les racines chré­tiennes pour­tant indis­cu­tables de notre civi­li­sa­tion. Le chris­tia­nisme est deve­nu, à par­tir de la fin de l’Antiquité, et pour les quinze siècles qui ont sui­vi, la reli­gion de l’Europe et a lar­ge­ment déter­mi­né les dif­fé­rents aspects sociaux, poli­tiques cultu­rels de sa civilisation. »

Phi­lippe Conrad
Dis­cer­ner les conti­nui­tés qui donnent au monde euro­péen son iden­ti­té, entre­tien au site Le Rouge & Le Noir, 20 avril 2015

Il est urgent que les Européens réapprennent à défendre…

« Il est urgent que les Euro­péens réap­prennent à défendre leur iden­ti­té par­ti­cu­lière et leur espace propre. Toutes les cultures ne se valent pas. Nos patries ne sont pas des villes ouvertes. À l’égard d’une immi­gra­tion de plus en plus mas­sive les Euro­péens ne doivent pas recher­cher un illu­soire opti­mum com­mun entre enva­his­seurs et enva­his. Mais pen­ser à pro­té­ger d’abord leur héri­tage et leurs héritiers. »

Jean-Yves Le Gallou
XXIe siècle, vers un nou­veau cycle euro­péen ?, allo­cu­tion au cin­quième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 7 avril 2018

Nous possédons un héritage spirituel qui n’a rien à envier…

« Nous pos­sé­dons un héri­tage spi­ri­tuel qui n’a rien à envier à ceux des autres grandes civi­li­sa­tions, mais nous ne le savons pas ou nous le savons mal. À l’immense crise spi­ri­tuelle du nihi­lisme occi­den­tal, il faut appor­ter nos propres réponses. Les hommes n’existent que par ce qui les dis­tingue : clan, lignée, his­toire, culture, tra­di­tion. Il n’y a pas de réponse uni­ver­selle aux ques­tions de l’existence et du com­por­te­ment. Chaque civi­li­sa­tion a sa véri­té et ses dieux, tous res­pec­tables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civi­li­sa­tion apporte ses réponses, sans les­quelles les indi­vi­dus, hommes ou femmes, pri­vés d’identité et de modèles, sont pré­ci­pi­tés dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se pas­ser de racines. Il appar­tient à cha­cun de retrou­ver les siennes. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

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