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Citations sur l'héritage

Ma famille m’a laissé mieux…

« Ma famille m’a lais­sé mieux : une tra­di­tion et un exemple. Je vais essayer de les rap­por­ter fidè­le­ment. C’est une dette que j’ac­quitte. Quand j’é­cris que le plus impor­tant n’est pas le sens de l’His­toire mais le sens du devoir, je prends ce mot au mot. Devoir, c’est avoir des dettes. Nous sur­vi­vons écrou­lés de dettes. Envers nos parents et envers ceux qui nous sui­vrons. Envers ceux que nous aimons et envers ceux que per­sonne n’a aimé. Envers ceux qui nous ont don­né, et envers ceux à qui on n’a pas don­né. Je n’ai jamais pu sup­por­ter le spec­tacle d’un enfant qui pleure. Essayons de res­ter, dans ce monde per­du, capable de l’hon­neur et des larmes. »

Jean-Fran­çois Deniau
Mémoires de 7 vies. Les temps aven­tu­reux, Tome 1, édi­tions Plon, 1994

La pensée se forme et s’informe à partir de rencontres, de lectures…

« Elle [la pen­sée] se forme et s’informe à par­tir de ren­contres, de lec­tures, de maîtres accep­tés et dépas­sés, de thé­ma­tiques explo­rées et reje­tées, comme de la dis­pu­ta­tio que ces diverses expé­riences engendrent. Dans la pai­deia clas­sique, tout théo­ri­cien” est lui-même d’abord un héri­tier, étape indis­pen­sable à son éman­ci­pa­tion future. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Il serait vain de se détourner du passé…

« Il serait vain de se détour­ner du pas­sé pour ne pen­ser qu’à l’avenir. C’est une illu­sion dan­ge­reuse de croire qu’il y ait même là une pos­si­bi­li­té. L’opposition entre l’avenir et le pas­sé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c’est nous qui pour le construire devons tout lui don­ner, lui don­ner notre vie elle-même. Mais pour don­ner il faut pos­sé­der, et nous ne pos­sé­dons d’autre vie, d’autre sève, que les tré­sors héri­tés du pas­sé et digé­rés, assi­mi­lés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé. »

Simone Weil
L’enracinement, 1943, édi­tions Gal­li­mard, 1949

Contre la mondialisation, quintessence du non-lieu…

« Contre la mon­dia­li­sa­tion, quin­tes­sence du non-lieu, qui pousse à la déter­ri­to­ria­li­sa­tion et au déles­tage des attaches sym­bo­liques, le peuple des lais­sés-pour-compte plé­bis­cite le lieu comme pre­mière com­po­sante du lien. Le vil­lage cou­tu­mier contre le vil­lage pla­né­taire. Le vil­lage comme capi­tal social et cultu­rel pro­tec­teur à l’heure où l’É­tat ne pro­tège plus. Être, c’est habi­ter. Com­prendre que per­sonne n’échappe tota­le­ment à la marque des ori­gines, à l’imprégnation de l’enfance et à la conta­gion des paysages. »

Patrick Buis­son
La Cause du peuple, édi­tions Per­rin, 2016

À chaque fois que j’entre sous le vieux porche…

« À chaque fois que j’entre sous le vieux porche [d’une cathé­drale], mar­qué par les vicis­si­tudes de la pierre souf­frante, déca­pi­tée, je res­sens en moi char­nel­le­ment, qui vibre, toute une France des hautes nefs immé­mo­riales, une foule chan­tante, un grouille­ment d’âmes simples, un hymne à l’unité pro­fonde de la sym­pho­nie mil­lé­naire, l’accord par­fait du burin sur la pierre et du souffle de l’esprit. C’est une grande émo­tion que cette pré­sence de l’œuvre vive, une res­pi­ra­tion qui ne s’étaient pas. Des ombres qui se lèvent le long des colonnes. Des géants. Des gisants de géants. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

La France a été expropriée…

« La France a été expro­priée de chez elle. Si elle regagne ses pénates et recouvre sa mémoire, l’esprit retrou­ve­ra son rayon­ne­ment et sa force d’attraction.
Il faut relire la fable du riche Labou­reur” qui sen­tait sa mort pro­chaine et fit venir ses enfants :
Gar­dez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont lais­sé nos parents.
Un tré­sor est caché dedans. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

L’assise de la France…

« L’assise de la France tient à ce dépôt mil­lé­naire, elle tient à ce qu’elle existe autant par des mil­lions d’hommes vivants que par un mil­liard d’hommes morts. La vraie assise, la voi­là. Quand on est du même champ, alors on est pour tou­jours du même temps. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

Les Français ont sous leurs pieds…

« Les Fran­çais ont sous leurs pieds le sol qui contient pro­por­tion­nel­le­ment aux vivants le plus grand nombre de morts : 15 mil­liards de tombes pèsent plus lourd que 50 mil­lions de vivants. »

Pierre Chau­nu
His­toire des sen­si­bi­li­tés des Fran­çais à la France, Robert Laf­font, 1982

Le passé, notre passé, a peut-être bien des aspects sombres…

« Le pas­sé, notre pas­sé, a peut-être bien des aspects sombres. Il a été le lieu de bien des crimes et bien des sot­tises. Mais il a, à tout le moins, un double mérite : d’une part, il a exis­té, alors que nul ne sait si le futur exis­te­ra ; d’autre part, ce qui est plus impor­tant : il nous a pro­duits, nous qui nous pla­çons à son égard en posi­tion de juges. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

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