« Qu’importe ma vie ! je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus. »
Georges Bernanos
Les grands cimetières sous la lune, Librairie Plon, 1938, coll. Le Livre de Poche, 1977
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« Qu’importe ma vie ! je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus. »
Georges Bernanos
Les grands cimetières sous la lune, Librairie Plon, 1938, coll. Le Livre de Poche, 1977
« Nous qui étions de vieux connaisseurs et admirateurs de l’Europe ancienne, de la vraie musique, de la vraie poésie d’autrefois, constituions-nous simplement une ridicule petite minorité de névrosés à l’esprit compliqué, que l’on oublierait et que l’on raillerait demain ? Ce que nous appelions “Culture”, esprit, âme ; ce que nous qualifiions de beau, de sacré, ne représentait-il qu’une réalité fantomatique, disparue depuis longtemps déjà ? Étions-nous les seuls, nous pauvres fous, à croire encore cette réalité authentique et vivante ? Était-il possible qu’elle n’eût jamais vraiment existé ? Était-il possible que ce que nous autres, pauvres fous, nous nous efforcions d’atteindre n’eût jamais été qu’une illusion ? »
Hermann Hesse
Le loup des steppes (Der Steppenwolf), 1927, éditions Calmann-Lévy, 1975, trad. Alexandra Cade, éditions Le Livre de poche, coll. Biblio, 2022
« L’idée que les choses iront nécessairement mieux demain a déserté les classes populaires, qui ont aujourd’hui le sentiment d’être les grandes sacrifiées du mouvement général des choses. Elles sont donc devenues objectivement conservatrices et nostalgiques du passé. Les électeurs du Front national d’aujourd’hui sont des déçus de l’État-providence d’hier. »
Jacques Julliard
« Pourquoi la gauche s’effondre », Éléments n°159, mars 2016
« Où est-elle donc passée, cette plaisante culture de l’art de vivre ? Cette existence fondée sur une acceptation joyeuse de la vie ? Disparue ! Disparue, et peut-être à jamais. »
Ernst Jünger
Carnets de guerre : 1914 – 1918, trad. Julien Hervier, Christian Bourgois Editeur, 2014
« La volonté de restaurer le passé, quand bien même elle peut être touchante, est fondamentalement impolitique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héritées du passé, les structures mentales, les manières de penser l’homme et la société qui ont été propres au monde féodal peuvent nous inspirer. »
Guillaume Travers
Entretien au site La Droite de demain, 15 février 2021
« Plus que ces douairières, les hommes rassemblés autour d’un whist, se révélaient ainsi que des êtres immuables et nuls ; là, les descendants des anciens preux, les dernières branches des races féodales, apparurent à des Esseintes sous les traits de vieillards catarrheux et maniaques, rabâchant d’insipides discours, de centenaires phrases. De même que dans la tige coupée d’une fougère, une fleur de lis semblait seule empreinte dans la pulpe ramollie de ces vieux crânes.
Une indicible pitié vint au jeune homme pour ces momies ensevelies dans leurs hypogées pompadour à boiseries et à rocailles, pour ces maussades lendores qui vivaient, l’œil constamment fixé sur un vague Chanaan, sur une imaginaire Palestine. »
Joris Karl Huysmans
À Rebours, 1884, éditions Gallimard, 1977, coll. Folio classique, 2022
« Sybille pense qu’il faut cesser de s’accrocher au passé, mais Clarisse croit au contraire que rien n’est irréparable, qu’il suffit de retisser la toile pour retrouver les harmonies oubliées, de ravauder l’étoffe ancienne pour que le soleil revienne. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
« Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée, descendant en pèlerin les flancs de la montagne, la clarté de ses yeux gris débordant d’éclat et d’une nostalgie sûre de son objet, était Zarathustra descendant des hauteurs, ou bien le Pèlerin de Goethe. Le soleil jouait dans la fine poussière de craie que ses pieds et les nôtres soulevaient, et la lumineuse roche du chemin semblait sonner sous ses semelles… »
Walter Flex
Le pèlerin entre deux mondes (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020
« Pourquoi est-ce toute la beauté de la vie qui saisit, au lieu que ce soit nous qui la saisissions ? Hélas, de même que l’homme est poussière et redeviendra poussière, toute beauté est nostalgie et redevient nostalgie. Nous la poursuivons jusqu’à ce qu’elle devienne nostalgie. »
Walter Flex
Le pèlerin entre deux mondes (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020
« Le soir de Noël, des éclats sombres traversaient le regard des légionnaires. Nous les sentions parfois démunis, plus silencieux qu’à l’accoutumée, retenus par le souvenir d’un berceau, d’une main maternelle qui s’approche pour calmer la fièvre d’un enfant ou par les cheveux déployés d’un amour laissé au loin.
Lorsque les hommes tombaient au combat, il fallait rassembler leurs affaires et prévenir leur famille. J’ai fait à cette occasion des découvertes que je garde précieusement en moi. Personne ne viendra les déranger. Elles mourront avec moi. Seul le silence est digne de certaines tragédies. »
Hélie Denoix de Saint Marc
Toute une vie, éditions les arènes, 2004
« L’enjeu : rappeler à l’existence la mentalité aristocratique, ressusciter l’esprit de la vieille Europe. Il ne s’agit pas d’un retour en arrière. Il ne s’agit pas de réanimer artificiellement des choses mortes. Mais de reprendre conscience d’un héritage pour le recréer sous des formes nouvelles. »
Louis Pauwels
Comment devient-on ce que l’on est ?, éditions Stock, 1978