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Thème

Citations sur la vie

Un héroïsme sans drapeaux ni tambours…

« Un héroïsme sans dra­peaux ni tam­bours. Sem­blable à l’enfantement, il se mani­feste dans le silence du quo­ti­dien et des tâches sacrées par les­quelles, chaque jour, les femmes font renaître la vie au sein d’un foyer. Oui, il y a une sacra­li­té des gestes quo­ti­diens des femmes, parce que ces gestes renou­vellent la vie par les tra­vaux de la mai­son, le soir aux enfants, la pré­pa­ra­tion des repas, l’attention à la toi­lette, toutes choses par les­quelles un foyer existe ou non, et par les­quelles la trans­mis­sion de la tra­di­tion s’effectue par exem­pla­ri­té. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’histoire, Via Roma­na, 2011

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie…

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâ­tir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent par­ties Sans un geste et sans un sou­pir. […] Si tu sais médi­ter, obser­ver et connaître Sans jamais deve­nir scep­tique ou des­truc­teur, Rêver, mais sans lais­ser le rêve être ton maître, Pen­ser sans n’être qu’un pen­seur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais impru­dent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ; Si tu peux ren­con­trer Triomphe après Défaite Et rece­voir ces deux men­teurs d’un même front, Si tu peux conser­ver ton cou­rage et ta tête Quand tous les autres les per­dront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Vic­toire Seront à tout jamais tes esclaves sou­mis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. »

Rudyard Kipling
If, 1895, in Rewards and Fai­ries, 1910, trad. André Maurois

On doit toujours viser plus haut que le but…

« On doit tou­jours viser plus haut que le but. Seul celui qui sait se com­por­ter sur un poste per­du est à la hau­teur de chaque poste. »

Ernst Jün­ger
Hélio­po­lis (Helio­po­lis, Rück­blick auf eine Stadt), 1949, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1975

La condition par excellence de la vie…

« La condi­tion par excel­lence de la vie, de la san­té et de la force chez l’être orga­ni­sé, est l’action. C’est par l’action qu’il déve­loppe ses facul­tés, qu’il en aug­mente l’énergie, et qu’il atteint la plé­ni­tude de sa des­ti­née. »

Pierre-Joseph Prou­dhon
La guerre et la paix, 1861, édi­tions Hachette Livre – BNF, 2016

Il faut penser et dire que ce qui est…

« Il faut pen­ser et dire que ce qui est ; car il y a être : il n’y a pas de non-être ; voi­là ce que je t’ordonne de pro­cla­mer. Je te détourne de cette voie de recherche, où les mor­tels qui ne savent rien s’égarent […]. Ils vont sourds et aveugles, stu­pides et sans juge­ment ; ils croient qu’être et ne pas être est la même chose […]. »

Par­mé­nide
De la nature, frag­ment B VIII, fin VIe-milieu du Ve siècle av. notre ère

Il faut distinguer la morale de l’éthique…

« Il faut dis­tin­guer la morale de l’éthique. La morale défi­nit un mini­mum : il s’agit de se com­por­ter de manière à res­pec­ter la per­sonne d’autrui. Mais elle ne dit rien du com­ment vivre’ ni du vivre bien’, qui relève d’un choix. Ce choix de vie, cette éthique se construit en fonc­tion des valeurs que nous esti­mons suprêmes. La vie a un sens dans la mesure où l’on atteint la réa­li­sa­tion des valeurs qui, pour nous, font qu’elle mérite d’être vécue. »

Mar­cel Conche
Épi­cure en Cor­rèze, édi­tions Stock, 2014

La vie n’est qu’un fantôme errant…

« Life’s but a wal­king sha­dow, a poor player That struts and frets his hour upon the stage And then is heard no more. It is a tale Told by an idiot, full of sound and fury Signi­fying nothing. » Tra­duc­tion : La vie n’est qu’un fan­tôme errant, un pauvre comé­dien qui se pavane et s’agite son heure durant sur la scène, et qu’ensuite on n’entend plus. C’est une his­toire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, — et qui ne signi­fie rien.

William Sha­kes­peare
Mac­beth, (acte V, scène 5), 1606

Faire une œuvre de vie de ce qui était lettre morte…

« Faire une œuvre de vie de ce qui était lettre morte, com­prendre ce que l’on est, décou­vrir com­ment vivre et agir selon notre tra­di­tion, voi­là notre tâche. Ce n’est pas seule­ment un préa­lable à l’action. La pen­sée est l’action. Notre monde ne sera pas sau­vé par des savants aveugles ou des éru­dits bla­sés. Il sera sau­vé par des poètes et des com­bat­tants, par ceux qui auront for­gé l’« épée magique » dont par­lait Ernst Jün­ger, l’épée spi­ri­tuelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. Notre monde sera sau­vé par les veilleurs pos­tés aux fron­tières du royaume et du temps. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

Nous avons tout perdu, disait Fichte, mais il nous reste…

« Nous avons tout per­du, disait Fichte, mais il nous reste l’éducation”. Et Nietzsche obser­vait : Où qu’apparaisse une gran­deur tant soit peu durable, on peut obser­ver une sélec­tion préa­lable très soi­gneuse – par exemple chez les Grecs”. Ne sous-esti­mons pas ce pou­voir de l’éducation, et rap­pe­lons-nous qu’à la nais­sance, le meilleur des dons n’est jamais pré­sent que sous une forme poten­tielle. D’où la néces­si­té de centres, de sémi­naires et de « cloîtres » où puisse mûrir une forme nou­velle de vie. Et pour cela d’abord édu­quer des édu­ca­teurs. Dans Par-delà bien et mal, Nietzsche écri­vait : Les grandes choses sont réser­vées aux grands, les pro­fon­deurs aux pro­fonds, les dou­ceurs et les fris­sons aux âmes sub­tiles, tout ce qui est rare aux êtres rares”. Avant de se gar­ga­ri­ser du mot élite” et de se tar­guer d’en faire par­tie, c’est à réunir des condi­tions qu’il paraît néces­saire d’œuvrer. Tra­vail à long terme, où il faut de la patience, de l’ordre, du goût, de la méthode et du temps. »

Alain de Benoist
Les idées à l’endroit, Édi­tions Libres-Hal­lier, 1979

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