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Thème

Citations sur le combat

Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ?

« Com­ment peut-on être rebelle aujourd’hui ?
Je me demande sur­tout com­ment on pour­rait ne pas l’être ! Exis­ter, c’est com­battre ce qui me nie. Être rebelle, ce n’est pas col­lec­tion­ner des livres impies, rêver de com­plots fan­tas­ma­go­riques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais gué­rir de sa jeu­nesse. Pré­fé­rer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pra­ti­quer aus­si en cor­saire et sans ver­gogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut conver­tir à sa norme, sans s’arrêter sur les appa­rences. Dans les revers, ne jamais se poser la ques­tion de l’inutilité d’un com­bat perdu. »

Domi­nique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Cela signifie que l’histoire n’est pas finie…

« […] et tous nous sommes mena­cés par de nou­veaux assauts sur les plaines de Troie. Troie peut avoir tous les noms pos­sibles, les dieux sont tou­jours en embus­cade, pré­pa­rant de nou­veaux assauts. Cela ne veut pas dire que les hommes sont mau­dits et des­ti­nés à se battre. Cela signi­fie que l’histoire n’est pas finie. »

Syl­vain Tesson
Un été avec Homère, édi­tions des Équa­teurs, 2018

Dans un fameux passage de l’Iliade le poète décrit la phalange achéenne…

« Dans un fameux pas­sage de l’Iliade le poète décrit la pha­lange achéenne : « La lance fait un rem­part à la lance, le bou­clier au bou­clier, cha­cun étayant l’autre ; l’écu s’appuie sur l’écu, le casque sur le casque, le guer­rier sur le guer­rier. » Ce n’est pas seule­ment la pré­fi­gu­ra­tion de l’ordre hopli­tique que l’on entre­voit ici, mais sur­tout l’expression de ce qu’est une com­mu­nau­té soli­daire où chaque membre peut se repo­ser sur les autres, où la déser­tion d’un seul anéan­ti­rait ins­tan­ta­né­ment le tout indis­so­ciable. Pas ques­tion de « contrat » ici, mais d’obligations mutuelles ins­crites dans le pacte fon­da­teur du clan, de la tri­bu, de la cité et de la phalange. »

Domi­nique Venner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

Ces chefs sont essentiellement des guerriers…

« Les poèmes homé­riques nous montrent les chefs achéens régnant cha­cun sur un petit royaume ; la Grèce de l’âge héroïque, divi­sée en autant de royaumes indé­pen­dants qu’il y a de can­tons, était déjà mor­ce­lée à l’extrême, comme le sera plus tard celle de l’époque classique. […]
Cha­cun de ces rois est indé­pen­dant : Aga­mem­non n’est choi­si comme chef de guerre contre Troie que parce qu’il com­mande à la troupe la plus nom­breuse ; mais avant de prendre une déci­sion il consulte les autres chefs, ses pairs, réunis en conseil. […] Ces chefs sont essen­tiel­le­ment des guer­riers. La guerre est leur prin­ci­pale occu­pa­tion, la source prin­ci­pale de leur richesse. Ils ne rêvent que batailles et pillages, expé­di­tions sur terre ou sur mer. Entre voi­sins, les guerres sont inces­santes : la paix leur pèse, le repos les ennuie, l’aventure les attire ; et, lors même que, vain­cus par l’âge, ils chauffent leurs vieux membres à la flamme du foyer dans la haute salle de leur manoir, ils n’ont pas de plus grande joie que d’écouter après un fes­tin le récit des exploits de leur jeunesse. […]
Le pou­voir de ces rois, tel qu’il nous est pré­sen­té dans l’Iliade et dans l’Odys­sée, est de carac­tère féo­dal. Plus qu’il ne gou­verne un can­ton, cha­cun d’eux com­mande à un groupe de guer­riers qui le recon­naissent comme leur chef. Autant que ses sol­dats, ses com­pa­gnons d’armes sont ses amis, en même temps que ses ser­vi­teurs, et, en expé­di­tion loin­taine comme au pays, ils sont convo­qués en assem­blée lorsque se pré­sente une affaire grave. Bien que la royau­té soit héré­di­taire, chaque chef doit méri­ter son rang par sa pru­dence au conseil et son cou­rage au com­bat. À la guerre, qui est encore conçue comme une série d’engagements indi­vi­duels, il paye de sa per­sonne, et, de retour chez lui, en son manoir ou dans son domaine, il ne croit pas déchoir en pre­nant part à l’apprêt d’un fes­tin ou aux tra­vaux des champs. »

Robert Fla­ce­lière
Intro­duc­tion aux poèmes homé­riques, 1955

La guerre. Les Pachtouns et avec eux les conquérants indo-européens…

« La guerre. Les Pach­touns et avec eux les conqué­rants indo-euro­péens, macé­do­niens et anglais qui tran­si­tèrent autre­fois par Chak­da­ra nous rap­pellent que l’Histoire est d’abord faite du sang des hommes mélan­gé à la terre. L’Europe l’a oublié et c’est pour cela qu’elle ne com­prend plus rien à la marche du monde. »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

Le réveil nécessaire s’inscrit dans le combat pour sa langue…

« Le réveil néces­saire s’inscrit, pour cha­cun de nos pays, dans le com­bat pour sa langue face au sabir glo­bish que le sys­tème tend à impo­ser. Tout autant dans le com­bat pour l’Histoire à un moment où cer­tains his­to­riens, aveu­glés par l’idéologie, nous incitent à nous débar­ras­ser du poi­son de l’identité” et à nous recon­naître dans une his­toire glo­bale et connec­tée”, à renon­cer au roman natio­nal décrit comme une pure construc­tion idéo­lo­gique tota­le­ment illé­gi­time pour rendre compte des len­de­mains qui chantent” à venir… »

Phi­lippe Conrad
Rele­ver le défi migra­toire, rendre à l’Europe son iden­ti­té, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

La société est tiède et le confort nous affaiblit…

« Oui, la socié­té est tiède et le confort nous affai­blit mais beau­coup d’hommes et de femmes redé­couvrent la nature, l’effort, le com­bat. Qui ne voit le déve­lop­pe­ment des sports extrêmes” : la course au large, le trail, les par­cours le long des crêtes, le wing­suit, c’est-à-dire le rêve d’Icare enfin réa­li­sé ? Qui ne voit le regain des ran­don­nées au long cours Sur les che­mins noirs de la France, les routes d’Europe ou les pèle­ri­nages de Chartes ou de Com­pos­telle ? Qui ne voit l’intérêt crois­sant des nôtres pour les sports de défense : tir ou boxe ? À l’instar de ce qui se pas­sa au XIXe siècle quand les socié­tés de gym­nas­tique furent un élé­ment cen­tral du réveil des peuples. »

Jean-Yves Le Gallou
Après le der­nier homme, l’Européen de demain !, allo­cu­tion au qua­trième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 18 mars 2017

Il ne saurait y avoir de politique sans un ennemi réel ou virtuel…

« Elle est [la poli­tique] l’activité sociale qui se pro­pose d’assurer par la force, géné­ra­le­ment fon­dée sur le droit, la sécu­ri­té exté­rieure et la concorde inté­rieure d’une uni­té poli­tique par­ti­cu­lière en garan­tis­sant l’ordre au milieu de luttes qui naissent de la diver­si­té et de la diver­gence des opi­nions et des inté­rêts. […] La guerre est tou­jours latente, non pas parce qu’elle serait une fin en elle-même ou le but de la poli­tique, mais le recours ultime dans une situa­tion sans issue. […] Il ne sau­rait y avoir de poli­tique sans un enne­mi réel ou virtuel. »

Julien Freund
L’Essence du poli­tique, édi­tions Sirey, 1965

Cerné de toutes parts sans issue possible…

« Cer­né de toutes parts sans issue pos­sible, le devoir est de se faire connaître, comme un navire de guerre his­sant le pavillon. »

Ernst Jün­ger
Jour­nal de guerre (Strah­lun­gen), 1949, trad. Hen­ri Plard, édi­tions Jul­liard, 1990

Pour les États comme pour les particuliers…

« Pour les États comme pour les par­ti­cu­liers, ce sont les plus grands périls qui pro­curent le plus de gloire. »

Thu­cy­dide
His­toire de la guerre du Pélo­pon­nèse, 431 – 411 avant notre ère, trad. Jac­que­line de Romil­ly, Robert Laf­font édi­teur, coll. Bou­quins, 1990

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