Sept cavaliers quittèrent la Ville au crépuscule, face au soleil…

« Sept cava­liers quit­tèrent la Ville au cré­pus­cule, face au soleil cou­chant, par la porte de l’Ouest qui n’était plus gar­dée. Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient aban­don­né la Ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne tra­his­saient rien, espé­raient moins encore et se gar­daient d’imaginer. Ain­si étaient-ils armés, le cœur et l’âme désen­com­brés scin­tillant froi­de­ment comme du cris­tal, pour le voyage qui les attendait. »

Jean Ras­pail
Sept cava­liers quit­tèrent la Ville au cré­pus­cule par la porte de l’Ouest qui n’était plus gar­dée, Robert Laf­font, 1993

Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner…

« Quand on repré­sente une cause (presque) per­due, il faut son­ner de la trom­pette, sau­ter sur son che­val et ten­ter la der­nière sor­tie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la for­te­resse oubliée que per­sonne n’assiège plus parce que la vie s’en est allée. »

Jean Ras­pail
exergue au site jean-raspail.net, 2014

Le cycle mystérieux de la chute et du refait saisonnier…

« Le cycle mys­té­rieux de la chute et du refait sai­son­nier de ses bois l’assimile à l’arbre de vie. La sève qui nour­rit sa ramure sur­git des mêmes sources que la semence inépui­sable dont il inonde le ventre des biches à la sai­son du brame. Dans le refait de ses bois, dans l’ivresse du rut et dans le com­bat contre ses rivaux, il est la fécon­di­té incar­née, l’image vivante de la per­pé­tuelle régé­né­ra­tion de la nature. Depuis les temps les plus recu­lés, sa majes­té, sa ramure et sa fer­ti­li­té ont acquis un pou­voir sans égal sur l’imagination des hommes. »

Domi­nique Venner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Nous avions soif d’éclairs et d’actions, nous restions bien loin…

« Nous avions soif d’éclairs et d’actions, nous res­tions bien loin du bon­heur des débiles, bien loin de la « rési­gna­tion »… Notre atmo­sphère était char­gée d’orage, la nature que nous sommes s’obscurcissait – car nous n’avions pas de che­min. Voi­ci la for­mule de notre bon­heur : un oui, un non, une ligne droite, un but… »

Frie­drich Nietzsche
L’Antéchrist, Impré­ca­tion contre le chris­tia­nisme, (Der Anti­christ, Fluch auf das Chris­ten­tum), 1896, trad. Eric Blon­del, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1994

Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question…

« Oui, nous vivons une période dif­fi­cile où il est tou­jours ques­tion de droit et jamais de devoir et où la res­pon­sa­bi­li­té qui est l’once de tout des­tin, tend à être occul­tée. […] Mal­gré tout cela, il faut croire à la gran­deur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jus­qu’au der­nier jour, jus­qu’à la der­nière heure, rou­ler son propre rocher. La vie est un com­bat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. […] Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacri­fié, rien n’est obtenu. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Que dire à un jeune de 20 ans, 2010

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