« Les poèmes homé­riques nous montrent les chefs achéens régnant cha­cun sur un petit royaume ; la Grèce de l’âge héroïque, divi­sée en autant de royaumes indé­pen­dants qu’il y a de can­tons, était déjà mor­ce­lée à l’extrême, comme le sera plus tard celle de l’époque classique. […]
Cha­cun de ces rois est indé­pen­dant : Aga­mem­non n’est choi­si comme chef de guerre contre Troie que parce qu’il com­mande à la troupe la plus nom­breuse ; mais avant de prendre une déci­sion il consulte les autres chefs, ses pairs, réunis en conseil. […] Ces chefs sont essen­tiel­le­ment des guer­riers. La guerre est leur prin­ci­pale occu­pa­tion, la source prin­ci­pale de leur richesse. Ils ne rêvent que batailles et pillages, expé­di­tions sur terre ou sur mer. Entre voi­sins, les guerres sont inces­santes : la paix leur pèse, le repos les ennuie, l’aventure les attire ; et, lors même que, vain­cus par l’âge, ils chauffent leurs vieux membres à la flamme du foyer dans la haute salle de leur manoir, ils n’ont pas de plus grande joie que d’écouter après un fes­tin le récit des exploits de leur jeunesse. […]
Le pou­voir de ces rois, tel qu’il nous est pré­sen­té dans l’Iliade et dans l’Odys­sée, est de carac­tère féo­dal. Plus qu’il ne gou­verne un can­ton, cha­cun d’eux com­mande à un groupe de guer­riers qui le recon­naissent comme leur chef. Autant que ses sol­dats, ses com­pa­gnons d’armes sont ses amis, en même temps que ses ser­vi­teurs, et, en expé­di­tion loin­taine comme au pays, ils sont convo­qués en assem­blée lorsque se pré­sente une affaire grave. Bien que la royau­té soit héré­di­taire, chaque chef doit méri­ter son rang par sa pru­dence au conseil et son cou­rage au com­bat. À la guerre, qui est encore conçue comme une série d’engagements indi­vi­duels, il paye de sa per­sonne, et, de retour chez lui, en son manoir ou dans son domaine, il ne croit pas déchoir en pre­nant part à l’apprêt d’un fes­tin ou aux tra­vaux des champs. »

Robert Fla­ce­lière
Intro­duc­tion aux poèmes homé­riques, 1955

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Jardinier du paysage…

« Jar­di­nier du pay­sage” a‑t-on dit du pay­san. Le pay­san médié­val, sur ses par­celles infimes, a été un orfèvre. »

Ray­mond Delatouche
La chré­tien­té médié­vale, un modèle de déve­lop­pe­ment, édi­tions Téqui, 1989

La France, don du ciel pour une part…

« La France, don du ciel pour une part, mais aus­si tra­vail de géné­ra­tions de pay­sans qui l’ont amou­reu­se­ment faite”, poli­cée, jardinée. »

Ray­mond Delatouche
La chré­tien­té médié­vale, un modèle de déve­lop­pe­ment, édi­tions Téqui, 1989

Le paysannat est l’origine nécessaire…

« Le pay­san­nat est l’origine néces­saire, l’assise irrem­pla­çable de toute socié­té. Et voi­là notre socié­té indus­trielle qui mesure son expan­sion à la rare­té de ses pay­sans, autre­ment dit à sa pro­gres­sion vers la mort. »

Ray­mond Delatouche
La chré­tien­té médié­vale, un modèle de déve­lop­pe­ment, édi­tions Téqui, 1989

Si les Européens finissaient par oublier ce qu’ils sont…

« Si les Euro­péens finis­saient par oublier ce qu’ils sont ou par deve­nir mino­ri­taires sur leur propre sol, il serait illu­soire de croire qu’ils pour­raient conti­nuer à y impo­ser leurs modes de vie, leurs repré­sen­ta­tions, leurs pro­blé­ma­tiques, leur être au monde. C’est ce que savent bien ceux qui veulent à la fois « abo­lir la race blanche » et « détruire l’Occident » au nom du com­bat contre le pri­vi­lège blanc. C’est leur but, conscient ou non, assu­mé ou pas. Ce qui est atta­qué, c’est bel et bien tout ce qui fonde l’être de l’Européen, sa culture et, au-delà, les fon­de­ments anthro­po­lo­giques de la pos­si­bi­li­té même d’une culture qui lui est propre. »

Georges Guis­card
Le pri­vi­lège blanc. Qui veut faire la peau aux Euro­péens ?
, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2021

La soumission ne paie jamais…

« Les pro­gres­sistes blancs battent leur coulpe pour faire leur auto­cri­tique et res­ter du côté des gen­tils, des « alliés » aux mino­ri­tés, plu­tôt que de sem­bler être dans le camp des racistes. Cette ser­vi­li­té ne leur sera d’aucune aide ; la sou­mis­sion ne paie jamais et il leur sera deman­dé tou­jours plus de contri­tion. »

Georges Guis­card
Le pri­vi­lège blanc. Qui veut faire la peau aux Euro­péens ?
, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2021

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