Citation

Il ne saurait y avoir de politique sans un ennemi réel ou virtuel…

« Elle est [la poli­tique] l’activité sociale qui se pro­pose d’assurer par la force, géné­ra­le­ment fon­dée sur le droit, la sécu­ri­té exté­rieure et la concorde inté­rieure d’une uni­té poli­tique par­ti­cu­lière en garan­tis­sant l’ordre au milieu de luttes qui naissent de la diver­si­té et de la diver­gence des opi­nions et des inté­rêts. […] La guerre est tou­jours latente, non pas parce qu’elle serait une fin en elle-même ou le but de la poli­tique, mais le recours ultime dans une situa­tion sans issue. […] Il ne sau­rait y avoir de poli­tique sans un enne­mi réel ou vir­tuel. »

Julien Freund
L’Essence du poli­tique, édi­tions Sirey, 1965

À propos de l'auteur

Julien Freund, né à Henridorff en 1921 et mort à Colmar en 1993, est un philosophe, sociologue et résistant français. Son œuvre de sociologue et de théoricien du politique prolonge celle de Carl Schmitt. Dialectophone par ses origines alsaciennes, il a également été un médiateur entre les pensées allemande et française. Par ses traductions et ses travaux, il est considéré comme le principal introducteur de Max Weber en France. Il a publié un grand nombre d’articles dans les deux langues, et ses œuvres ont été traduites dans plus de vingt pays. Son appropriation des concepts de Carl Schmitt et son approche agonistique du politique l'ont rapproché de la revue Nouvelle École et du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE).
Dernières citations ajoutées

Les 10 dernières citations

Au fond du globalisme…

« Au fond du glo­ba­lisme, l’affirmation que tout est com­muable et com­men­su­rable est la plus anti­éco­lo­giste qui soit, et des éco­lo­gistes ne peuvent y sous­crire qu’au prix d’une escro­que­rie mani­feste. La déter­ri­to­ria­li­sa­tion est le pro­jet anti-huma­niste par excel­lence, puisqu’elle dénie à l’homme le lien au sol qu’organise sa culture, elle est le nou­veau pro­jet de l’esclavage migra­toire et de l’expulsion des indi­gènes, le rêve du mar­ché total deve­nu réa­li­té – sauf que le réel s’en mêle… »

Her­vé Juvin
« Pour une éco­lo­gie enra­ci­née, loca­lisme et mise en valeur des ter­roirs », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Le monde moderne aplatit tout…

« Là où le monde tra­di­tion­nel connais­sait des hié­rar­chies dis­tinctes, fon­dées sur la sagesse, l’honneur, le cou­rage mili­taire, etc., le monde moderne apla­tit tout et se contente de comp­ter les for­tunes. En ce sens, la moder­ni­té est une régres­sion, l’étouffement de la spi­ri­tua­li­té par la matière. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

La formulation peut-être la plus claire du concept de communauté…

« La for­mu­la­tion peut-être la plus claire du concept de com­mu­nau­té est due à Fer­di­nand Tön­nies, qui oppose com­mu­nau­té” (Gemein­schaft) et socié­té” (Gesell­schaft). La com­mu­nau­té est orga­nique, carac­té­ri­sée par des liens qui la font pri­mer sur l’individu. Son fon­de­ment psy­cho­lo­gique est une volon­té orga­nique” (Wesen­wille) fon­dée sur l’habitude ou sur une soli­da­ri­té spon­ta­née. À l’inverse, la socié­té résulte de l’action des indi­vi­dus, sa base maté­rielle est le contrat, et son sup­port psy­cho­lo­gique la volon­té ration­nelle” (Kür­wille) et uti­li­taire.

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Les structures sociales traditionnelles…

« Les struc­tures sociales tra­di­tion­nelles sont pré­ci­sé­ment le der­nier rem­part contre l’extension du domaine mar­chand. En restrei­gnant les ins­tincts et les dési­rs indi­vi­duels, elles empêchent cer­tains objets de deve­nir de pures mar­chan­dises. On ne peut donc logi­que­ment être anti­ca­pi­ta­liste et pro­gres­siste”. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Définition formelle du capitalisme…

« Défi­ni­tion for­melle du capi­ta­lisme : un sys­tème éco­no­mique et social qui réduit toute rela­tion entre les hommes à la rela­tion com­mer­ciale inté­res­sée, qui consi­dère tout bien comme une mar­chan­dise, et toute valeur comme pure­ment sub­jec­tive pour l’individu. Ain­si défi­ni, le capi­ta­lisme n’est pas réduc­tible à un mode de pro­duc­tion, ou à une forme d’interaction entre capi­tal et tra­vail : il est davan­tage un esprit, une manière de voir le monde. Cha­cun pense et agit en capi­ta­liste quand il réduit toute acti­vi­té à son inté­rêt per­son­nel, et qu’il ne consi­dère le monde qui l’environne que comme des mar­chan­dises à dis­po­si­tion pour satis­faire ses besoins”. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Le libre-échange…

« Le libre-échange – l’idée selon laquelle des échanges mutuel­le­ment consen­tis entre indi­vi­dus sont tou­jours béné­fiques – est l’un des fon­de­ments du capi­ta­lisme. Il est à la base du pro­jet plus vaste de la moder­ni­té, à savoir repen­ser l’ensemble de l’ordre social sur la base des seuls inté­rêts indi­vi­duels. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Le capitalisme est la réduction…

« Si, tel que nous le défi­nis­sons, le capi­ta­lisme est la réduc­tion de tout bien à l’utilité indi­vi­duelle, de toute valeur à la valeur mar­chande, alors une cri­tique rigou­reuse du capi­ta­lisme doit s’abstraire de ces valeurs maté­rielles et faire appel à d’autres hié­rar­chies. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Faire pousser des lierres…

« Les monas­tères, de quelque obé­dience qu’ils soient, cherchent tous leur écrin de nature dans le res­pect des éner­gies tel­lu­riques. Ceux qui les habitent savent que la tête est le siège des tour­ments et le cœur celui de l’apaisement. La civi­li­sa­tion indus­trielle – à de pré­cieuses excep­tions près – est un pro­duit pur et sec de l’intellect que le cœur rejette et que l’âme ne visite pas. Il faut pour la rendre vivable l’attendrir par un immense effort de créa­tion : l’intégrer au cycle éter­nel de la nature comme dans les arrière-plans du Qua­tro­cen­to. Faire pous­ser des lierres dans cha­cun de ses inter­stices. »

Slo­bo­dan Des­pot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés