Aurore, abandonnant le brillant Tithonos…

« Aurore, aban­don­nant le brillant Titho­nos, se lève de son lit pour por­ter la lumière aux hommes comme aux dieux. Vers les sveltes vais­seaux de la flotte achéenne Zeus alors fait par­tir Dis­corde la cruelle, qui tient entre ses mains l’emblème de la guerre. Elle s’arrête auprès du navire d’Ulysse, nef noire aux flancs pro­fonds, qui se trouve au milieu : de là, sa voix pour­ra por­ter des deux côtés, et vers le camp d’Ajax, le fils de Téla­mon, et vers celui d’Achille ; aux deux extré­mi­tés ils ont tiré leurs nefs, ces preux sûrs de la force ardente de leurs bras. C’est là qu’elle s’arrête et pousse un cri per­çant, de sa ter­rible voix : lors elle insuffle au cœur de tous les Achéens une puis­sante ardeur qui les fera lut­ter et batailler sans trêve ; et com­battre, pour eux, a sou­dain plus d’attrait que ren­trer au pays à bord de leurs nefs creuses. »

Homère
Iliade, Chant XI, Troi­sième jour­née de bataille, vers 800 – 725 av. notre ère

Il convient d’être courageux…

« Il convient d’être cou­ra­geux, non par néces­si­té mais parce que c’est beau. »

Aris­tote
Éthique à Nico­maque, IVe siècle av. notre ère, trad. Jules Bar­thé­lé­my-Saint-Hilaire, Morale d’A­ris­tote, édi­tion Librai­rie phi­lo­so­phique de Ladrange, 1856, édi­tions Le Livre de Poche, 1992

Le courage est le vent qui nous porte…

« Le cou­rage est le vent qui nous porte vers les rivages les plus loin­tains ; c’est la clef de tous les tré­sors, le mar­teau qui forge les vastes empires, le bou­clier sans lequel aucune civi­li­sa­tion ne sau­rait durer. Le cou­rage, c’est l’enjeu illi­mi­té de sa propre per­sonne, c’est l’assaut que l’idée livre à la matière sans se sou­cier des consé­quences. Être cou­ra­geux, c’est être prêt à se faire cru­ci­fier pour une convic­tion, c’est affir­mer, même dans le der­nier fré­mis­se­ment des nerfs, même dans le der­nier sou­pir, l’idée dont on vivait et pour laquelle on meurt. Mau­dit soit le temps qui méprise le cou­rage et les hommes courageux ! »

Ernst Jün­ger
La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922, trad. Jean Dahel, édi­tions Albin Michel, 1934

Les hommes des corps-francs sont les fils de la guerre…

« Les hommes des corps-francs sont les fils de la guerre, de la défaite et de la révo­lu­tion de novembre. Ils sont direc­te­ment appa­ren­tés aux ardi­ti de Fiume et aux squa­dristes qui sur­gissent un peu plus tard en Ita­lie, consti­tuant un type d’homme bien spé­ci­fique qu’on ne rever­ra plus. Ils ont été façon­nés d’abord par les com­bats des tran­chées de la guerre. Celle-ci avait trié entre les hommes que l’épreuve a ner­veu­se­ment ou mora­le­ment écra­sés, et ceux qui en sont sor­tis plus forts et plus durs qu’avant. Par­lant d’eux, Jün­ger les com­pa­re­ra aux lans­que­nets d’autrefois qui n’avaient plus d’autre patrie que leur dra­peau. Ce sont des hommes chez qui la guerre a abo­li toute dif­fé­rence sociale, les éga­li­sant selon un stan­dard sans sup­port avec celui de la vie civile. Ils ont rem­pla­cé les dis­tinc­tions de classe par celle de l’audace et du cou­rage. Et cette nou­velle échelle de valeurs, ils vou­dront plus tard la trans­po­ser dans la vie civile d’après-guerre. À leur façon ce sont des socia­listes. Mais leur socia­lisme est mili­taire, sans lien avec la recherche de la sécu­ri­té et du bon­heur maté­riel. Ils ne recon­naissent plus d’autre hié­rar­chie que celle du mérite. Tous par­tagent la même foi dans le pou­voir de la volon­té et un goût évident pour les méthodes expéditives.
En eux ne se résume sans doute pas toute l’essence du fas­cisme et du natio­nal-socia­lisme, mais ils en portent une part fon­da­trice dans la mesure où ils incarnent la révolte la plus radi­cale contre le monde bour­geois de leur temps. »

Domi­nique Venner
Le Siècle de 1914 : Uto­pies, guerres et révo­lu­tions en Europe au XXe siècle, édi­tions Pyg­ma­lion, coll. His­toire, 2006

Ils marchent et ils chantent…

« Ils marchent et ils chantent. Ils sont des mil­lions dans la nuit froide de jan­vier. Mais ils sont morts. Et nous ne sommes que quelques-uns. Mais nous sommes vivants. Et nous ne lâche­rons pas nos épées et nous n’éteindrons pas nos torches. »

Jean Mabire
La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994

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