Exister, c’est combattre ce qui me nie…

« Exis­ter, c’est com­battre ce qui me nie. Être rebelle, ce n’est pas col­lec­tion­ner des livres impies, rêver de com­plots fan­tas­ma­go­riques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais gué­rir de sa jeu­nesse. Pré­fé­rer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pra­ti­quer aus­si en cor­saire et sans ver­gogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut conver­tir à sa norme, sans s’arrêter sur les appa­rences. Dans les revers, ne jamais se poser la ques­tion de l’inutilité d’un com­bat per­du. »

Domi­nique Ven­ner
Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Je me sens le courage de m’aventurer dans le monde…

« Je me sens le cou­rage de m’aventurer dans le monde, de por­ter toute la souf­france et tout le bon­heur de la terre, de me battre avec les tem­pêtes et de ne pas fai­blir dans les grin­ce­ments du nau­frage ! »

Johann Wolf­gang von Goethe
Faust pri­mi­tif (ou pre­mier Faust), 1808

Lorsque la première offense est un démenti…

« Art. 4. Lorsque la pre­mière offense est un démen­ti, l’offenseur doit deman­der par­don en terme exprès, ou échan­ger deux coups avant toute excuse, ou trois avant toute expli­ca­tion ; ou sinon conti­nuer à faire feu jusqu’à tant que l’une des par­ties essuie une bles­sure légère.
Art. 21. Les seconds doivent ten­ter une conci­lia­tion avant la ren­contre, ou bien après un échange de feu ou de coups jugé suf­fi­sant.
Art. 22. Toute bles­sure assez sérieuse pour trou­bler les nerfs et néces­sai­re­ment, faire trem­bler la main, met fin aux hos­ti­li­tés pour ce jour-là.
Art. 25. Si les seconds se que­rellent et résolvent eux aus­si de se battre, ce doit être en même temps que les prin­ci­paux duel­listes, et per­pen­di­cu­lai­re­ment à eux ; ou bien côte à côte, à dis­tance de cinq pas, s’ils se battent à l’épée. »

Ben Schott
Code irlan­dais du duel, Assises de Clon­mell (1777), Les Mis­cel­la­nées de Mr Schott, 2005

Aurore, abandonnant le brillant Tithonos…

« Aurore, aban­don­nant le brillant Titho­nos, se lève de son lit pour por­ter la lumière aux hommes comme aux dieux. Vers les sveltes vais­seaux de la flotte achéenne Zeus alors fait par­tir Dis­corde la cruelle, qui tient entre ses mains l’emblème de la guerre. Elle s’arrête auprès du navire d’Ulysse, nef noire aux flancs pro­fonds, qui se trouve au milieu : de là, sa voix pour­ra por­ter des deux côtés, et vers le camp d’Ajax, le fils de Téla­mon, et vers celui d’Achille ; aux deux extré­mi­tés ils ont tiré leurs nefs, ces preux sûrs de la force ardente de leurs bras. C’est là qu’elle s’arrête et pousse un cri per­çant, de sa ter­rible voix : lors elle insuffle au cœur de tous les Achéens une puis­sante ardeur qui les fera lut­ter et batailler sans trêve ; et com­battre, pour eux, a sou­dain plus d’attrait que ren­trer au pays à bord de leurs nefs creuses. »

Homère
Iliade, Chant XI, Troi­sième jour­née de bataille, vers 800 – 725 av. notre ère

Il convient d’être courageux…

« Il convient d’être cou­ra­geux, non par néces­si­té mais parce que c’est beau. »

Aris­tote
Éthique à Nico­maque, IVe siècle av. notre ère, trad. Jules Bar­thé­lé­my-Saint-Hilaire, Morale d’A­ris­tote, édi­tion Librai­rie phi­lo­so­phique de Ladrange, 1856, édi­tions Le Livre de Poche, 1992

Le courage est le vent qui nous porte…

« Le cou­rage est le vent qui nous porte vers les rivages les plus loin­tains ; c’est la clef de tous les tré­sors, le mar­teau qui forge les vastes empires, le bou­clier sans lequel aucune civi­li­sa­tion ne sau­rait durer. Le cou­rage, c’est l’enjeu illi­mi­té de sa propre per­sonne, c’est l’assaut que l’idée livre à la matière sans se sou­cier des consé­quences. Être cou­ra­geux, c’est être prêt à se faire cru­ci­fier pour une convic­tion, c’est affir­mer, même dans le der­nier fré­mis­se­ment des nerfs, même dans le der­nier sou­pir, l’idée dont on vivait et pour laquelle on meurt. Mau­dit soit le temps qui méprise le cou­rage et les hommes cou­ra­geux ! »

Ernst Jün­ger
La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922, trad. Jean Dahel, édi­tions Albin Michel, 1934

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés