Le sort qui attend le dissident, c’est l’ostracisme médiatique…

« (…) La plu­part du temps, le sort qui attend le dis­si­dent, c’est l’os­tra­cisme média­tique, la dia­bo­li­sa­tion poli­tique, la psy­chia­tri­sa­tion sur la place publique. Il faut pro­ba­ble­ment un carac­tère ubuesque et déme­su­ré pour être capable de faire face à l’a­gres­si­vi­té extrême dont peut faire preuve le sys­tème lors­qu’il se sent mena­cé. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

L’homme n’est pas en règle avec la loi…

« L’homme n’est pas en règle avec la loi pour s’être abs­te­nu de la vio­ler, il faut qu’il la défende. Pour se mettre à l’unisson des har­mo­nies célestes, il doit éta­blir l’ordre en lui-même et hors de lui ; c’est par l’active éner­gie de la lutte qu’on imite les dieux. »

Louis Ménard
De la morale avant les phi­lo­sophes, 1860, édi­tions Hachette Livre, 2013

Venant de Galicie, grondait le tonnerre de nouveaux combats violents…

« Venant de Gali­cie, gron­dait le ton­nerre de nou­veaux com­bats vio­lents, et les membres gigan­tesques de l’ar­mée de Hin­den­burg, appa­rem­ment engour­dis dans un repos de fer, se mirent à s’é­ti­rer et à s’é­tendre, jus­qu’à ce que le gron­de­ment des com­bats gagne, sans crier gare, toute l’é­ten­due du front. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Nous poursuivions notre marche…

« Nous pour­sui­vions notre marche, tra­ver­sant des vil­lages vides aux cabanes noir­cies par l’âge avec des toits de chaume, feu­trés de mousse, pas­sant devant des tombes fraî­che­ment creu­sées, pas­sant devant le fan­to­ma­tique spec­tacle des cime­tières let­tons à l’a­ban­don avec leurs gigan­tesques croix de bois noires, dont les bras s’é­lèvent au-des­sus d’un rem­part de blocs de pierres bruts, tels de mys­té­rieux ossuaires, tels des lieux de sup­plices vides, aban­don­nés. Cadavres de che­vaux, car­rioles aban­don­nées, lam­beaux d’uni­formes, car­touches épar­pillées par terre jon­chaient le che­min et les champs, flan­qués de récoltes écra­sées et fou­lées aux pieds… »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Notre époque est devenue une époque de la victimologie…

« Notre époque est deve­nue une époque de la vic­ti­mo­lo­gie, c’est à qui sera le plus vic­time. Autre­fois, c’é­tait bien d’être vain­queur. Aujourd’­hui, c’est presque mieux d’a­voir été vic­time. Ça aus­si, ça compte, vous ne regar­dez pas du tout les choses de la même façon selon que vous êtes mar­teau ou enclume. J’en prends pour exemple les Conquis­ta­dors, qui étaient une poi­gnée et qui ont gagné au Mexique ou au Pérou : quand j’é­tais plus jeune, c’é­taient des conqué­rants ; aujourd’­hui ce sont des bour­reaux (…). Aujourd’­hui, il faut en somme pleu­rer la vic­time et consi­dé­rer le vain­queur comme un salaud. »

Gérard Cha­liand
La guerre infor­melle : maquis et conflits, pod­cast de la revue Conflits, 19 mars 2020

L’opinion publique a changé, on n’encaisse plus les pertes…

« Nous avons énor­mé­ment chan­gé. Pour prendre l’exemple fran­çais, en 2008, nous avons per­du dix hommes à Uzbin, non loin de Kaboul, dans une embus­cade. Le Pré­sident de la Répu­blique de l’é­poque y est allé, pour mon­trer en quelque sorte sa sym­pa­thie, etc… Est-ce que on aurait ima­gi­né, cin­quante ans plus tôt, Charles de Gaulle se ren­dant en Algé­rie parce qu’on aurait per­du dix hommes dans une embus­cade alors qu’on les per­dait toutes les deux semaines ? Non. (…) L’o­pi­nion publique a chan­gé, on n’en­caisse plus les pertes. Et c’est cer­tai­ne­ment lié aus­si à notre sen­ti­ment d’a­me­nui­se­ment démo­gra­phique. C’est-à-dire que en 1920, il y a à peu près 33% de ce que l’on appe­lait à l’é­poque « Blancs » (on les appel­le­rait aujourd’­hui les Occi­den­taux) ; aujourd’­hui, les Occi­den­taux repré­sentent maxi­mum 12%. Alors, quand on a 1,5 enfant par femme, on peut dif­fi­ci­le­ment le ris­quer. »

Gérard Cha­liand
La guerre infor­melle : maquis et conflits, pod­cast de la revue Conflits, 19 mars 2020

Le vrai guerrier…

« Le vrai guer­rier, qu’il s’agisse de batailles mili­taires, cultu­relles, méta­po­li­tiques, poli­tiques et élec­to­rales, éco­no­miques, etc…, ne doit jamais être un san­guin, un exci­té, mais un atta­quant réflé­chi, qui garde, vis­sé au cœur, ses convic­tions et son but final. »

Guillaume Faye
Avant-guerre : chro­nique d’un cata­clysme annon­cé, édi­tions de l’AEncre, 2003

Il faut saluer la tâche de ceux…

« Il faut saluer la tâche de ceux qui un peu par­tout, et de manière résis­tante, obs­ti­née, mino­ri­taire, habile, opèrent un tra­vail cultu­rel, un tra­vail de moines et de four­mis, pour entre­voir la flamme de l’identité euro­péenne. Car on ne peut pas faire la guerre si l’on ne sait pas qui l’on est, on ne va nulle part si l’on ignore d’où l’on vient. »

Guillaume Faye
Avant-guerre : chro­nique d’un cata­clysme annon­cé, édi­tions de l’AEncre, 2003

Le soir de Noël…

« Le soir de Noël, des éclats sombres tra­ver­saient le regard des légion­naires. Nous les sen­tions par­fois dému­nis, plus silen­cieux qu’à l’ac­cou­tu­mée, rete­nus par le sou­ve­nir d’un ber­ceau, d’une main mater­nelle qui s’ap­proche pour cal­mer la fièvre d’un enfant ou par les che­veux déployés d’un amour lais­sé au loin.
Lorsque les hommes tom­baient au com­bat, il fal­lait ras­sem­bler leurs affaires et pré­ve­nir leur famille. J’ai fait à cette occa­sion des décou­vertes que je garde pré­cieu­se­ment en moi. Per­sonne ne vien­dra les déran­ger. Elles mour­ront avec moi. Seul le silence est digne de cer­taines tra­gé­dies. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Toute une vie, édi­tions les arènes, 2004

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