« Les gens aujourd’hui rendent un culte aux objets, s’oublient derrière les miroirs qui ont remplacé leurs fenêtres. Ils ont mais refusent absolument d’être. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
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« Les gens aujourd’hui rendent un culte aux objets, s’oublient derrière les miroirs qui ont remplacé leurs fenêtres. Ils ont mais refusent absolument d’être. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
« Il ne faut rien habiter sinon l’espace dans lequel se déploient nos âmes. Ça s’est gâté pour nos ancêtres quand le monde a rétréci jusqu’à entrer dans le périmètre d’un enclos et que le temps s’est réduit à la maturité d’une graine. »
Erik L’Homme
Déchirer les ombres, éditions Calmann-Lévy, 2018
« Notre époque substitue les victimes aux héros. Elle ne cesse de rendre hommage aux victimes. Fort curieux hommage, car les victimes ne le sont jamais volontairement ; elles auraient préféré ne pas l’être. Le héros veut l’être ; un hommage au héros est un hommage à la volonté. »
Robert Redeker
« Vérités sur la mort à l’heure du transhumanisme », Éléments n°170, février 2018
« C’est face à une telle diversité que prend son sens le vieil adage du fronton du temple de Delphes : gnôthi seauton, « connais-toi toi-même ». Il ne s’agit pas d’un conseil d’introspection, mais d’un marquage de situation, du type : tu n’es ni un dieu ni un concurrent d’une course de chars, alors qui es-tu dans cette diversité, par ton métier, par ta famille, par ta participation à la vie collective ? »
Jean-François Gautier
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« Des contrefaçons de virilité n’ont jamais fait la virilité. La virilité s’éprouve sur les champs de bataille, dans la rue, l’arène, le dur combat de la vie, pas au saut à l’élastique, ni devant une glace qui renvoie à Narcisse l’image d’un taureau fumant, alors qu’il sait au fond de lui n’être qu’un bœuf impuissant. »
François Bousquet
Courage ! Manuel de guérilla culturelle, éditions La Nouvelle Librairie, 2019
« La mort a disparu de la cité, autant que de la vie quotidienne. Elle a été exfiltrée vers des endroits spécialisés. Elle qui était si familière aux humains, si mêlée à leur vie quotidienne jusqu’ici. La mort – qui a longtemps été un événement public – s’est retirée dans la sphère privée et a disparu de la cité. Des contemporains atteignent désormais la cinquantaine sans avoir vu un cadavre de leur vie. »
Robert Redeker
« Vérités sur la mort à l’heure du transhumanisme », Éléments n°170, février 2018
« La nécessité d’un échange vital entre le sujet et l’objet domine notre idée du réalisme… Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance, son amour et son travail de la terre procèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme politique est réaliste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidèlement dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réalistes parce qu’ils sont unis à la réalité suprême. Inversement, nos pensées, nos affections et nos actes sont entachés d’irréalisme lorsqu’ils ne sont pas nourris par un contact suffisant avec leur objet. Ce citadin qui s’enivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une féerie, ce politicien qui croit qu’un changement d’institutions suffira à ramener sur terre l’âge d’or, ce faux mystique au rayonnement malsain sont irréalistes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils substituent leurs rêves à la vérité objective. »
Gustave Thibon
L’irréalisme moderne, in Les hommes de l’éternel : Conférences au grand public (1940−1985), éditions Mame, Coll. Raisons d’Être, 2012
« [I]l faut […] avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut les élargir et les approfondir. »
Antonio Gramsci
Lettres de prison, 1926 – 1935, trad. Hélène Albani, Christian Depuyper et Georges Saro, éditions Gallimard, coll. Témoins, 1971
« La faute suprême est ce que les Grecs, nos maîtres, appelaient l’hybris, la démesure […] Le plus terrible exemple d’hybris contemporain, ce sont les totalitarismes modernes qui, à force de vouloir “changer l’homme”, ne font que l’avilir. »
Christopher Gérard
La Source pérenne, Éditions L’Âge d’Homme, 2007
« Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre perception des dieux. Ils ne sont pas partis : nous avons cessé de les voir […] Mais ils continuent d’être là et de vivre comme ils ont toujours vécu, dans la même perfection et la même sérénité. »
Fernando Pessoa
Le livre de l’intranquillité (Livro do Desassossego por Bernardo Soares, 2 vol.),1982 (posthume), trad. Françoise Laye, Christian Bourgeois éditeur, 2 vol., 1988 – 1992
« Les philosophes véritables refusent constamment de parler des hommes autrement que réunis en société. Il n’y a pas de solitaire. Un Robinson lui-même était poursuivi et soutenu dans son île par les résultats innombrables du travail immémorial de l’humanité. »
Charles Maurras
Mes idées politiques, 1937, Éditions L’Âge d’Homme, 2002
« On n’ouvre pas la porte sur l’infini à des gens qui ne sont plus capables de le rêver. »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007