Thème

Citations sur les médias

Le sort qui attend le dissident, c’est l’ostracisme médiatique…

« (…) La plu­part du temps, le sort qui attend le dis­si­dent, c’est l’os­tra­cisme média­tique, la dia­bo­li­sa­tion poli­tique, la psy­chia­tri­sa­tion sur la place publique. Il faut pro­ba­ble­ment un carac­tère ubuesque et déme­su­ré pour être capable de faire face à l’a­gres­si­vi­té extrême dont peut faire preuve le sys­tème lors­qu’il se sent menacé. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

La promotion de l’idéal diversitaire justifie un harcèlement médiatique…

« La pro­mo­tion de l’i­déal diver­si­taire jus­ti­fie un har­cè­le­ment média­tique per­ma­nent pour ame­ner les popu­la­tions à s’y conver­tir et pour iden­ti­fier ceux qui résistent à ses sirènes. Il est même néces­saire de heur­ter le sens com­mun, de le désta­bi­li­ser et lui faire perdre toute valeur d’é­vi­dence, pour qu’il ne sub­siste qu’à la manière de sté­réo­types à congé­dier et de pré­ju­gés à décons­truire – cela per­met­tra de démas­quer ceux qui s’y attachent exa­gé­ré­ment. C’est ce qu’on appel­le­ra pudi­que­ment des cam­pagnes pour faire évo­luer les mentalités. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

Qu’est-ce qu’une démocratie qui sélectionne à l’avance les…

« Qu’est-ce qu’une démo­cra­tie qui sélec­tionne à l’a­vance les options poli­tiques qui pour­ront être débat­tues publi­que­ment, qui accorde des cer­ti­fi­cats de res­pec­ta­bi­li­té aux uns et des contra­ven­tions morales aux autres, en plus d’in­ter­dire cer­tains sujets sensibles ? »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

La propagande est triplement efficace…

« La pro­pa­gande est tri­ple­ment effi­cace : par le gavage, par la sidé­ra­tion, par l’intimidation.
Le condi­tion­ne­ment est quo­ti­dien. En cer­taines cir­cons­tances (guerre, atten­tat, émeutes, crise finan­cière), la pres­sion de pro­pa­gande est telle qu’elle abou­tit à la sidé­ra­tion des cibles (c’est-à-dire des citoyens), inca­pables de résis­ter et de bouger.
La pro­pa­gande a aus­si une fonc­tion inti­mi­dante : celui qui tente de résis­ter risque d’être balayé, ostra­ci­sé, frap­pé d’interdit sco­laire ou pro­fes­sion­nel ou de mort civique ou média­tique. »

Jean-Yves Le Gallou
Seize thèses sur la socié­té de pro­pa­gande, Polé­mia, 15 juin 2019

Plus de blanc sur les cartes…

« Plus de blanc sur les cartes ! À part quelques touffes de roseaux instables aux sources du Nil, quelques marais fué­giens où les géo­graphes n’ont pas encore patau­gé, quelques nuages de pous­sière mal fixés dans les déserts d’Aus­tra­lie, tout le reste a été vu, revu, arpen­té, mesu­ré, éti­que­té, cata­lo­gué et clas­sé. Le monde est connu.
Mal connu : la mul­ti­pli­ci­té et la rapi­di­té de nos moyens d’in­for­ma­tion le déforment. Le cireur de bottes du coin parle de la Mon­go­lie et de la Chine comme s’il été le père Huc en per­sonne. Il les a vues à la télé. »

Jean Gio­no
Les Trois Arbres de Pal­zem, édi­tions Gal­li­mard, 1984

Un journaliste n’est pas un enfant de chœur…

« Voi­ci donc un livre qui est une mau­vaise action. […] D’autre part, je demeure convain­cu qu’un jour­na­liste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à pré­cé­der les pro­ces­sions, la main plon­gée dans une cor­beille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plai­sir, non plus de faire du tort, il est de por­ter la plume dans la plaie. […] Que pou­vait-on jeter sur un tel tableau ? Un voile ou un peu de lumière. À d’autres le voile ! »

Albert Londres
Terre d’ébène, 1929 (avant-pro­pos), Édi­tions du Rocher, coll. Motifs, 2008

Ce sont toujours les minorités qui…

« Ce sont tou­jours les mino­ri­tés qui s’essuient les pieds sur les majo­ri­tés pas­sives et paci­fiques. Les foules sont pares­seuses ou peu­reuses. Elles fuient avec le même empres­se­ment que des gnous ou bien se laissent mener doci­le­ment comme les rats dans la fable du joueur de flûte de Hame­lin. On confond l’effet de foule et l’effet de meute. Les foules suivent le sens de la cir­cu­la­tion. Elles forment des bou­chons, alors que les meutes les font sau­ter. Les unes sont molles, mal­léables et per­méables, les autres actives et directives. »

Fran­çois Bousquet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés