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Citations sur la mort
L’héroïsme : cette sauvage création de soi par soi…
« L’héroïsme : cette sauvage création de soi par soi et de l’homme par l’homme. Et les femmes exclues de cette terrible fête, soudain stériles lorsque les hommes n’ont plus besoin d’un ventre femelle pour enfanter des dieux. L’héroïsme : ce chant égoïste qui éclate. Me voici ! Unique ! Écartez-vous ! Je n’ai plus de mère ou d’amante ; je n’ai plus de passé ; je vais me mettre au monde. « Tu vas mourir ! » Oui, mais je serais né et j’aurais connu l’enivrement fou lorsque, dans mon corps et dans mon âme, j’ai éprouvé la naissance véhémente d’un dieu. « Il ne se connaît plus ! » C’est vrai puisqu’il s’invente. »
Jean Cau
Le Chevalier, la mort et le diable, éditions de La Table ronde, 1977
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante…
« La Flamme.
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante, mais une réalité. Une réalité aussi tangible que la dureté de cette pierre ou ce souffle de vent. Le symbole du solstice est que la vie ne peut pas mourir. Nos ancêtres croyaient que le soleil n’abandonne pas les hommes et qu’il revient chaque année au rendez-vous du printemps.
Nous croyons avec eux, que la vie ne meurt pas et que par-delà la mort des individus, la vie collective continue.
Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dressant aujourd’hui, en affirmant que nous voulons rester ce que nous sommes, que demain pourra venir.
Nous portons en nous la flamme. La flamme pure de ce feu de foi. Non pas un feu de souvenir. Non pas un feu de piété filiale. Mais un feu de joie et de gravité qu’il convient d’allumer sur notre terre. Là nous voulons vivre et remplir notre devoir d’hommes sans renier aucune des particularités de notre sang, notre histoire, notre foi entremêlés dans nos souvenirs et dans nos veines…
Ce n’est pas la résurrection d’un rite aboli. C’est la continuation d’une grande tradition. D’une tradition qui plonge ses racines au plus profond des âges et ne veut pas disparaître. Une tradition dont chaque modification ne doit que renforcer le sens symbolique. Une tradition qui peu à peu revit. »
Jean Mabire
Les Solstices, Histoire et actualité, éditions Le Flambeau, 1991
Mais la caste des guerriers elle-même…
« […] Mais la caste des guerriers elle-même est prise d’hésitation, lorsqu’elle voit le peuple des larves monter des profondeurs à l’assaut de ses bastions. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
Longtemps je regardai les yeux de l’ami couché dans la mort…
« Longtemps je regardai les yeux de l’ami couché dans la mort, puis de la main gauche je versai sur sa poitrine une poignée de terre. La grande Mère, dont il avait célébré les fêtes farouches et qu’enivre un sang joyeux, est fière de tels enfants. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
On reconnaît les grandes époques à ceci…
« On reconnaît les grandes époques à ceci, que la puissance de l’esprit y est visible et son action toujours présente. Il en était ainsi de ce pays ; dans le déroulement des saisons, dans le service des dieux et dans la vie humaine, aucune fête n’était concevable sans poésie. Mais le poète avait surtout durant les fêtes des morts, après la consécration du cadavre, la fonction de juge des morts. C’est à lui qu’il appartenait de jeter sur l’existence du disparu le regard des dieux et de la célébrer dans le poème comme le plongeur dégage la perle hors du coquillage. Dès les origines il existait deux degrés dans l’honneur funèbre, dont le plus usité était l’élégeion. L’élégéion était comme l’offrande qu’il convenait d’apporter à une vie honnêtement passée dans l’amertume et la joie mêlées, telle qu’elle nous est échue à nous autres hommes. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
J’ai écrit pour les générations nouvelles. Pour reconstruire…
« J’ai écrit pour les générations nouvelles. Pour reconstruire. La France est entrée en dormition, mais elle n’est pas morte. […] Quand on erre dans une maison qui s’effondre, il faut chercher les murs porteurs. »
Philippe de Villiers
Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, Albin Michel, 2015
Et ceux que l’on mène au poteau…
« Et ceux que l’on mène au poteau, Dans le petit matin glacé, Au front la pâleur des cachots, Au cœur le dernier chant d’Orphée. Tu leur tends la main sans un mot, O mon frère au col dégrafé… »
Robert Brasillach
Poèmes de Fresnes, 1945, éditions Plon, 1983, éditions des Cimes, 2015
Nous devons compenser la condition d’une nature mortelle…
« Nous devons compenser la condition d’une nature mortelle par la succession ininterrompue des générations, comme ces flambeaux qu’on se passe de main en main, afin que le seul avantage par où notre sort est inférieur aux dieux, l’immortalité, nous l’assurions en nous remplaçant les uns après les autres. »
L’empereur Auguste
Cité par Dominique Venner, Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
La puissance et l’argent, le temps et le monde…
« – Il en fut toujours ainsi, il en sera toujours ainsi ; la puissance et l’argent, le temps et le monde appartiennent aux petits, aux mesquins, et les autres, les êtres humains véritables, n’ont rien. Rien que la mort. — Pas autre chose ? — Si, l’éternité. »
Hermann Hesse
Le loup des steppes (Der Steppenwolf), 1927, éditions Calmann-Lévy, 1975, in Romans et Nouvelles, trad. Juliette Pary, éditions Le Livre de poche, 2002
L’histoire est créatrice de sens…
« L’histoire est créatrice de sens. À l’éphémère de la condition humaine, elle oppose le sentiment d’éternité des générations et des traditions. En sauvant de l’oubli le souvenir des pères, elle engage l’avenir. Elle accomplit un désir de postérité inhérent aux hommes, le désir de survivre à sa propre mort. Ce désir a pour objet la mémoire des générations futures. C’est en espérant y laisser une trace que l’on s’efforce de forger l’avenir. Avec la perpétuation d’une lignée, cela fut l’un des moyens conçus par nos ancêtres pour échapper au sentiment de leur propre finitude. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, 2002
Écrire doit être un jeu dangereux…
« Écrire doit être un jeu dangereux. C’est la seule noblesse de l’écrivain, sa seule manière de participer aux luttes de la vie. L’écrivain politique ne peut se séparer du militant politique. Le penseur ne peut abandonner le guerrier.
Un certain nombre d’hommes de ce pays ont sauvé et l’honneur des lettres et l’honneur des armes. Ils ne furent pas tous du même camp lors de notre dernière guerre civile européenne mais ils sont nos frères et mes exemples. Je pense à Saint-Exupéry, abattu au cours d’une mission aérienne ; je pense à Robert Brasillach, fusillé à Montrouge ; je pense à Drieu La Rochelle, acculé au suicide dans sa cachette parisienne ; je pense à Jean Prévost, exécuté dans le maquis du Vercors.
Ceux-là n’ont pas triché. Ils n’ont pas abandonné les jeunes gens impatients et généreux qui leur avaient demandé des raisons de vivre et de mourir et qu’ils avaient engagés sur la voie étroite, rocailleuse et vertigineuse, de l’honneur et de la fidélité. »
Jean Mabire
La torche et le glaive, éditions Libres opinions, 1994 (texte paru initialement dans Europe Action N°30, juin 1965)
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