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Écrire doit être un jeu dangereux…

« Écrire doit être un jeu dan­ge­reux. C’est la seule noblesse de l’écrivain, sa seule manière de par­ti­ci­per aux luttes de la vie. L’écrivain poli­tique ne peut se sépa­rer du mili­tant poli­tique. Le pen­seur ne peut aban­don­ner le guerrier.
Un cer­tain nombre d’hommes de ce pays ont sau­vé et l’honneur des lettres et l’honneur des armes. Ils ne furent pas tous du même camp lors de notre der­nière guerre civile euro­péenne mais ils sont nos frères et mes exemples. Je pense à Saint-Exu­pé­ry, abat­tu au cours d’une mis­sion aérienne ; je pense à Robert Bra­sillach, fusillé à Mon­trouge ; je pense à Drieu La Rochelle, accu­lé au sui­cide dans sa cachette pari­sienne ; je pense à Jean Pré­vost, exé­cu­té dans le maquis du Vercors.
Ceux-là n’ont pas tri­ché. Ils n’ont pas aban­don­né les jeunes gens impa­tients et géné­reux qui leur avaient deman­dé des rai­sons de vivre et de mou­rir et qu’ils avaient enga­gés sur la voie étroite, rocailleuse et ver­ti­gi­neuse, de l’honneur et de la fidélité. »

Jean Mabire
La torche et le glaive, édi­tions Libres opi­nions, 1994 (texte paru ini­tia­le­ment dans Europe Action N°30, juin 1965)

À propos de l'auteur

Jean Mabire, né en 1927 à Paris et mort en 2006 à Saint-Malo, est un écrivain, journaliste et critique littéraire français. Proche du Groupement d’études et de recherche pour la civilisation européenne (GRECE), il est également engagé au sein des milieux régionalistes normands, où il défend une philosophie néo-païenne. Auteur d'une centaine d'ouvrages, Jean Mabire débute dans l'écriture avec Drieu parmi nous (1963), hommage à Pierre Drieu La Rochelle. Sa production est dès lors prolifique et met régulièrement en avant les thèmes de l'aventure, la figure du guerrier, et l'histoire de la Seconde guerre mondiale.
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Le fric qui efface paysages et pays est un phénomène bactérien…

« Le fric qui efface pay­sages et pays est un phé­no­mène bac­té­rien, cor­rup­teur et des­truc­teur. Aux biens natu­rels, au plai­sir de l’œuvre per­son­nelle, il sub­sti­tue ses fan­tasmes qui se suc­cèdent sur l’écran de télé qu’on offre au peuple en guise de vie. Les vraies richesses qui sont le fruit de la terre ou le don de l’homme, le fric si prompt à nous en pri­ver, est impuis­sant à nous les don­ner. Vrai­ment, où va le fric ? Ques­tion stu­pide : au fric. »

Ber­nard Charbonneau
Il court, il court le fric…, édi­tions Opales, 1996

S’amuser signifie être d’accord…

« C’est dans le diver­tis­se­ment, dans l’amusement, dans l’avachissement ludique, que les digues de la rai­son cèdent et que le cer­veau se rend dis­po­nible pour les grandes mul­ti­na­tio­nales, qu’en somme la régres­sion se sub­sti­tue à la subli­ma­tion : s’amuser signi­fie être d’accord”. »

Bap­tiste Rappin
Tu es déjà mort ! Les leçons dog­ma­tiques de Ken le sur­vi­vant, Les édi­tions Ova­dia, coll. Les car­re­fours de l’être, 2019

La dénonciation des puissances d’argent…

« La dénon­cia­tion des puis­sances d’argent fait oublier celle qu’exerce celui qui à chaque ins­tant nous concerne. La cri­tique du capi­tal dis­pense de s’interroger sur les vices et les ver­tus de l’économie moné­taire dont il n’est qu’un ava­tar, sur l’infection sub­tile que la mise en valeur”, la magie des prix, le jeu des pièces et des billets exercent dans l’esprit de chaque individu. »

Ber­nard Charbonneau
Il court, il court le fric…, édi­tions Opales, 1996

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