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Citations sur la communauté
Le fait qu’une société ait son espace existentiel…
« Le fait qu’une société ait son espace existentiel borné par des lignes clairement conscientes la caractérise comme société qui a aussi une cohésion interne, et vice versa : l’unité des actions réciproques, le rapport fonctionnel de chaque élément à tous les autres trouve son expression spatiale dans la frontière qui impose un cadre. »
Georg Simmel
Sociologie (Soziologie), 1908, éditions des Presses Universitaires de France, Coll. Quadrige, 2013
Que l’européanité soit une réalité, cela se manifeste…
« Que l’européanité soit une réalité, cela se manifeste déjà au niveau primaire des sensations. Au contact de l’altérité se perçoit l’identité. Mais l’européanité est attestée aussi par l’histoire et le caractère transnational des grands faits de culture. Au-delà d’un art rupestre spécifique à toute l’Europe voici déjà 30 000 ans, au-delà des pierres levées et des grands poèmes fondateurs, ceux des Hellènes, des Germains ou des Celtes, il n’y a pas une seule grande création collective qui, ayant été vécue par l’un des peuples de l’ancien espace carolingien, n’a pas été vécue également par tous les autres. Tout grand mouvement né dans un pays d’Europe a trouvé aussitôt son équivalent chez les peuples frères et nulle part ailleurs. À cela on mesure une communauté de culture et de tradition que ne peuvent démentir les conflits interétatiques. Les poèmes épiques, la chevalerie, l’amour courtois, les libertés féodales, les croisades, l’émergence des villes, la révolution gothique, la Renaissance, la réforme et son contraire, l’expansion au-delà des mers, la naissance des États‑nations, le baroque profane et religieux, la polyphonie musicale, les Lumières, le romantisme, l’univers faustien de la technique ou l’éveil des nationalités… En dépit d’une histoire souvent différente, les Slaves de Russie et des Balkans participent aussi de cette européanité. Oui, tous ces grands faits de culture sont communs aux Européens et à eux seuls, jalonnant la trame d’une civilisation aujourd’hui détruite. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, 2002
Désormais, il n’y a plus dans la communauté que des automates…
« Désormais, il n’y a plus dans la communauté que des automates manœuvrés d’en haut, des résidus infiniment petits de l’homme, des âmes mutilées, passives et pour ainsi, mortes. Institué pour préserver les personnes, l’État les a toutes anéanties. Institué pour préserver les propriétés, l’État les confisque toutes. »
Hippolyte Taine
Les origines de la France contemporaine, III – Le régime moderne, 1890
Ce qui n’est pas utile à l’essaim…
« Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas non plus utile à l’abeille. »
Marc Aurèle
Pensées pour moi-même, VI, 54, vers 170 – 180, trad. Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 1964
Rien n’est plus doux que la patrie…
« Rien n’est plus doux que la patrie, dit un commun proverbe. Est-il en effet rien de plus aimable, de plus auguste, de plus divin ? Seulement, tout ce que les hommes regardent comme divin et auguste, n’est tel qu’en raison de la patrie, cause et maîtresse souveraine, qui donne à chacun la naissance, la nourriture et l’éducation. On peut admirer la grandeur, la beauté et la magnificence des autres cités ; mais on ne chérit que celle où l’on a reçu le jour ; et, de tous les voyageurs qu’entraîne le plaisir de voir un spectacle agréable, il n’en est aucun qui se laisse séduire par les merveilles qu’il trouve chez les autres peuples, au point d’oublier entièrement le lieu de sa naissance.
[…] C’est dans la patrie que chacun de nous a vu d’abord luire le soleil. Ce dieu, généralement adoré de tous les hommes, est encore en particulier le dieu de leur patrie ; sans doute parce que c’est là qu’ils ont commencé à jouir de son aspect, articulé les premiers sons, répété le langage de leurs parents, appris à connaître les dieux. Si la patrie que le sort nous a donnée est telle que nous ayons besoin d’aller puiser ailleurs une éducation plus relevée, c’est encore à elle que nous devons savoir gré de cette éducation, puisque sans elle nous n’eussions pas connu le nom de cette ville ; nous ne nous serions pas doutés de son existence.
Si l’on veut bien comprendre l’attachement que de bons citoyens doivent avoir pour la patrie, il faut s’adresser à ceux qui sont nés dans un autre pays. Les étrangers, comme des enfants illégitimes, changent facilement de séjour ; le nom de patrie, loin de leur être cher, leur est inconnu. Partout où ils espèrent se procurer plus abondamment de quoi suffire à leurs besoins, ils s’y transportent, et mettent leur bonheur dans la satisfaction de leurs appétits. Mais ceux pour qui la patrie est une mère, chérissent la terre qui les a nourris, fût-elle petite, âpre, stérile. S’ils ne peuvent en louer la fertilité, ils ne manqueront pas d’autre matière à leurs éloges. Entendent-ils d’autres peuples louer, vanter leurs vastes prairies émaillées de mille fleurs, ils n’oublient point de louer aussi le lieu de leur naissance, et, dédaignant la contrée qui nourrit les coursiers, ils célèbrent le pays qui nourrit la jeunesse.
Oui, tous les hommes s’empressent de retourner dans leur patrie, jusqu’à l’insulaire, qui pourrait jouir ailleurs de la félicité ; il refuse l’immortalité qui pourrait lui est offerte, il préfère un tombeau dans la terre natale, et la fumée de sa patrie lui paraît plus brillante que le feu qui luit dans un autre pays.
La patrie est donc pour tous les hommes un bien si précieux, que partout les législateurs ont prononcé contre les plus grands crimes, comme la peine la plus terrible, l’exil. Et il n’y a pas que les législateurs qui pensent ainsi : les chefs d’armée qui veulent entraîner leurs troupes rangées pour la bataille, ne trouvent rien à leur dire que ces mots : « Vous combattez pour votre pays ! » Il n’y a personne qui, en les entendant, veuille être lâche ; et le soldat timide se sent du cœur au nom de la patrie. »
Lucien de Samosate
v. 120 – 180
D’un point de vue historique, il n’est pas excessif…
« D’un point de vue historique, il n’est pas excessif de dire que, sous couvert de solidarité et de redistribution, l’État-providence a agi comme un séparateur de particules, un formidable agent de déliaison. La socialisation du risque a eu pour effet d’accroître les risques de désocialisation. La machine à fabriquer des ‘affiliés ‘ a été à l’origine d’un vaste mouvement de désaffiliation. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
Un homme n’existe et n’a de signification…
« Un homme n’existe et n’a de signification qu’à travers son clan, son peuple, sa cité. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’Empire de la nation ?
« Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’Empire de la nation ? C’est d’abord le fait que l’Empire n’est pas seulement un territoire, mais aussi, et même essentiellement, un principe ou une idée. […] L’essentiel tient au fait que l’empereur tient son pouvoir de ce qu’il incarne un principe qui excède la simple possession. En tant que dominus mundi, il est le suzerain des princes et des rois, c’est-à-dire qu’il règne sur des souverains, non sur des territoires, et représente une puissance transcendant les communautés fédérées dont il assume la direction. […] Evola rappelle également que « l’ancienne notion romaine de l’imperium, avant d’exprimer un système d’hégémonie territoriale supranationale, désigne la pure puissance du commandement, la force quasi mystique de l’auctoritas » […]
L’Empire vise à unifier à un niveau supérieur sans supprimer la diversité des cultures, des ethnies et des peuples. Il cherche à associer les peuples à une communauté de destin, sans pour autant les réduire à l’identique. Il est un tout où les parties sont d’autant plus autonomes que ce qui les réunit est plus solide – et ces parties qui le constituent restent des ensembles organiques différenciés. Moeller van den Bruck plaçait l’Empire sous le signe de l’unité des contraires, et c’est une image qu’on peut en effet retenir. Julius Evola, lui, définissait l’Empire comme « une organisation supranationale telle que l’unité n’agisse pas dans le sens d’une destruction et d’un nivellement de la multiplicité ethnique et culturelle qu’elle englobe ». C’est l’image classique de l’universitas, par opposition à la societas unitaire et centralisée. La différence n’y est pas abolie, mais intégrée. »
Alain de Benoist
L’empire intérieur, éditions Fata Morgana, 1995
Aucun des prétendus droits de l’homme…
« Aucun des prétendus droits de l’homme ne s’étend au-delà de l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la société bourgeoise, c’est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant à son arbitraire privé. »
Karl Marx
Sur la question juive (Zur Judenfrage) in Deutsch-Französische Jahrbücher, 1843, trad. Jean-François Poirier, éditions La Fabrique, 2006
Le divorce est consommé entre libéralisme et démocratie…
« Le divorce est consommé entre libéralisme et démocratie. Quand les marchés sont libres, les citoyens ne le sont plus guère, et s’ils peuvent l’être, si certains le sont, c’est la société qui ne l’est plus, tenue par autre chose, d’autres règles, d’autres lois qui lui sont étrangères, qui s’imposent à elle pour la dissoudre et pour lui substituer la collection d’individus séparés, par tout, et d’abord par leurs intérêts immédiats. La question de la justice, celle du social et de l’être-ensemble sont devant nous. Elles sont question de frontières et de séparations. Elles sont affaires de vie ou de mort.
C’est fini. L’« insurrection de la différence » (selon la formule de Georges Balandier) est devant nous. Elle répondra à l’utopie criminelle de la démocratie sans terre, qui conduit le libéralisme à détruire la démocratie – c’est-à-dire à nier la capacité de communautés humaines à décider souverainement de leur devenir – faute d’accepter la condition de leur constitution, qui est la séparation, l’écart et la singularité. Une société qui ne sait se nommer, se compter et se distinguer ne peut se conduire, elle perd la capacité du bien comme du mal. La confusion n’est pas amie de la liberté. »
Hervé Juvin
Le renversement du monde. Politique de la crise, éditions Gallimard, 2010
Tout est plein de l’esprit divin et de sens éternel…
« Tout est plein de l’esprit divin et de sens éternel, en conséquence les âmes des hommes sont mues par leur communauté d’essence avec les âmes des Dieux. »
Cicéron
De Divinatione, 44 avant notre ère
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