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Désormais, il n’y a plus dans la communauté que des automates…

« Désor­mais, il n’y a plus dans la com­mu­nau­té que des auto­mates manœu­vrés d’en haut, des rési­dus infi­ni­ment petits de l’homme, des âmes muti­lées, pas­sives et pour ain­si, mortes. Ins­ti­tué pour pré­ser­ver les per­sonnes, l’État les a toutes anéan­ties. Ins­ti­tué pour pré­ser­ver les pro­prié­tés, l’État les confisque toutes. »

Hip­po­lyte Taine
Les ori­gines de la France contem­po­raine, III – Le régime moderne, 1890

À propos de l'auteur

Hippolyte Taine, né à Vouziers le 21 avril 1828 et mort à Paris le 5 mars 1893, est un philosophe et historien français. Taine s'intéresse à de nombreux domaines notamment à l'art, à la littérature mais surtout à l'histoire dans laquelle son esprit lucide, quoique parfois dogmatique, trouve un thème d'élection. Profondément ébranlé par la défaite de 1870 ainsi que par l'insurrection (et sa violente répression) de la Commune de Paris, Taine s'est, à partir de 1870, pleinement consacré à son œuvre majeure, Les Origines de la France contemporaine (1875-1893), jusqu'à son décès et qui a reçu un retentissement très important. En effet, de manière originale, car il se place dans une perspective longue, cette étude s'intéresse aux causes de la Révolution française. Il y dénonce notamment l'artificialité des constructions politiques françaises (l'esprit abstrait et rationnel à l'excès d'un Robespierre par exemple) qui contredisent avec violence la naturelle et lente croissance des institutions d'un État. Taine adopte les idées positivistes et scientistes qui émergent à cette époque. Sa réflexion la plus aboutie dans ce domaine est exposée dans l'introduction de son Histoire de la littérature anglaise, qui paraît en 1863. Cet ouvrage est un manifeste en faveur de l'histoire scientiste. Pour lui, l'histoire appartient au champ de l'expérimentation au même titre que la physiologie. On doit pouvoir lui appliquer les mêmes méthodes qu'aux sciences naturelles. Il est élu membre de l'Académie française en 1878.
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L’admiration de l’excellence humaine relève d’un éthos aristocratique…

« L’ad­mi­ra­tion de l’ex­cel­lence humaine relève d’un éthos aris­to­cra­tique. Il est peut-être un peu excen­trique de par­ler d’a­ris­to­cra­tie à notre époque, mais il convient de tenir compte de cette véri­té para­doxale : l’éga­li­té est elle-même un idéal aris­to­cra­tique. C’est l’i­déal de l’a­mi­tié entre ceux qui se tiennent à dis­tance de la masse et se recon­naissent entre eux comme des pairs. Cela peut concer­ner des pro­fes­sion­nels spé­cia­li­sés ou des tra­vailleurs sur un chan­tier. En revanche, l’i­déal bour­geois ne repose pas sur un prin­cipe d’éga­li­té, mais sur un prin­cipe d’é­qui­va­lence – sur l’i­dée d’une inter­chan­gea­bi­li­té qui efface les dif­fé­rences de rang. »

Mat­thew Crawford
Eloge du car­bu­ra­teur. Essai sur le sens et la valeur du tra­vail, édi­tions La décou­verte, 2016

La racine, puisque c’est bien d’elle dont il est question…

« La racine, puisque c’est bien d’elle dont il est ques­tion, est la même d’éthos (cou­tume) et èthos (demeure). Pas d’éthique que ne s’enracine dans une mai­son. Chez Homère, le plu­riel ta èthéa désigne les lieux où habitent trou­peaux et ber­gers, leur séjour – le mot s’apparente donc à ho nomos, ori­gi­nel­le­ment la pâture, le pâtu­rage – et au sin­gu­lier, chez Hésiode et Héro­dote, l’habi­ta­tion des hommes, la sûre­té de la place où l’on est. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Hommes, femmes, dieux ou déesses…

« Hommes, femmes, dieux ou déesses, chefs de clan, repré­sen­ta­tion de la Grande Mère, gar­diens des seuils, des morts ou des vivants, œuvres d’art ou de culte, les hypo­thèses ne manquent pas sans qu’il ait été pos­sible, à ce jour, d’en mettre une en exergue qui inva­li­de­rait ou amoin­dri­rait la valeur des autres. Quoi qu’il en soit, les sta­tues-men­hirs sont œuvres de mon pro­fond peuple pri­mi­tif, signes à nous envoyés par-delà les temps, pré­sences muettes gra­vées dans la pierre immuable qui dési­gnent au moins la per­ma­nence d’un long peu­ple­ment. Fichées en terre, enra­ci­nées, elles bornent notre mémoire com­mune, blocs rocheux semés qui balisent un che­min de cam­pagne dont nous avons per­du le sens mais dont nous conser­vons la pré­sence éclatée. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Dès lors que l’affirmation identitaire est une réaction aux flux…

« Dès lors que l’affirmation iden­ti­taire est une réac­tion aux flux, à la mon­dia­li­sa­tion hors-sol, elle reste pri­son­nière des termes qu’elle com­bat, comme la contre-révo­lu­tion de la révo­lu­tion ou l’alter-mondialisme de la mon­dia­li­sa­tion. En tant que telle, elle s’inscrit jusqu’à un cer­tain point dans le dis­po­si­tif. Un posi­tion­ne­ment autre – un dépla­ce­ment, un vacille­ment ou un détour – per­mettent d’échapper à cette assi­gna­tion et de rede­ve­nir ce que l’on est. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

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