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Citations d'un auteur italien

Quand nous opposons au monde moderne le monde antique…

« Quand nous oppo­sons au monde moderne le monde antique, ou tra­di­tion­nel, cette oppo­si­tion est en même temps idéale. Le carac­tère de tem­po­ra­li­té et d’« his­to­ri­ci­té » ne cor­res­pond en effet, essen­tiel­le­ment, qu’à un seul de ces deux termes, tan­dis que l’autre, celui qui se rap­porte à l’ensemble des civi­li­sa­tions de type tra­di­tion­nel, se carac­té­rise par la sen­sa­tion de ce qui est au-delà du temps, c’est-à-dire par un contact avec la réa­li­té méta­phy­sique qui confère à l’expérience du temps une forme très dif­fé­rente, « mytho­lo­gique », faite de rythme et d’espace, plus que de temps chro­no­lo­gique. À titre de rési­dus dégé­né­res­cents, des traces de cette forme qua­li­ta­ti­ve­ment diverse de l’expérience du temps sub­sistent encore chez cer­taines popu­la­tions dites « pri­mi­tives ». Avoir per­du ce contact, s’être dis­sous dans le mirage d’un pur et simple flux, d’une pure et simple « fuite en avant », d’une ten­dance qui repousse tou­jours plus loin son but, d’un pro­ces­sus qui ne peut et ne veut plus s’apaiser en aucune pos­ses­sion, et qui se consume en tout et pour tout, en termes d’« his­toire » et de « deve­nir » — c’est là une des carac­té­ris­tiques fon­da­men­tales du monde moderne, la limite qui sépare deux époques, et donc, non seule­ment, du point de vue his­to­rique, mais aus­si, et sur­tout, en un sens idéal, mor­pho­lo­gique et méta­phy­sique. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Libéralisme, puis démocratie, puis socialisme, puis radicalisme…

« Libé­ra­lisme, puis démo­cra­tie, puis socia­lisme, puis radi­ca­lisme, enfin com­mu­nisme et bol­che­visme ne sont appa­rus dans l’histoire que comme des degrés d’un même mal, des stades dont cha­cun pré­pare le sui­vant dans l’ensemble d’un pro­ces­sus de chute. Et le com­men­ce­ment de ce pro­ces­sus fut le moment où l’homme occi­den­tal bri­sa les liens avec la tra­di­tion, mécon­nut tout sym­bole supé­rieur d’autorité et de sou­ve­rai­ne­té, reven­di­qua pour lui-même en tant qu’individu une liber­té vaine et illu­soire, devint atome au lieu de res­ter par­tie consciente dans l’unité orga­nique et hié­rar­chique d’un tout. Et l’atome, à la fin, devait trou­ver contre lui la masse des autres atomes, des autres indi­vi­dus, et devait être impli­qué dans l’émergence du règne de la quan­ti­té, du pur nombre, des masses maté­ria­listes et n’ayant d’autre Dieu que l’économie sou­ve­raine. Dans ce pro­ces­sus, on ne s’arrête pas à mi-chemin. »

Julius Evo­la
Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950, trad. Phi­lippe Baillet, édi­tions Par­dès, 2011

L’inégalité est vraie de fait…

« L’inégalité est vraie de fait pour la seule rai­son qu’elle est vraie de droit, elle est réelle pour la seule rai­son qu’elle est néces­saire. Ce que l’idéologie éga­li­taire vou­drait dépeindre comme un état de jus­tice, serait au contraire, d’un point de vue plus éle­vé et à l’abri des rhé­to­riques huma­ni­taires, un état d’injustice. C’est une chose qu’Aris­tote et Cicé­ron avaient déjà recon­nue. Impo­ser l’inégalité veut dire trans­cen­der la quan­ti­té, veut dire admettre la qua­li­té. C’est ici que se dis­tinguent net­te­ment les concepts d’individu et de per­sonne. »

Julius Evo­la
Les Hommes au milieu des ruines (Gli uomi­ni e le rovine), 1953, trad. Gérard Bou­lan­ger, édi­tions Par­dès, 1984

Une véritable historiographie de droite devrait embrasser…

« Une véri­table his­to­rio­gra­phie de droite devrait embras­ser les mêmes hori­zons que l’historiographie mar­xiste, avec la volon­té de sai­sir l’essentiel du pro­ces­sus his­to­rique des der­niers siècles, pris en dehors des mythes, des super­sti­tions ou de la simple chro­nique des faits. Tout en inver­sant, natu­rel­le­ment, les signes et les pers­pec­tives, et en voyant dans les pro­ces­sus conver­gents de l’histoire récente non pas les phases d’un pro­grès poli­tique et social, mais celles d’une sub­ver­sion géné­rale. Selon toute logique, le pré­sup­po­sé éco­no­mi­co-maté­ria­liste serait éli­mi­né, une fois démas­quée la fic­tion de l’homo oeco­no­mi­cus et le déter­mi­nisme pré­ten­du­ment fatal des sys­tèmes de pro­duc­tion. Des forces beau­coup plus vastes, pro­fondes et com­plexes que celles que connaît le misé­rable maté­ria­lisme his­to­rique mar­xiste, sont en action dans l’histoire. »

Julius Evo­la
Il Conci­lia­tore, novembre 1959

La civilisation moderne ne doit pas être considérée…

« La civi­li­sa­tion moderne ne doit pas être consi­dé­rée comme une civi­li­sa­tion » active », mais comme une civi­li­sa­tion d’agités et de névro­pathes. Comme com­pen­sa­tion du « tra­vail » et de l’usure d’une vie qui s’abrutit dans une agi­ta­tion et une pro­duc­tion vaines, l’homme moderne, en effet, ne connaît pas l’otium clas­sique, le recueille­ment, le silence, l’état de calme et de pause qui per­mettent de reve­nir à soi-même et de se retrou­ver. Non : il ne connaît que la « dis­trac­tion » (au sens lit­té­ral, dis­trac­tion signi­fie « dis­per­sion ») ; il cherche des sen­sa­tions, de nou­velles ten­sions, de nou­veaux exci­tants, comme autant de stu­pé­fiants psy­chiques. Tout, pour­vu qu’il échappe à lui-même, tout, pour­vu qu’il ne se retrouve pas seul avec lui-même, iso­lé du vacarme du monde exté­rieur et de la pro­mis­cui­té avec son « pro­chain ». D’où radio, télé­vi­sion, ciné­ma, croi­sières orga­ni­sées, fré­né­sie de mee­tings spor­tifs ou poli­tiques dans un régime de masse, besoin d’écouter, chasse au fait nou­veau et sen­sa­tion­nel, « sup­por­ters » en tout genre et ain­si de suite. Chaque expé­dient semble avoir été dia­bo­li­que­ment dis­po­sé pour que toute vie inté­rieure soit détruite, pour que toute défense interne de la per­son­na­li­té soit inter­dite dès le départ, pour que, tel un être arti­fi­ciel­le­ment gal­va­ni­sé, l’individu se laisse por­ter par le cou­rant col­lec­tif, lequel, évi­dem­ment, selon le fameux « sens de l’histoire », avance vers un pro­grès illimité. »

Julius Evo­la
L’arc et la mas­sue, Cha­pitre V, « L’affaiblissement des mots », 1968

Il n’existe pas une Histoire, entité mystérieuse…

« Il n’existe pas une His­toire, enti­té mys­té­rieuse écrite avec un h majus­cule. Ce sont les hommes, tant qu’ils sont vrai­ment des hommes, qui font et défont l’histoire. »

Julius Evo­la
Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950, trad. Phi­lippe Baillet, édi­tions Par­dès, 2011

Il perd, celui qui sait ce qu’il va faire…

« Il perd, celui qui sait ce qu’il va faire s’il gagne. Il gagne, celui qui sait ce qu’il va faire s’il perd. »

Nico­las Machiavel
Le Prince (Il Prin­cipe), 1532, trad. Yves Lévy, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1980

Là où le sexe est mis en relief…

« Là où le sexe est mis en relief, il est natu­rel que la femme, sa dis­pen­sa­trice et son objet, prenne le pas, et c’est ce que l’on constate, à bien des égards, aujourd’­hui : à cette sorte de « démo­nie », d’intoxication sexuelle chro­nique qui est le propre de l’époque actuelle et se mani­feste de mille façons dans la vie publique et dans les mœurs, répond une gyno­cra­tie vir­tuelle, une ten­dance, sexuel­le­ment orien­tée, à la pré­émi­nence de la femme, pré­émi­nence qui, à son tour, est en rela­tion directe avec l’involution maté­ria­liste et uti­li­taire du sexe mas­cu­lin ; il en résulte que le phé­no­mène est sur­tout mani­feste dans les pays où, comme aux États-Unis, cette invo­lu­tion est par­ti­cu­liè­re­ment pous­sée, grâce au « pro­grès ». »

Julius Evo­la
Che­vau­cher le tigre (Caval­care la tigre), 1961

S’il y a jamais eu une civilisation d’esclaves…

« S’il y a jamais eu une civi­li­sa­tion d’esclaves dans les grandes lar­geurs, c’est bien la civi­li­sa­tion moderne. Aucune culture tra­di­tion­nelle n’a vu d’aussi grandes masses condam­nées à un tra­vail aveugle, auto­ma­tique et sans âme : escla­vage qui n’a même pas pour contre­par­tie la haute sta­ture et la réa­li­té tan­gible de figures de sei­gneurs et de domi­na­teurs, mais est impo­sé de façon ano­dine à tra­vers la tyran­nie du fac­teur éco­no­mique et des struc­tures d’une socié­té plus ou moins collectivisée. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Entre la vraie droite et la droite économique…

« Entre la vraie droite et la droite éco­no­mique, non seule­ment il n’y a pas iden­ti­té, mais il y a même oppo­si­tion précise. »

Julius Evo­la
Le fas­cisme vu de droite (Il fas­cis­mo. Sag­gio di una ana­li­si cri­ti­ca dal pun­to di vis­ta del­la Des­tra), 1964

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