« La mort n’est pas une déesse. Ce n’est que la servante des dieux. »
Oscar Wilde
La Sainte courtisane, 1894, in La jeunesse est un art. Épigrammes choisies et traduites par Léo Lack, éd. Jean Jacques Pauvert, 1974
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« La mort n’est pas une déesse. Ce n’est que la servante des dieux. »
Oscar Wilde
La Sainte courtisane, 1894, in La jeunesse est un art. Épigrammes choisies et traduites par Léo Lack, éd. Jean Jacques Pauvert, 1974
« La religion n’est pas qu’un simple refuge, un vecteur de sécurité dans un monde agité. C’est aussi un défi à l’apitoiement sur soi et au désespoir. »
Christopher Lasch
Les femmes et la vie ordinaire (Women and the Common Life), 1997, éditions Flammarion, coll. Champs, 2018
« Étant donné la richesse de développement spirituel acquise dans la douleur par notre pays en ce siècle, le système occidental, dans son état actuel d’épuisement spirituel, ne présente aucun attrait. La simple énumération des particularités de votre existence à laquelle je viens de me livrer plonge dans le plus extrême chagrin. »
Alexandre Soljenitsyne
Le déclin du courage, discours à l’université de Harvard du 8 juin 1978, trad. Geneviève et José Johannet, éditions Les Belles Lettres, 2014
« Heureusement, la Fille aînée de l’Église n’est pas seule. La Providence s’est manifestée avec une force inhabituelle au cours de l’histoire de notre nation, depuis le baptême et le couronnement de Clovis, la sainteté de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volonté de Louis XIII de consacrer la France à Notre-Dame de l’Assomption. Avec Jeanne d’Arc, le destin élira une personne humble, pour que la France puisse tenir ses promesses de fidélité. Une paysanne, sans expérience militaire ou politique, pour réaliser un double exploit inexplicable : chasser les ennemis du royaume en redonnant à tous les Français la dignité perdue et la foi. »
Louis Alphonse de Bourbon
Message de Monseigneur le Duc d’Anjou pour la Fête nationale de Jeanne d’Arc, legitimite.fr, 10 mai 2020
« La religion n’est pas née d’un besoin urgent d’assurer la solidarité sociale, pas plus que les cathédrales n’ont été construites dans le dessein de favoriser le tourisme. »
Nicolás Gómez Dávila
Les Horreurs de la démocratie (tiré de Escolios a un texto implícito), 1977, trad. Michel Bibard, Éditions du Rocher/Anatolia, 2003
« Toujours dans le lit du ruisseau, avec de l’eau jusqu’à mi-roue, je pénétrai sous la forêt qui montait en pente douce vers le flan d’un petit morne. Une centaine de mètres plus loin, le ruisseau prenait sa source et je dus abandonner ma jeep et poursuivre à pied, enjambant les troncs d’arbres pourris de cette jungle alpine. Je marchai environ une demi-heure jusqu’au sommet du petit morne et là, à travers un rideau de verdure d’où tombaient d’épaisses gouttes de pluie, j’entrevis à nouveau, au loin, les sombres pentes du massif de la Selle. Malgré mes efforts, il semblait ne pas s’être approché d’un mètre et puis ses sommets disparurent au milieu de lourds nuages gorgés d’eau. Je restai là quelques temps à rêver, les yeux fixés sur la muraille de pluie. C’est ainsi que les mythes demeurent, plus nécessaires à l’homme que le pain. »
Jean Raspail
La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974
« Dans les Andes, on ne compte pas quatre éléments, mais cinq : l’air diaphane, l’eau insondable des lacs, le feu des volcans, la terre qui tremble, et le silence. Un silence de sépulcre, d’ordre divin, que seule trouble la voix des esprits en soulevant des trombes de poussière qui emportent l’âme des humains : le vent. L’homme écoute le vent, dans les Andes, comme la voix de son créateur. Confondu dans sa petitesse, relégué à l’état d’épisode, conscient de son impuissance, il s’est cherché des alliés dans l’au-delà. Soleil, lune, lacs, montagnes, cascades, rivières, rocs et vents, glaciers, et toutes les forces de la nature, tout est déifié. »
Jean Raspail
Pêcheur de lunes. Qui se souvient des hommes…, éditions Robert Laffont, 1990
« Ce qui peut nous sauver, c’est quelque chose comme l’esprit d’une “beauté” qui s’épanche dans notre sang, vivifie notre vie, redonne de l’élan à notre être.
Serons-nous capables d’assumer un jour que c’est de quelque chose de tel qu’il s’agit ?
Serons-nous capables de comprendre que seul un tel dieu peut être celui que nous recherchions ?
Un dieu qui, comme celui de Nietzsche, sache danser.
Un dieu dont la marque du beau, de l’inouï, soit gravée au feu sur son cœur ivre et joyeux. »
Javier Portella
Les esclaves heureux de la liberté, éditions David Reinharc, 2012
« L’origine des druides remonte dans la nuit des temps, à l’aube crépusculaire de la race blanche. Les druidesses sont peut-être plus anciennes encore s’il faut en croire Aristote qui fait venir le culte d’Apollon à Delos, de prêtresses hyperboréennes. »
Édouard Schuré
Les grandes légendes de France, 1892, éditions Collection XIX, 2016
« En Jeanne nous voyons agir, à son insu, les vieilles imaginations celtiques. Le paganisme supporte et entoure cette sainte chrétienne. La Pucelle honore les saints, mais d’instinct elle préfère ceux qui abritent sous leurs vocable les fontaines fées. Les diverses puissances religieuses éparses dans cette vallée meusienne, Jeanne les ramasse et les accorde, dût-elle en mourir par un effet de sa noblesse naturelle… Fontaines druidiques, ruines latines et vieilles églises romanes forment un concert. (…) Autant que nous aurons un cœur celtique et chrétien, nous ne cesserons d’aimer cette fée dont nous avons fait une sainte. »
Maurice Barrès
L’œuvre de Maurice Barrès (Philippe Barrès, Maurice Barrès), tome XII, éditions Au Club de l’honnête homme, 1967
« La mort demeure, quoi qu’il arrive, l’héroïne de la tragédie dont le matador est le héros et à qui elle délègue un ambassadeur extraordinaire, cet animal sacrifié, cet animal sacrifié d’avance, chargé de négocier leurs noces, noces les plus étranges et les plus obscures qui soient. »
Jean Cocteau
La corrida du 1er mai, Éditions Grasset, 1967
« Je l’ai dit et répété : aimer la corrida, (plus profondément et justement exprimé, aimer les toros) c’est espérer, c’est croire à la Terre promise, c’est passer des après-midi à être l’orpailleur qui, quand le soir tombe, n’aperçoit dans son tamis que quelques paillettes d’or. »
Jean Cau
Les Oreilles et la queue, 1961, éditions Gallimard, coll. Hors série Connaissance, 1990