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Citations sur la force

L’homme devenu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être…

« L’homme deve­nu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et autres démo­crates. L’homme libre est guerrier. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Ni l’existence des moyens d’extermination…

« Ni l’existence des moyens d’extermination, ni une méchan­ce­té pré­mé­di­tée ne consti­tuent la menace der­nière. Celle-ci réside dans le carac­tère iné­luc­table d’une contrainte morale. Les hommes qui uti­lisent ces moyens contre d’autres hommes se voient contraints d’anéantir aus­si mora­le­ment ces autres hommes, leurs vic­times et leurs objets. Ils sont for­cés de décla­rer cri­mi­nel et inhu­main dans son ensemble le camp adverse, d’en faire une non-valeur totale, sous peine d’être eux-mêmes des cri­mi­nels et des monstres. La logique de la valeur et de la non-valeur déploie sa pleine rigueur des­truc­trice et contraint à des dis­cri­mi­na­tions, à des cri­mi­na­li­sa­tions et à des dépré­cia­tions tou­jours nou­velles, tou­jours plus pro­fondes, jusqu’à l’extermination de tout sujet sans valeur, indigne de vivre. »

Carl Schmitt
Théo­rie du par­ti­san, 1963

Au beau milieu d’une civilisation soi-disant raffinée…

« Au beau milieu d’une civi­li­sa­tion soi-disant raf­fi­née, au point de pas­ser pour déca­dente, une géné­ra­tion retrouve tout à coup le culte pri­mi­tif du sac­cage, les convul­sions des danses pro­fanes, l’amour du bruit et du sang, une espèce d’héroïsme bar­bare. »

Jean-René Hugue­nin
Une autre jeu­nesse, maga­zine Réa­li­tés, 1961, réédi­tion dans Jean-René Hugue­nin en col­lec­tion Bou­quins, 2022

Dire qu’une force est disponible, c’est affirmer qu’elle existe…

« Il faut […] dis­si­per le mal­en­ten­du auquel donnent lieu cer­taines inter­pré­ta­tions phi­lo­so­phiques de la force qui la défi­nissent comme poten­tia­li­té ou vir­tua­li­té. Il nous semble au contraire qu’elle est actua­li­té, qu’elle ne vaut que par ses effets. Dire qu’une force est dis­po­nible, c’est affir­mer qu’elle existe, qu’elle est pré­sente et prête, mais inem­ployée, inerte, tel le nombre de sol­dats dans les casernes ou de tanks et d’avions dans les han­gars. Les forces dis­po­nibles d’un pays se laissent énu­mé­rer, comp­ta­bi­li­ser, cal­cu­ler et per­mettent de faire des pré­vi­sions. La force n’a rien de mys­té­rieux, au contraire de la puis­sance qui est impré­vi­sible, occulte par­fois, parce qu’elle est illi­mi­tée. Le mal­en­ten­du a son ori­gine dans le fait que l’application de la force exige une volon­té, prin­ci­pa­le­ment en ce qui concerne la force humaine. La volon­té n’est pas une machine, mais une puis­sance, c’est-à-dire qu’avec de moindres forces, mais intel­li­gem­ment appli­quées, elle est capable d’anéantir une autre force, maté­riel­le­ment et quan­ti­ta­ti­ve­ment supé­rieure. Le fait est cou­rant, non seule­ment en poli­tique, mais par­tout où des forces sont en com­pé­ti­tion : sport, bio­lo­gie, etc. Ce fut l’une des consta­ta­tions sin­gu­lières de la vie dans les camps de concen­tra­tion que les per­sonnes qui pas­saient pour les plus fortes et les plus robustes étaient en géné­ral les pre­mières à suc­com­ber, faute de résis­tance. La ques­tion n’est donc pas de faire de la puis­sance et de la force des notions anti­thé­tiques. Au contraire, il n’y a pas de puis­sance sans forces, mais la puis­sance ajoute aux moyens maté­riels et mesu­rables, l’intelligence, l’autorité, le pres­tige, le sens de la déci­sion, la fer­me­té, etc. C’est en ce sens que […] la poli­tique [est] un phé­no­mène de puis­sance et non uni­que­ment de force, celle-ci n’étant qu’un moyen, fût-il spé­ci­fique au poli­tique. Comme n’importe quel autre moyen, la force n’est effi­cace que si elle est appli­quée, c’est-à-dire mise en œuvre par une volon­té ou un organe. […] C’est la notion de résis­tance qui nous four­nit, par ana­lo­gie avec les sciences phy­siques, la clé de l’analyse de la force. […] Quel que soit le sys­tème, on ne peut pas par­ler de la force au sin­gu­lier, car toute force sup­pose d’autres forces qui lui résistent, la com­battent ou l’annulent. La force est l’obstacle d’une autre force, c’est-à-dire il faut encore une force pour com­battre la force. […] La force nous appa­raît ain­si en poli­tique comme le moyen de la contrainte, soit que le pou­voir éta­tique réus­sisse à faire vivre dans la concorde les forces par­fois hété­ro­gènes qui s’agitent au sein de la col­lec­ti­vi­té et à faire res­pec­ter son inté­gri­té contre les forces exté­rieures, soit qu’au contraire l’une des forces inté­rieures, jusque-là conte­nue, par­vienne à bri­ser la résis­tance du pou­voir éta­bli, à s’en empa­rer et à maî­tri­ser à son tour les autres forces internes ou qu’une force exté­rieure triomphe de la col­lec­ti­vi­té en lui impo­sant ses conditions. »

Julien Freund
Qu’est-ce que la poli­tique ?, Édi­tions du Seuil, 1967

La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie…

« Il y a un feu. Ros­can­vel a cru voir un feu. Il écar­quille les yeux, pleu­rant de joie et de misère, de souf­france, de froid et de sel… Il y a un feu ! Fra­gile ain­si qu’une chi­mère, il pal­pite, cli­gnote fai­ble­ment, s’étiole dans un grain violent, semble se ravi­ver pour s’éteindre encore. Il y a un feu et l’espérance gran­dit comme une flamme. La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie ! »

Pierre Schoen­doerf­fer
L’aile du papillon, Édi­tions Gras­set, 2003

Le fort fait ce qu’il peut faire…

« Le fort fait ce qu’il peut faire et le faible subit ce qu’il doit subir. »

Thu­cy­dide
His­toire de la guerre du Pélo­pon­nèse, 431 – 411 avant notre ère, trad. Jac­que­line de Romil­ly, Robert Laf­font édi­teur, coll. Bou­quins, 1990

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