« Que signifie le nihilisme ? – Que les suprêmes valeurs se dévalorisent. »
Friedrich Nietzsche
La Volonté de puissance (Der Wille zur Macht), 1888, trad. Geneviève Bianquis, éditions Gallimard, Coll. Tel, 2 tomes, 1995
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« Que signifie le nihilisme ? – Que les suprêmes valeurs se dévalorisent. »
Friedrich Nietzsche
La Volonté de puissance (Der Wille zur Macht), 1888, trad. Geneviève Bianquis, éditions Gallimard, Coll. Tel, 2 tomes, 1995
« L’École comme lieu de dissolution du lien commun qu’était la langue en sa manifestation littéraire, historique, symbolique, universelle. Ainsi vidée d’elle-même, la langue n’est plus qu’un corps errant, un zombie, ou un instrument de domination technique. »
Richard Millet
L’opprobre. Essai de démonologie, éditions Gallimard, 2008
« C’est parce que, terrifiée, elle tend à nier la mort que notre époque refuse la lecture ; lire c’est, en effet, vivre en fantôme du futur ; c’est en quelque sorte faire, vivant, l’épreuve heureuse du mourir. »
Richard Millet
L’opprobre. Essai de démonologie, éditions Gallimard, 2008
« Que le développement de la Technique soit devenu concomitant de la dégradation de la langue, et l’homme en revient irrésistiblement au cri, à l’onomatopée. »
Richard Millet
L’opprobre. Essai de démonologie, éditions Gallimard, 2008
« Disons les mots. Le modernisme est, le modernisme consiste à ne pas croire ce que l’on croit. La liberté consiste à croire ce que l’on croit et à admettre, (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie ce qu’il croit.
Le modernisme consiste à ne pas croire soi-même pour ne pas léser l’adversaire qui ne croit pas non plus. C’est un système de déclinaison mutuelle. La liberté consiste à croire. Et à admettre, et à croire que l’adversaire croit.
Le modernisme est un système de complaisance. La liberté est un système de déférence.
Le modernisme est un système de politesse. La liberté est un système de respect.
Il ne faudrait pas dire les grands mots, mais enfin le modernisme est un système de lâcheté. La liberté est un système de courage.
Le modernisme est la vertu des gens du monde. La liberté est la vertu du pauvre. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008
« Une visite impromptue est un bouleversement en même temps qu’une joie. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Un ermite ne menace pas la société des hommes. Tout juste en incarne-t-il la critique. Le vagabond chaparde. Le rebelle appointé s’exprime à la télévision. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Quinze sortes de ketchup. À cause de choses pareilles, j’ai eu envie de quitter ce monde. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Ces quelques jours dans la Mongolie des prairies m’apprennent que la solitude m’est devenue un état nécessaire. Je la trouve douce. Elle est la sueur de la liberté. »
Sylvain Tesson
L’axe du loup, éditions Robert Laffont, 2004
« J’avais oublié combien le vélo aliénait l’esprit. À bicyclette, toute l’énergie spirituelle est consacrée à maintenir la tension physique. Et ce qu’on gagne en vitesse est à mettre au débit de la production intellectuelle. Le corps travaille, le cerveau dort. »
Sylvain Tesson
L’axe du loup, éditions Robert Laffont, 2004
« Et ce bonheur, ce climat de bonheur. Évidemment on ne vivait point encore dans l’égalité. On n’y pensait même pas, à l’égalité, j’entends à une égalité sociale. Une inégalité commune, communément acceptée, une inégalité générale, un ordre, une hiérarchie qui paraissait naturelle ne faisait qu’étager les différents niveaux d’un commun bonheur. On ne parle aujourd’hui que de l’égalité. Et nous vivons dans la plus monstrueuse inégalité économique que l’on n’ait jamais vue dans l’histoire du monde. On vivait alors. On avait des enfants. Ils n’avaient aucunement cette impression que nous avons d’être au bagne. Ils n’avaient pas comme nous cette impression d’un étranglement économique, d’un collier de fer qui tient à la gorge et qui se serre tous les jours d’un cran. Ils n’avaient point inventé cet admirable mécanisme de la grève moderne à jet continu, qui fait toujours monter les salaires d’un tiers, et le prix de la vie d’une bonne moitié, et la misère, de la différence. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008