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Citations sur l'héritage
Le passé, notre passé, a peut-être bien des aspects sombres…
« Le passé, notre passé, a peut-être bien des aspects sombres. Il a été le lieu de bien des crimes et bien des sottises. Mais il a, à tout le moins, un double mérite : d’une part, il a existé, alors que nul ne sait si le futur existera ; d’autre part, ce qui est plus important : il nous a produits, nous qui nous plaçons à son égard en position de juges. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
Cette idée d’un bien à sauver…
« Cette idée d’un bien à sauver et à transmettre est à la base du code d’honneur paysan. Elle s’oppose à toutes les tentations de l’individualisme : l’homme, anneau dans une chaîne, sent obscurément qu’il doit résister jusqu’au bout pour que la chaîne ne se brise pas. C’est cet instinct de continuité qui courbe jusqu’à la mort le vieux paysan sur la terre et lui inspire cette horreur quasi physique de tomber à la charge de ses enfants ou de ses proches. Et c’est de lui que procède aussi ce savoir-vivre dont la délicatesse et la profondeur débordent à l’infini le savoir-faire. Tout dans la conduite de l’existence, depuis le menu quotidien jusqu’au choix d’une épouse, est dominé par ce sentiment du patrimoine qui, comme le flambeau ambulant des coureurs antiques, lie l’individu à son rang et le transporte au-delà de lui-même. »
Gustave Thibon
Paysages du Vivarais, 1949
Il est évident que nous changeons d’époque…
« Il est évident que nous changeons d’époque. Il faut faire notre bilan. Nous avons un héritage, laissé par la nature et par nos ancêtres. Des paysages ont été des états d’âme et peuvent encore l’être pour nous-mêmes et ceux qui viendront après nous ; une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments ; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir. Les choses se transforment sous nos yeux avec une extraordinaire vitesse. Et on ne peut pas toujours prétendre que cette transformation soit un progrès. Nos « belles » créations se comptent sur les doigts d’une main, nos « destructions » sont innombrables. »
Jean Giono
La Chasse au bonheur, éditions Gallimard, 1988
Je demeure chrétien, mais je ne suis pas fermé…
« Je demeure chrétien, mais je ne suis pas fermé à l’héritage polythéiste de l’Europe, […] le paganisme ne m’étant pas étranger, tout chrétien que je me veux. J’ai aussi pleuré sur la mort de Pan. »
Vladimir Volkoff
Cité par Christopher Gérard in Quolibets – Journal de lecture, Éditions L’Âge d’Homme, 2013
Naître sans héritage, grandir sans apanage, mourir…
« Naître sans héritage, grandir sans apanage, mourir sans lignage, c’est le lot de l’homme de passage, de l’homme sans ancrage. L’homme de rien. Qui ne trouve rien en arrivant, qui ne laisse rien en partant. Qui, finalement, n’aime rien. Rien que lui-même, ses pulsions et appétences. »
Philippe de Villiers
Les cloches sonneront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016
En effet, la noblesse héréditaire, c’est une noblesse lunaire…
« En effet, la noblesse héréditaire, c’est une noblesse “lunaire”, et pour ainsi dire faite de morts. Seule demeure en elle, principe vivant, authentique, dynamique, l’incitation qu’éprouve le descendant de maintenir par ses efforts, le niveau où atteignit son aïeul. Toujours, même en ce sens dénaturé, noblesse oblige ! Le noble d’origine s’oblige à lui-même ; l’héritage oblige le noble héréditaire. »
José Ortega y Gasset
La révolte des masses (La rebelión de las masas, 1929), trad. Louis Parrot, éditions Stock, 1937
Notre corps, les produits de notre travail, notre langage, nos pensées…
« Notre corps, les produits de notre travail, notre langage, nos pensées, nos institutions, nos arts, tout est pour nous héritage, trésor lentement accumulé par les ancêtres. Une génération nouvelle arrive à la vie, et dans les mouvements, les passions, les joies et les douleurs qui l’agitent en tous sens, pendant les quelques heures de son existence, se mêlent, s’entrechoquent ou s’équilibrent toutes les forces du passé. »
Léon Bourgeois
Solidarité, 1896, éditions Le bord de l’eau, 2008
Il est temps de nous remettre en marche…
« Il est temps de nous remettre en marche, à la recherche de la vivace racine qui existe en chacun de nous. »
Claudine Vincenot
Confidences des deux rivages, éditions Anne Carrière, 1999
Il est aisé de discerner les continuités qui donnent au monde européen son identité…
« Il est aisé de discerner les continuités qui, dans la longue durée, donnent au monde européen son identité, de l’Antiquité antérieure au christianisme puis à la modernité qui s’en est progressivement éloignée. L’héritage du christianisme demeure, dans tous les cas, essentiel dans la construction de notre civilisation, quels que soient les dénis de réalité auxquels nous avons été confrontés quand les inspirateurs de la calamiteuse Europe de Bruxelles ont refusé haut et fort de reconnaître les racines chrétiennes pourtant indiscutables de notre civilisation. Le christianisme est devenu, à partir de la fin de l’Antiquité, et pour les quinze siècles qui ont suivi, la religion de l’Europe et a largement déterminé les différents aspects sociaux, politiques culturels de sa civilisation. »
Philippe Conrad
Discerner les continuités qui donnent au monde européen son identité, entretien au site Le Rouge & Le Noir, 20 avril 2015
Il est urgent que les Européens réapprennent à défendre…
« Il est urgent que les Européens réapprennent à défendre leur identité particulière et leur espace propre. Toutes les cultures ne se valent pas. Nos patries ne sont pas des villes ouvertes. À l’égard d’une immigration de plus en plus massive les Européens ne doivent pas rechercher un illusoire optimum commun entre envahisseurs et envahis. Mais penser à protéger d’abord leur héritage et leurs héritiers. »
Jean-Yves Le Gallou
XXIe siècle, vers un nouveau cycle européen ?, allocution au cinquième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 7 avril 2018
L’important, c’est ce que nous représentons de vérité…
« L’important, c’est ce que nous représentons de vérité, de volonté. C’est l’héritage que nous détenons comme une dette qui nous vient de ceux qui nous ont précédés, morts pour les mêmes raisons. »
Gwenn-Aël Bolloré
J’ai débarqué le 6 juin 1944. Commando de la France libre, Le Cherche-Midi, 1994
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