« Les peuples colonisés ne pouvaient plus supporter les Européens. Le malheur, c’est qu’ils peuvent encore moins se supporter eux-mêmes. »
Pierre Gripari
Reflets et réflexes, éditions L’Âge d’Homme, 1983
Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne
Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.
« Les peuples colonisés ne pouvaient plus supporter les Européens. Le malheur, c’est qu’ils peuvent encore moins se supporter eux-mêmes. »
Pierre Gripari
Reflets et réflexes, éditions L’Âge d’Homme, 1983
« Selon les paroles d’un antique poète : “Sur cette terre labourée par les pieds des chevaux, engraissée de cadavres humains, parsemée d’ossements blanchis, arrosée d’une chaude pluie de sang, croissent les moissons de la tristesse.” »
Adam Mickiewicz
Les Slaves, Cours professé Collège de France, troisième leçon, Comon éditeur, vol. 1, 1849
« Si on tire une ligne du golfe de Venise à l’embouchure de l’Elbe, on trouve en dehors de cette ligne, et sur toute sa longueur, les restes, les débris des populations slaves refoulées vers le nord par la race germanique et par la race romane. Leur existence posthume ici, n’appartient déjà plus qu’au passé ; mais plus loin, vers les Karpats, ce rempart séculaire de la Slavie, aux deux extrémités de l’Europe, on voit les races slaves engagées dans des luttes acharnées. Sur la mer Adriatique, elles combattent l’islamisme ; et, sur la mer Baltique, soumises d’abord à une race étrangère, elles se sont relevées, elles prennent aujourd’hui le dessus. Entre ces points extrêmes, le tronc slave s’étend dans toute sa force et jette deux branches, l’une vers l’Amérique, l’autre à travers les Mongols et les Caucasiens, jusque dans le sein de la Perse et presque de la Chine, regagnant ainsi dans cette partie du monde ce qu’il a perdu de ses possessions en Europe. »
Adam Mickiewicz
Les Slaves, Cours professé Collège de France, première leçon, Comon éditeur, vol. 1, 1849
« Déraciner ces enfants, les détacher du sol du et du groupe social où tout les relie, pour les placer hors de leurs préjugés dans la raison abstraite, comment cela le gênerait-il, lui qui n’a pas de sol, ni de société, ni, pense-t-il, de préjugés ? »
Maurice Barrès
Les déracinés, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle Éditeur, 1897
« Je me place dans une collectivité un peu plus longue que mon individu ; je m’invente une destination un peu plus raisonnable que ma chétive carrière. À force d’humiliations, ma pensée, d’abord si fière d’être libre, arrive à constater sa dépendance de cette terre et de ces morts qui, bien avant que je naquisse, l’ont commandée jusque dans ses nuances… »
Maurice Barrès
Le Culte du Moi. Un homme libre, préface à l’édition de 1904, Albert Fontemoing éditeur, coll. Minerva, 1904
« Les individus, si parfaits qu’on les imagine, ne sont que des fragments du système plus complet qu’est la race, fragment elle-même de Dieu. »
Maurice Barrès
Le Culte du Moi. Un homme libre, Éd. Émile-Paul, Paris, 1910
« Écœuré de cette mascarade et de ces mélanges impurs, nous avons eu la passion d’être sincère et conforme à nos instincts. Nous servons en sectaire la part essentielle de nous-mêmes qui compose notre Moi, nous haïssons ces étrangers, ces Barbares, qui l’eussent corrodé. »
Maurice Barrès
Le Culte du Moi. Sous l’œil des Barbares, Éd. Émile-Paul, Paris, 1910
« Chaque individu possède la puissance de vibrer à tous les battements dont le cœur de ses parents fut agité au long des siècles. »
Maurice Barrès
Le Culte du Moi. Sous l’œil des Barbares, Éd. Émile-Paul, Paris, 1910
« Aux yeux de Barrès la solidarité la plus authentique est celle qui existe entre les hommes issus d’un même milieu naturel. La nature est bien plus que l’inspiratrice de l’œuvre, elle détermine l’homme, le tempérament. La terre passe infiniment de l’homme, en permanence et en stabilité. Les leçons de la terre, selon Barrès, seront celles du déterminisme et de la continuité. »
Yves Chiron
Barrès et la terre, éditions Sang de la terre, Paris 1987
« Il faut s’accepter héritier de la totalité de l’histoire de France, celle d’avant la Révolution comme celle d’après. L’Ancien Régime ou la France de 1848 sont comme “les fruits de diverses saisons”. L’important est de maintenir vivante “la conscience française”, “raciner les individus dans la terre et les morts”, ne pas étouffer en eux “la voix du sang et l’instinct du terroir”. »
Yves Chiron
La vie de Barrès, éditions Godefroy de Bouillon, 2000
« Toute terre, en vérité, est un ensemble où la nature et l’histoire collaborent. Le spectateur d’un paysage est aussi l’héritier d’un passé. Des hommes avant lui ont œuvré pour que tel endroit soit ce qu’il est. Il y a toujours à respecter, à maintenir, à poursuivre et, s’il le faut, à défendre. Quand Barrès écrivait sur Sion et Sainte-Odile, il songeait surtout à l’héritage politique et historique : maintenir la présence française face à l’Allemagne, respecter la romanité comme créatrice de civilisation. Il ne pouvait encore s’agir pour lui de veiller à la préservation d’un héritage naturel qui n’était pas encore menacé. L’écologie est dans cette logique : défendre une nature dont on a hérité et qui a apporté ses preuves et donné ses bénéfices, une nature dont on est redevable. Défendre en somme le capital naturel comme on défend le patrimoine historique et culturel et comme on maintient vivante la mémoire historique. À ce rapport-là à la terre, à cette écologie, Barrès n’aurait pas été étranger de nos jours. »
Yves Chiron
Barrès et la terre, éditions Sang de la terre, Paris 1987