« « L’économie médiévale est un contre-modèle au capitalisme libéral. Elle fonde ses institutions sur la terre plus que sur la richesse mobilière, les rapports entre les hommes sur des liens personnels (vassalité, serments, etc.), non sur les mécanismes impersonnels du marché (concurrence et libre-échange). Elle est… »
« Il est de bon ton de croire que l’on ne fait plus la guerre pour des particularités – la patrie, par exemple, mais seulement pour des “valeurs” universelles: la liberté, la tolérance ou la démocratie. Fini le temps où nos ancêtres étaient sommés de mourir pour l’Alsace-Lorraine ! Désormais, nos soldats meurent pour les droits de l’homme. Nous pensons que c’est plus propre, en tout cas c’est plus snob (…). »
Chantal Delsol14 juillet 2014, l’étrange fête nationale, Le Figaro, 14 juillet 2014
« Les anciens Grecs ajoutèrent à la vénération du réel la puissance de leur imaginaire. Sur la mer éclairée par les mythes et les méduses, il y eut un miracle, voilà trois millénaires. Des hommes prirent une décision : ne plus jamais assister à un spectacle naturel sans y associer la présence d’un dieu. »
Sylvain TessonLa grande odyssée de Sylvain Tesson, dans le sillage d’Ulysse, Le Figaro, 10 avril 2020
« Je ne pense pas que le mâle blanc hétérosexuel soit oublié dans la littérature contemporaine, cependant, on privilégie ses versions plus jeunes, plus engagées, plus souffrantes, plus célibataires, plus trendys. Le père de famille, agent immobilier, s’il n’est pas un beauf dans un roman féminin, s’il n’est pas assassiné dans un roman policier, s’il n’est pas concerné par le sort des va-nu-pieds dans un roman humaniste, ne doit pas, en effet, être si courant. »
Patrice JeanQu'un écrivain puisse être en paix avec son temps me paraît vraiment curieux, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 29 septembre 2017
« « Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent, nul jamais ne t’a fait évader et tu n’en es point responsable. Tu as construit ta paix à force d’aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t’es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rites étouffants de… »
Antoine de Saint-ExupéryTerre des hommes, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1939, coll. Folio, 2024
« « La promotion de l’idéal diversitaire justifie un harcèlement médiatique permanent pour amener les populations à s’y convertir et pour identifier ceux qui résistent à ses sirènes. Il est même nécessaire de heurter le sens commun, de le déstabiliser et lui faire perdre toute valeur d’évidence, pour qu’il ne subsiste… »
« Si “réactionnaire” signifie être un amant des œuvres du passé, un amoureux de Chateaubriand et de Flaubert, ou si encore le mot renvoie à la gratitude qu’un homme éprouve envers l’héritage des siècles, la langue, la morale, envers le pays et le continent de ses ancêtres, alors oui je suis réactionnaire. »
Patrice JeanQu'un écrivain puisse être en paix avec son temps me paraît vraiment curieux, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 29 septembre 2017
« Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. À moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Chacun de nous est le dernier des Européens. »
« Un nouveau dogme s’institue : tout doit fluctuer, se mêler sans répit, sans entraves, donc sans frontières. Dieu est mouvement. Circuler est bon. Demeurer est mal. Plus rien ne doit se prétendre de quelque part puisque tout peut être de partout. Qui s’opposera intellectuellement à la religion du flux est un chien. »
Sylvain TessonQue ferons-nous de cette épreuve ?, entretien au Figaro, par Vincent Tremolet de Villers, 20 mars 2020
« Je me demande ce que les jeunes de 14-15 ans pensent du Paris dans lequel ils vivent, ils ont toujours vécu ? Aiment-ils le Centre Pompidou, la pyramide du Louvre ? Est-on en train de faire changer le goût des gens ou ceux-ci conservent-ils une conscience esthétique ? Je pense que tout ce qui blesse l’œil, blesse l’âme. »
Alain PaucardDu Paris d'Audiard au Paris de Delanoë, par Alain Paucard, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 11 juillet 2014
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