« Ce n’est pas le titre qui honore l’homme, mais l’homme qui honore le titre. »
Nicolas Machiavel
Le Prince (Il Principe), 1532, trad. Yves Lévy, éditions Garnier-Flammarion, 1980
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« Ce n’est pas le titre qui honore l’homme, mais l’homme qui honore le titre. »
Nicolas Machiavel
Le Prince (Il Principe), 1532, trad. Yves Lévy, éditions Garnier-Flammarion, 1980
« Les temps de crise ramènent toujours ce fait d’expérience : la volonté d’un seul a plus de vitesse et d’efficacité que celle d’une assemblée, surtout lorsqu’il faut assurer la marche des grands appareils. »
Ernst Jünger
Le nœud gordien (Der Gordische Knoten), 1953, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1981
« Pour que les Français comprennent bien les défis dans lesquels ils ont été entraînés malgré eux, je souhaite rappeler que le voile, comme l’avait longuement développé l’islamologue Abdelwahab Meddeb dans une tribune publiée en décembre 2009 dans le Monde, n’est pas un simple bout de tissu. […] Ce n’était pas nécessairement le cas il y a vingt ans, mais nos hommes et femmes politiques ont depuis parfaitement pris conscience de la réalité des enjeux. Ils savent également qu’une femme qui se voile devient pour les autres musulmanes une leçon de morale ambulante qui peut ouvrir la voie à l’exercice, sur ces dernières, d’une pression de leur entourage ; d’où la prolifération des voiles que l’on observe. Le voile n’est donc pas neutre et peut se muer en instrument d’amputation de liberté pour un certain nombre de femmes. Par ailleurs, comme le mettent en évidence nombre d’enquêtes sur les signes religieux – la dernière en date étant celle du Crédoc, les Français se sentent de plus en plus dérangés par ces signes, et sont 81 % à souhaiter les voir interdits dans les entreprises privées. Je ne vois donc pas en quoi la décision de Najat Vallaud-Belkacem [d’autoriser les mères voilées à accompagner les sorties scolaires, NDLR] pourrait être assimilée à un quelconque geste d’apaisement ou de tolérance.
Maintenant, cela fait malheureusement bien longtemps que notre classe politique ose tout et risque tout, y compris la déstabilisation des fondations de la maison France, sans vraiment prendre garde aux conséquences : il y a fort à parier que le peuple français n’est pas mort, ne s’est pas suicidé et qu’il est en train de sortir, peu à peu, de sa longue anesthésie. »
Malika Sorel
Interview au figaro.fr, 29 octobre 2014
« Cette leçon fut suivie par beaucoup d’autres, qui me confortèrent dans l’idée que le degré de civilisation d’un peuple ne se mesure pas au nombre de policiers patrouillant sur les routes pour dresser des contraventions. »
Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aventures au Pakistan, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Pôle fiction, 2010
« Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients. »
Simone Weil
Oppression et liberté, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1955
« C’est le matin que les professeurs et les policiers réclament, que les philosophes ont exalté depuis deux siècles, le matin de l’uniformité, du réflexe conditionné, du meilleur des mondes, de l’ordre absolu, de la réalité égalitaire, de la grisaille, de la réaction uniforme à un stimulus uniforme, le matin où une cloche qui tintera fera prendre aux moutons le chemin du pâturage. C’est aussi le matin pour la venue duquel nous prions dans nos organisations industrielles, dans nos fermes collectives, dans nos conciles ecclésiastiques, dans nos systèmes de gouvernement, dans nos rapports entre États, dans nos nobles demandes d’un gouvernement mondial. C’est le matin auquel nous aspirons lorsque nous formulons la prière d’être un jour tous les mêmes. C’est le matin contre la venue duquel, qu’ils le sachent ou non, les jeunes élèvent leur protestation. Et c’est un matin, il faut l’espérer, qui ne viendra jamais. »
Robert Ardrey
La loi naturelle, éditions Stock, 1971
« Qu’une entité politique se forme, puis s’agrandisse par des moyens entièrement pacifiques, c’est dans l’histoire une nouveauté inouïe dont il faut se féliciter. Mais ne soyons pas naïfs et sachons percevoir, derrière l’“Hymne à la Joie”, les froids calculs des décideurs : l’élargissement de la Communauté a quelque chose d’une prédation. Les économies avancées espèrent exploiter des réserves de main‑d’œuvre qualifiée à bon marché. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
« Ils comprirent subitement qu’un nouveau vouloir demande de nouvelles lois, des lois qui se formulaient dans les cerveaux inlassablement en travail de ces lutteurs solitaires, et qui les chargeaient d’une si monstrueuse responsabilité que seuls pouvaient l’assumer ceux qui étaient disposés à se donner sans restriction. […] Ce sont les hommes qui décident et non pas les faits. »
Ernst von Salomon
Les Réprouvés (Die Geächteten), 1930, trad. Andhrée Vaillant et Jean Kuckenberg, éditions Plon, coll. Feux croisés, 1931
« La France a perdu le privilège, sur son sol, d’imposer son mode de vie, son modèle culturel. On n’a plus le droit d’exiger ‘qu’on vive à Rome comme les Romains’. On peut juste réclamer la coexistence. Ainsi émerge le nouveau concept de ‘Vivre ensemble’. C’est un nouveau pas, un nouveau recul ; la nation française tente la juxtaposition, à la libanaise, de communautés autonomes qu’on renonce à fondre ensemble. Avec seulement un règlement de copropriété : le code laïc, que beaucoup rejettent, d’ailleurs. C’est aux citoyens français de s’adapter et de raser les murs, tête basse. Le temps est venu de la colonisation à rebours et de l’assimilation à l’envers. »
Philippe de Villiers
Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, éditions Albin Michel, 2015
« Toute société commence par être une société des amis du défunt, parce que toute société a besoin de croire à une transcendance qui la clôture et qui la fonde. »
Régis Debray
Critique de la raison politique, éditions Gallimard, 1981
« Et s’ils étaient autres, ceux qui vivent dans la joie, le plaisir, la satisfaction, dans le dénuement de ces biens qui nous possèdent, si bien nommés “signes extérieurs de richesse” pour ne pas dire “signes intérieurs de pauvreté” ».
Hervé Juvin
La grande séparation, éditions Gallimard, 2013
« Il n’y a pas de croissance économique ou de prospérité à la séduction de laquelle on doive céder quand le prix à payer serait une limitation essentielle de la liberté et de l’espace nécessaire pour que chacun puisse réaliser ce qui lui est accessible au-delà de la sphère conditionnée de la matière et des besoins de la vie ordinaire. »
Julius Evola
Les Hommes au milieu des ruines (Gli uomini e le rovine), 1953, trad. Gérard Boulanger, éditions Pardès, 1984