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C’est le matin que les professeurs et les policiers réclament…

« C’est le matin que les pro­fes­seurs et les poli­ciers réclament, que les phi­lo­sophes ont exal­té depuis deux siècles, le matin de l’uniformité, du réflexe condi­tion­né, du meilleur des mondes, de l’ordre abso­lu, de la réa­li­té éga­li­taire, de la gri­saille, de la réac­tion uni­forme à un sti­mu­lus uni­forme, le matin où une cloche qui tin­te­ra fera prendre aux mou­tons le che­min du pâtu­rage. C’est aus­si le matin pour la venue duquel nous prions dans nos orga­ni­sa­tions indus­trielles, dans nos fermes col­lec­tives, dans nos conciles ecclé­sias­tiques, dans nos sys­tèmes de gou­ver­ne­ment, dans nos rap­ports entre États, dans nos nobles demandes d’un gou­ver­ne­ment mon­dial. C’est le matin auquel nous aspi­rons lorsque nous for­mu­lons la prière d’être un jour tous les mêmes. C’est le matin contre la venue duquel, qu’ils le sachent ou non, les jeunes élèvent leur pro­tes­ta­tion. Et c’est un matin, il faut l’espérer, qui ne vien­dra jamais. »

Robert Ardrey
La loi natu­relle, édi­tions Stock, 1971

À propos de l'auteur

Robert Ardrey, né le 16 octobre 1908 et mort à Kalk Bay le 14 janvier 1980, est un écrivain, auteur dramatique, scénariste et paléoanthropologue américain. Ses pièces les plus connues sont Thunder Rock et Shadow of Heroes se rapportant à l'invasion de la Hongrie. Il devient un scénariste à Hollywood, particulièrement remarqué pour ses scripts de films parmi lesquels Madame Bovary, Khartoum et Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse. Il effectue de nombreux voyages en Afrique dont il tire les ouvrages African Genesis (Les Enfants de Caïn), The Territorial Imperative, The Social Contract, et The Hunting Hypothesis, qui ont eu une énorme influence et ont particulièrement fait progresser notre connaissance de la vie humaine. La thèse développée par Robert Ardrey dans African Genesis, selon laquelle l'histoire de la civilisation humaine apparaît comme une histoire de l'art de tuer, a inspiré Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick pour l'écriture du scénario du film 2001, l'Odyssée de l'espace. Il a appartenu au comité de patronage de Nouvelle École.
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L’esprit est content avec des phrases…

« L’esprit est content avec des phrases, le corps c’est pas pareil, il est plus dif­fi­cile lui, il lui faut des muscles. C’est quelque chose de tou­jours vrai un corps, c’est pour cela que c’est presque tou­jours triste et dégoû­tant à regarder. »

Louis-Fer­di­nand Céline
Voyage au bout de la nuit (1932), édi­tions Gal­li­mard, coll. « Folio », 1972

Quand on sera au bord du trou faudra pas faire les malins…

« La grande défaite, en tout, c’est d’oublier, et sur­tout ce qui vous a fait cre­ver, et de cre­ver sans com­prendre jamais jusqu’à quel point les hommes sont vaches. Quand on sera au bord du trou fau­dra pas faire les malins nous autres, mais fau­dra pas oublier non plus, fau­dra racon­ter tout sans chan­ger un mot, de ce qu’on a vu de plus vicieux chez les hommes et puis poser sa chique et puis des­cendre. Ça suf­fit comme bou­lot pour une vie toute entière. »

Louis-Fer­di­nand Céline
Voyage au bout de la nuit (1932), édi­tions Gal­li­mard, coll. « Folio », 1972

Il vaut la peine d’admirer aussi ce point de l’œuvre de Lycurgue…

« Il vaut la peine d’admirer aus­si ce point de l’œuvre de Lycurgue : il est par­ve­nu à impo­ser dans la cité que la belle mort est pré­fé­rable à la vie hon­teuse ; et en effet, si on pro­cé­dait à un exa­men pré­cis, on trou­ve­rait qu’il en meurt moins par­mi les tenants de cette mort que par­mi ceux qui ont choi­si de s’éloigner du lieu effrayant. A dire vrai, le salut accom­pagne la ver­tu pour un temps plus long qu’il n’accompagne la lâche­té ; et en effet, la ver­tu est plus aisée, plus agréable, plus fer­tile et plus solide. »

Xéno­phon
Consti­tu­tion des Lacé­dé­mo­niens, trad. Michel Case­vitz, édi­tions Les Belles Lettres, 2008

Dans les autres cités, chaque fois que surgit un lâche…

« Dans les autres cités, chaque fois que sur­git un lâche, il a juste l’appellation de lâche et le lâche va sur l’agora, siège et s’exerce au même endroit que le brave, s’il le veut ; à Lacé­dé­mone, cha­cun rou­gi­rait d’avoir le lâche pour com­men­sal, de l’avoir pour com­pa­gnon d’exercices à la lutte. »

Xéno­phon
Consti­tu­tion des Lacé­dé­mo­niens, trad. Michel Case­vitz, édi­tions Les Belles Lettres, 2008

Je ne pense pas que même le Pouvoir…

« Je ne pense pas que même le Pou­voir ou la Domi­na­tion soit le véri­table centre de mon his­toire. Cela four­nit le thème de la Guerre, d’une chose suf­fi­sam­ment sombre et mena­çante pour paraître d’une impor­tance extrême, à cette époque ; mais il s’agit avant tout d’un cadre” per­met­tant aux per­son­nages de se révé­ler. Le véri­table thème, pour moi, est lié à quelque chose de beau­coup plus intem­po­rel et dif­fi­cile : la Mort et l’Immor­ta­li­té : le mys­tère de l’amour du monde dans le cœur d’un peuple condam­né” à le quit­ter et à le perdre (appa­rem­ment). »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n° 186, édi­ter par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

Mes opinions politiques penchent de plus en plus vers l’Anarchie…

« Mes opi­nions poli­tiques penchent de plus en plus vers l’Anar­chie (au sens phi­lo­so­phique, dési­gnant l’abolition du contrôle, non pas des hommes mous­ta­chus avec des bombes) – ou vers la Monar­chie non consti­tu­tion­nelle”. J’arrêterais qui­conque uti­lise le mot État (dans un sens autre que le domaine inani­mé qui recouvre l’Angleterre et ses habi­tants, chose qui n’a ni pou­voir, ni droits, ni esprit) ; et après lui avoir lais­sé une chance de se rétrac­ter, l’exécuterais s’il s’obstinait ! »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n° 52, édi­ter par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

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