Aller au contenu
Un projet de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne
CITATIO

Citations sur la force

Nous vivions dans l’insolence de notre force et fréquentions la table des puissants…

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre, 2017

« Nous vivions dans l’insolence de notre force et fréquentions la table des puissants de ce monde. […] Il est des temps de décadence, où s’efface la forme en laquelle notre vie profonde doit s’accomplir. Arrivés dans de telles époques, nous vacillons et trébuchons comme des êtres à qui manque l’équilibre. Nous tombons de la joie obscure à la douleur obscure, le sentiment d’un manque infini nous fait voir pleins d’attraits l’avenir et le passé. Nous vivons ainsi dans des temps écoulés ou dans des utopies lointaines, cependant que l’instant s’enfuit. Sitôt que nous eûmes conscience de ce manque, nous fîmes effort pour y parer. Nous languissions après la présence, après la réalité, et nous serions précipités dans la glace, le feu ou l’éther pour nous dérober à l’ennui. Comme toujours, là où le doute s’accompagne de plénitude, nous fîmes confiance à la force, et n’est-elle pas l’éternel balancier qui pousse en avant les aiguilles, indifférente au jour et à la nuit ? Nous nous mîmes donc à rêver de force et de puissance, et des formes qui, s’ordonnant intrépidement, marchent l’une sur l’autre dans le combat de la vie, prêtes au désastre comme au triomphe. »

Ernst Jünger Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L'Imaginaire, 2017

Partager sur X

Référence de la citation

Auteur
Ernst Jünger (1895-1998)
Édition citée
(Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L'Imaginaire, 2017

Source contrôlée. Citation vérifiée sur l’édition citée et relue avant publication.Signaler une erreur

Dans le même livre

Autres citations de Sur les falaises de marbre

Quand du haut de notre siège…

« « Quand du haut de notre siège élevé nous regardions les séjours que l’homme a bâtis pour y cacher sa vie, son bonheur, ses nourritures, ses religions, alors tous les siècles fondaient à nos yeux en une seule réalité. Et les morts, comme si les tombes s’étaient ouvertes, surgissaient invisiblement. Ils nous environnent… »

Ernst Jünger Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L'Imaginaire, 2017

Les plus beaux présents…

« Les plus beaux présents des dieux sont gratuits. »

Ernst Jünger Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L'Imaginaire, 2017

Telles sont les caves au-dessus desquelles s’élèvent les fiers châteaux…

« Telles sont les caves au-dessus desquelles s’élèvent les fiers châteaux de la tyrannie et c’est au-dessus d’elles que nous voyons monter l’encens de leurs fêtes : puantes cavernes d’un genre sinistre, où de toute éternité l’engeance réprouvée se délecte lugubrement à souiller la liberté et la dignité humaine. »

Ernst Jünger Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L'Imaginaire, 2017

Soutenir CITATIO

Un travail long et exigeant, que vous pouvez nous aider à poursuivre

Nous menons un travail long et exigeant afin d’assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût, que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.

Faire un don