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Thème

Citations d’un auteur français

Lorsqu’on pense aux moyens chaque fois plus puissants…

« Lors­qu’on pense aux moyens chaque fois plus puis­sants dont dis­pose le sys­tème, un esprit ne peut évi­dem­ment res­ter libre qu’au prix d’un effort conti­nuel. Qui de nous peut se van­ter de pour­suivre cet effort jus­qu’au bout ? Qui de nous est sûr, non seule­ment de résis­ter à tous les slo­gans, mais aus­si à la ten­ta­tion d’op­po­ser un slo­gan à un autre ? »

Georges Ber­na­nos
La France contre les robots, 1946, édi­tions Robert Laf­font, 1947, Le Cas­tor Astral édi­teur, coll. Galaxie, 2017

La civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité…

« La Civi­li­sa­tion des Machines est la civi­li­sa­tion de la quan­ti­té oppo­sée à celle de la qua­li­té. Les imbé­ciles y dominent donc par le nombre, ils y sont le nombre. J’ai déjà dit, je dirai encore, je le répé­te­rai aus­si long­temps que le bour­reau n’aura pas noué sous mon men­ton la cra­vate de chanvre : un monde domi­né par la Force est un monde abo­mi­nable, mais le monde domi­né par le Nombre est ignoble. La Force fait tôt ou tard sur­gir des révol­tés, elle engendre l’esprit de Révolte, elle fait des héros et des Mar­tyrs. La tyran­nie abjecte du Nombre est une infec­tion lente qui n’a jamais pro­vo­qué de fièvre. Le Nombre crée une socié­té à son image, une socié­té d’êtres non pas égaux, mais pareils, seule­ment recon­nais­sables à leurs empreintes digitales. »

Georges Ber­na­nos
La France contre les robots, 1946, édi­tions Robert Laf­font, 1947, Le Cas­tor Astral édi­teur, coll. Galaxie, 2017

La discrimination est à l’origine l’action de distinguer des objets…

« La dis­cri­mi­na­tion, on rou­git de le rap­pe­ler, est à l’origine, et lit­té­ra­le­ment, l’action de dis­tin­guer des objets de pen­sée, ou de dis­cer­ner les choses les unes des autres. Il n’y a donc pas un pro­pos, dans quelque langue que ce soit, il n’y a pas une phrase issue d’une pen­sée un peu construite, qui ne soit, en son essence, dis­cri­mi­na­toire. La parole ne s’énonce que pour dis­tin­guer ou dif­fé­ren­cier. Toute opi­nion est un tri. Toute remarque, même la plus éva­sive, com­mence par écar­ter ce dont elle ne parle pas et que, par consé­quent, elle dis­cri­mine”. »

Phi­lippe Muray
Causes tou­jours, édi­tions Des­cartes & Cie, 2013

Nous nous sauverons physiquement, en accordant de nouveau à la nature…

« Nous nous sau­ve­rons phy­si­que­ment, en accor­dant de nou­veau à la nature le res­pect que l’on doit à ce dont on est indis­so­cia­ble­ment lié. Nous nous sau­ve­rons spi­ri­tuel­le­ment, en retrou­vant notre capa­ci­té d’émerveillement, voie royale à la per­cep­tion d’un monde plu­riel et enchan­té où reten­ti­ra de nou­veau le rire des faunes. »

Éric Gro­lier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

À cette heure où les enfants sont couchés…

« À cette heure où les enfants sont cou­chés et cessent de veiller sur les adultes, dans un mil­lion deux cent mille de ces loge­ments – je le sais parce qu’on m’en fait le rap­port triom­phant chaque matin –, des gens se salissent l’âme devant leur poste de télé­vi­sion. Ils se souillent d’images qui les désho­norent et qui ont été com­man­dées, exé­cu­tées, inter­pré­tées, fil­mées, pro­gram­mées, annon­cées, dif­fu­sées par des misé­rables à mon ser­vice. Les mêmes images, au même ins­tant, col­lec­ti­ve­ment cap­tées par des mil­lions de regards. La mul­ti­tude. Ain­si la marque-t-on au fer, comme du bétail, mais d’un seul coup. »

Jean Ras­pail
Sire, Édi­tions de Fal­lois, 1991

La vraie camaraderie…

« La vraie cama­ra­de­rie a besoin pour se fon­der, sans doute d’un tra­vail com­mun, de quelques espé­rances com­munes, voire de quelques dan­gers com­muns. Elle a besoin aus­si de sym­pa­thie, de gaie­té et de ne pas se prendre au sérieux. Nous avons eu tout cela, nous l’avons eu avec encore la jeu­nesse auprès de nous, dans un monde de plus en plus chan­geant, où notre cama­ra­de­rie nous parais­sait jus­te­ment un des rares points fixes. »

Robert Bra­sillach
Notre avant-guerre, édi­tions Plon, 1941, édi­tions Gode­froy de Bouillon, 2012

Je les ai vus, Monsieur le Ministre…

« – Je les ai vus, Mon­sieur le Ministre. Le frère, la sœur et trois gar­çons avec des visages d’ancien temps.
– Que vou­lez-vous dire par là ?
– Le REGARD. Chez les ado­les­cents d’au­jourd’­hui, on ne trouve plus de regards comme cela, heureusement.
– Pré­ci­sez, je vous prie.
– Je n’aime pas ce mot mais je n’en trouve pas d’autre. La PURETÉ. Ces trois-là res­semblent à l’autre. Une lim­pi­di­té de regard à vous dégoû­ter à jamais d’être né. »

Jean Ras­pail
Sire, Édi­tions de Fal­lois, 1991

Les rats ne lâcheront pas le fromage…

« Eh oui ! Pour tou­jours. Les rats ne lâche­ront pas le fro­mage occi­dent” qu’après l’avoir dévo­ré en entier et comme il était de grasse et belle taille, ce n’est pas pour demain. Ils y sont encore. »

Jean Ras­pail
Le Camp des saints, édi­tions Robert Laf­font, 1973

C’est le mot vérité qui compte…

« C’est le mot véri­té” qui compte. Nous vivons une époque où seule la véri­té fait peur. C’est un mot mys­té­rieux. On ne sait pas ce qu’il cache. On ne veut pas savoir. On l’évite. Mais il fait peur. Et le moment venu, chez les peuples sains, il se trouve par­fois un nombre suf­fi­sant de types qui ont tel­le­ment la trouille qu’ils se retournent au lieu de s’enfuir et font face à leur peur et lui courent des­sus pour en détruire la cause. C’est ce que j’espère. Sans trop y croire. Pen­sez-vous que ce pays soit encore un pays sain ? »

Jean Ras­pail
Le Camp des saints, édi­tions Robert Laf­font, 1973

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