« Le corps humain pourrait bien n’être qu’une apparence. Il cache notre réalité. Il s’épaissit sur notre lumière ou sur notre ombre. La réalité c’est l’âme. »
Victor Hugo
Les Travailleurs de la mer, Émile Testard éditeur, 1891
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« Le corps humain pourrait bien n’être qu’une apparence. Il cache notre réalité. Il s’épaissit sur notre lumière ou sur notre ombre. La réalité c’est l’âme. »
Victor Hugo
Les Travailleurs de la mer, Émile Testard éditeur, 1891
« “S’adapter” est le nom que l’impuissance donne à l’action. “Sens de l’Histoire” est le nom que des dirigeants incapables donnent au mouvement qu’ils ne savent empêcher. Ainsi s’épargnent-ils la charge de veiller tendrement sur les héritages de l’Histoire. »
Sylvain Tesson
Blanc, éditions Gallimard, 2022
« Le nouvel ordre productif a institué la permanence de l’impermanent. La requête du “changement” a fini par affoler les hommes. En quelques décennies, l’organisation globale a érigé “l’innovation” en dogme. Toujours plus, toujours différent, toujours ailleurs. De là, nécessité de vivre vite. Puisque tout se transforme, on sera toujours en retard. Alors, sous la menace de l’obsolescence, le résultat ne sera jamais satisfaisant : frustration, ressentiment, violence. La requête de la “mise à jour” numérique transposée dans le champ anthropologique fait de l’Histoire une valse musette avec substitution de cavalier à chaque mesure. »
Sylvain Tesson
Blanc, éditions Gallimard, 2022
« C’était un Polonais du temps de Sobieski. Il en eût porté héroïquement le carquois d’or. Sa violence, qui ressemblait à certains coups de vent dans les steppes, paraissait excessive et même un peu folle dans un pays de sens rassis, de ce bon sens normand, tout-puissant et calme, que l’on peut appeler stator, comme Jupiter ! (…) Il avait besoin de sentir battre sur ses sveltes jambes d’Hippolyte le sabre courbe avec lequel ses pères maternels coupaient la figure des Pachas, et il n’y sentait jamais que le fouettement de sa cravache, rêveuse ou forcenée. De double race militaire, il aspirait l’odeur des combats dans le tonique parfum des bois et la poudre de son fusil de chasse, mais il pouvait croire qu’il ne la respirerait jamais mieux. »
Jules Barbey d’Aurevilly
Un prêtre marié, 1865, éditions Gallimard, coll. Le Livre de poche, 1964
« Personne, je demande pardon au lecteur d’employer une expression un peu vulgaire et qui commençait alors à prendre une grande vogue, personne ne blaguait mieux que lui. Son esprit vif, actif et plein d’à‑propos, ne lui faisait jamais défaut pour l’attaque ou pour la riposte. Je me rappelle même à ce sujet une réponse qu’il adressa à un capitaine anglais.
Ce dernier prétendait que les Français, ce qui au reste était assez vrai pour Surcouf, ne se battaient jamais que pour de l’argent, tandis que les Anglais, disait-il, ne combattaient que pour l’honneur et pour la gloire !
— Eh bien ! qu’est-ce que cela prouve, lui répondit le Malouin, sinon une chose, que nous combattons chacun pour acquérir ce qui nous manque ? »
Ambroise Louis Garneray
Voyages, aventures et combats, Alphonse Lebègue, Imprimeur-éditeur, 1851
« On dit que les nouveautés ont toujours suscité de ces réserves et de ces récriminations. On demande – imprudemment à mon avis – ce que nous serions devenus si le progrès n’était passé outre ces timidités et avait renoncé au chemin de fer ou à la télévision ; on cite Galilée et Pasteur, la loi inéluctable du devenir, “ainsi qu’il en fut toujours”, etc. Je ne discuterai pas maintenant ces sophismes : je ne parle pas de ce que les choses ont changé, mais de ce qu’elles ont disparu ; de ce que la raison marchande a détruit entièrement notre monde pour s’installer à la place. »
Baudouin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes (1996), Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2008
« Le passé n’a plus de présent parmi nous : l’usurpation marchande ne le supportait pas vivant, habité avec du linge aux fenêtres, qui la contredisait toujours : campagnes enchantées du temps de la traction animale, mœurs et usages curieux de ces contrées lointaines peintes à la main, quartiers perdus, rues pensives, paisibles maisons d’avant l’électricité, chansons qu’on chante, profusion des siècles ; qui ne sont plus et qui ne reviendront jamais : jetés tout vivants qu’ils furent dans la chaudière du progrès. »
Baudouin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes (1996), Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2008
« Quiconque tremble une seconde laisse peut-être échapper l’appât que, pendant cette seconde justement, la fortune lui tendait. »
Alexandre Dumas
Les Trois Mousquetaires, J.-B. Fellens et L.-P. Dufour éditeurs, 1849
« Battez-vous à tout propos ; battez-vous, d’autant plus que les duels sont défendus, et que, par conséquent, il y a deux fois du courage à se battre. »
Alexandre Dumas
Les Trois Mousquetaires, J.-B. Fellens et L.-P. Dufour éditeurs, 1849
« C’est par son courage, entendez-vous bien, par son courage seul, qu’un gentilhomme fait son chemin aujourd’hui. »
Alexandre Dumas
Les Trois Mousquetaires, J.-B. Fellens et L.-P. Dufour éditeurs, 1849
« Si le conte débute par la formule consacrée “il était une fois”, ce qui le place dans une temporalité imaginaire, il se garde bien de dire “il était n’importe où” : comment se fait-il que nous reconnaissions d’emblée les paysages des contes comme étant nôtres ? Les héros se perdent en forêt ou sur la lande, traversent des fleuves et côtoient des étangs poissonneux, quittent leur pauvre chaumière et parviennent, parfois, dans de somptueux palais. Autant de lieux qui, sans être jamais nommés, nous sont familiers : Brocéliande, la Sologne, les rives du Rhin, Chambord… »
Anne-Laure Blanc
Le conte, lointaine mémoire et permanence vivante, 3e colloque annuel de l’Institut Iliade, 18 mars 2017