L’enracinement implique une dimension communautaire et organique…

« L’enra­ci­ne­ment implique une dimen­sion com­mu­nau­taire et orga­nique, mais, aus­si, la conscience d’un héri­tage à faire fruc­ti­fier, donc, la mémoire d’une dette à l’endroit de ceux qui nous ont pré­cé­dés : l’homme se pense lui-même comme un débi­teur, non un créan­cier, un homme de devoirs avant d’être un sujet de droits. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Que nos devoirs soient en même temps nos plaisirs…

« Ce qui est sûre­ment la meilleure façon de don­ner au devoir une bonne trempe : que nos devoirs soient en même temps nos plai­sirs, que nos plai­sirs soient en même temps nos risques… »

Hen­ry de Montherlant
Le Sol­stice de juin, édi­tions Gras­set, 1941, édi­tions Gal­li­mard, coll. Blanche, 1977

Faire passer son devoir avant ses passions…

« Faire pas­ser son devoir avant ses pas­sions ; ses pas­sions, avant ses inté­rêts. Accom­plir de bonnes actions” pour gagner son salut, c’est encore ser­vir ses inté­rêts. Faire ce qu’on doit, non ce qu’on aime. Mais cela néces­site un appren­tis­sage : l’homme a besoin de règles pour se bâtir parce qu’il est per­pé­tuel­le­ment mal­léable. Le tra­vail comme ser­vice, le devoir comme destin. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Il est bon de se souvenir de son ascendance céleste…

« Ain­si, phi­lo­so­phie antique, mythe et reli­gion s’accordent pour recon­naître à l’homme une ori­gine divine qui implique de sa part des égards, des devoirs : durant son exis­tence ter­restre il devra répondre d’elle, en témoi­gner. Mais il peut tout autant la renier, s’en détour­ner et se conten­ter de n’être qu’un mor­tel […] Il est bon de se sou­ve­nir de son ascen­dance céleste. Non pour s’en van­ter, mais afin de recou­vrer notre état sei­gneu­rial. Tel est le sens du retour, de la patience remon­tée. Les ver­tus en consti­tuent les plus solides échelons. »

Jac­que­line Kelen
Le jar­din des ver­tus, édi­tions Sal­va­tor, 2019

Sens de la hiérarchie et volonté de pérennité…

« Sens de la hié­rar­chie et volon­té de péren­ni­té. Ces deux traits suf­fisent à décrire l’entreprise comme une ins­ti­tu­tion tran­chant radi­ca­le­ment avec la pro­pen­sion actuelle à l’avachissement et à la dissolution. »

Phi­lippe Schleiter
Mana­ge­ment, le grand retour du réel, VA Press édi­tions, 2017

Être gai, savoir l’être au plus âcre des souffrances du corps…

« Être gai, savoir l’être au plus âcre des souf­frances du corps, le res­ter lorsque la dévas­ta­tion et la mort frappent dure­ment auprès de vous, tenir bon à ces assauts constants que mènent contre le cœur tous les sens sur­ex­ci­tés, c’est pour le chef un rude devoir, et sacré. Je ne veux point fer­mer mes sens pour rendre ma tâche plus facile. Je veux répondre à toutes les sol­li­ci­ta­tions du monde pro­di­gieux où je me suis trou­vé jeté, ne jamais esqui­ver les chocs quand ils devraient me démo­lir, et gar­der mal­gré tout, si je puis, cette belle humeur bien­fai­sante vers laquelle je m’ef­force comme à la conquête d’une ver­tu. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

L’ardente volonté de réussir me possède…

« Je cours, pen­dant que les balles sifflent à mes oreilles et font jaillir la boue autour de mes jambes. À cette minute encore, je me sens sou­le­vé, jeté en avant par une force qui n’est plus en moi : il faut trou­ver le com­man­dant de la bri­gade, lui par­ler, pro­vo­quer l’ordre néces­saire. Je ne mesure pas le poids de ma res­pon­sa­bi­li­té ; mais je la sens lourde, et l’ar­dente volon­té de réus­sir me pos­sède tout entier. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

Quelle peine a frappé le mot courage…

« En pas­sant du sin­gu­lier au plu­riel, le trio célèbre, amours, délices et orgues, change de sexe et devient fémi­nin. D’autres se dégradent pro­fon­dé­ment. Les hon­neurs ont peu à voir avec l’hon­neur, les devoirs avec le devoir, les droits avec le droit, les espé­rances, lan­gage des notaires de Labiche, avec l’es­pé­rance qui est la volon­té d’es­poir quand il n’y a pas d’es­poir. Il y a des objets per­dus, des sol­dats per­dus, des enfants per­dus. Il y a aus­si des mots per­dus. Quelle peine a frap­pé le mot cou­rage ? »

Jean-Fran­çois Deniau
His­toires de cou­rage, édi­tions Plon, 2000

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