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Citations sur la bourgeoisie

Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent…

« Vieux bureau­crate, mon cama­rade ici pré­sent, nul jamais ne t’a fait éva­der et tu n’en es point res­pon­sable. Tu as construit ta paix à force d’a­veu­gler de ciment, comme le font les ter­mites, toutes les échap­pées vers la lumière. Tu t’es rou­lé en boule dans ta sécu­ri­té bour­geoise, tes rou­tines, les rites étouf­fants de ta vie pro­vin­ciale, tu as éle­vé cet humble rem­part contre les vents et les marées et les étoiles. Tu ne veux point t’in­quié­ter des grands pro­blèmes, tu as eu bien assez de mal à oublier ta condi­tion d’homme. Tu n’es point l’ha­bi­tant d’une pla­nète errante, tu ne te poses point de ques­tions sans réponse : tu es un petit bour­geois de Tou­louse. Nul ne t’a sai­si par les épaules quand il était temps encore. Main­te­nant, la glaise dont tu es for­mé a séché, et s’est dur­cie, et nul en toi ne sau­rait désor­mais réveiller le musi­cien endor­mi ou le poète, ou l’as­tro­nome qui peut-être t’ha­bi­tait d’abord. »

Antoine de Saint-Exupéry
Terre des hommes, édi­tions Gal­li­mard, coll. Blanche, 1939, coll. Folio, 2024

La primauté du soldat se retrouve partout…

« La pri­mau­té du sol­dat se retrouve par­tout chez les Aztèques comme à Sparte. Les mar­chands s’y enri­chissent hon­teu­se­ment et en cachette. Leurs enfants ne peuvent se marier qu’entre eux : tan­dis que, dans le cor­tège du triomphe, le sol­dat marche à côté de l’Em­pe­reur, n’ayant que ses lau­riers et sa charrue. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

L’argent est le maître de l’homme d’État…

« Le monde moderne a créé une situa­tion nou­velle, nova ab inte­gro. L’argent est le maître de l’homme d’État comme il est le maître de l’homme d’affaires. Et il est le maître du magis­trat comme il est le maître du simple citoyen. Et il est le maître de l’État comme il est le maître de l’é­cole. Et il est le maître du public comme il est le maître du privé. »

Charles Péguy
Note conjointe sur M. Des­cartes et la phi­lo­so­phie car­té­sienne, 1914, in Œuvres com­plètes, Tome IX : Œuvres post­humes, édi­tions de la Nou­velle Revue Fran­çaise, 1924

Beaucoup de bourgeois bedonnants, émasculés par le commerce…

« Puis, un calme pro­fond, une attente épou­van­tée et silen­cieuse avait pla­né sur la cité. Beau­coup de bour­geois bedon­nants, émas­cu­lés par le com­merce, atten­daient anxieu­se­ment les vain­queurs, trem­blant qu’on ne consi­dé­rât comme une arme leurs broches à rôtir ou leurs grands cou­teaux de cuisine. »

Guy de Maupassant
Boule de suif, 1880, édi­tions Le Livre de Poche, 2000

La Grande Guerre, cette catastrophe européenne…

« Le XXème siècle, nous le savons, est mort en 1989. Il aura duré soixante-dix ans. Il avait vu le jour entre 1914 et 1918, fils de l’horreur et de l’imposture. La Grande Guerre”, cette catas­trophe euro­péenne, fut déclen­chée et conduite par des bar­bons très conve­nables au nom des valeurs éter­nelles” de la per­sonne humaine, du droit, de la patrie et de la civi­li­sa­tion. Des tue­ries sans nom, la liqui­da­tion de géné­ra­tions entières de jeunes hommes, la nais­sance à l’Est de la plus féroce et de la plus absurde des tyran­nies, la des­truc­tion d’équilibres sécu­laires irrem­pla­çables, le char­cu­tage inique des nations d’Europe cen­trale pour com­plaire aux uto­pies ou aux ambi­tions de vision­naires éga­rés, sans oublier l’enfantement, vingt ans plus tard, d’un nou­vel holo­causte pire encore, voi­là de quoi avait accou­ché l’ère bour­geoise triom­phante, héri­tière satis­faite de 1789. »

Domi­nique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Le romantisme s’oppose, avec l’énergie mélancolique du désespoir…

« Le roman­tisme s’oppose, avec l’énergie mélan­co­lique du déses­poir, à l’esprit quan­ti­fi­ca­teur de l’univers bour­geois, à la réi­fi­ca­tion mar­chande, à la pla­ti­tude uti­li­ta­riste et, sur­tout, au désen­chan­te­ment du monde. »

Michael Löwy
pré­face à Roman­tisme et cri­tique de la civi­li­sa­tion (Wal­ter Ben­ja­min), édi­tions Payot, 2010

Tout le mal est venu de la bourgeoisie…

« Car on ne sau­rait trop le redire. Tout le mal est venu de la bour­geoi­sie. Toute l’a­ber­ra­tion, tout le crime. C’est la bour­geoi­sie capi­ta­liste qui a infec­té le peuple. Et elle l’a pré­ci­sé­ment infec­té d’es­prit bour­geois et capitaliste.
Je dis expres­sé­ment la bour­geoi­sie capi­ta­liste et la grosse bour­geoi­sie. La bour­geoi­sie labo­rieuse au contraire, la petite bour­geoi­sie est deve­nue la classe la plus mal­heu­reuse de toutes les classes sociales, la seule aujourd’­hui qui tra­vaille réel­le­ment, la seule qui par suite ait conser­vé intactes les ver­tus ouvrières, et pour sa récom­pense la seule enfin qui vive réel­le­ment dans la misère. Elle seule a tenu le coup, on se demande par quel miracle, elle seule tient encore le coup, et s’il y a quelque réta­blis­se­ment, c’est que c’est elle qui aura conser­vé le statut. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ?…

« Que reste-t-il aujourd’­hui de tout cela ? Com­ment a‑t-on fait, du peuple le plus labo­rieux de la terre, et peut-être du seul peuple labo­rieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le tra­vail pour le tra­vail, et pour l’hon­neur, et pour tra­vailler, ce peuple de sabo­teurs, com­ment a‑t-on pu en faire ce peuple qui sur un chan­tier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’his­toire une des plus grandes vic­toires, et sans doute la seule, de la déma­go­gie bour­geoise intel­lec­tuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette vic­toire. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Je définirais une société civilisée en ces termes…

« Je défi­ni­rais une socié­té civi­li­sée en ces termes : celle où il y a inter­ac­tion d’une aris­to­cra­tie et d’un arti­sa­nat. (Je n’ai pas dit : une noblesse ; une bour­geoi­sie suf­fit, mais il la faut aris­to­crate.) Sans arti­sa­nat on n’a qu’une peu­plade peut-être struc­tu­rée mais à laquelle le terme civi­li­sée” ne s’ap­plique pas. Sans aris­to­cra­tie, on a ce que nous avons main­te­nant : des couches super­po­sées de semi-pro­fes­sion­nels cher­chant à gagner un maxi­mum de sous en un mini­mum d’heures. Cela non plus n’est pas une civilisation. »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

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