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Citations sur l'Occident

Le spectacle électoral se déroule essentiellement…

« Depuis main­te­nant plus de trente ans, dans tous les pays occi­den­taux, le spec­tacle élec­to­ral se déroule essen­tiel­le­ment sous le signe d’une alter­nance unique entre une gauche et une droite libé­rales qui, à quelques détails près, se contentent d’ap­pli­quer à tour de rôle le pro­gramme éco­no­mique défi­ni et impo­sé par les grandes ins­ti­tu­tions capi­ta­listes internationales. »

Jean-Claude Michéa
Les Mys­tères de la gauche. De l’i­déal des Lumières au triomphe du capi­ta­lisme abso­lu, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2013

Le courage civique a déserté non seulement le monde…

« Le cou­rage civique a déser­té non seule­ment le monde occi­den­tal dans son ensemble, mais même cha­cun des pays qui le com­posent, cha­cun de ses gou­ver­ne­ments, cha­cun de ses par­tis, ain­si que, bien enten­du, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du cou­rage est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible dans la couche diri­geante et dans la couche intel­lec­tuelle domi­nante, d’où l’impression que le cou­rage a déser­té la socié­té tout entière. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

L’Occident anglais et américain s’est toujours opposé…

« L’Oc­ci­dent anglais et amé­ri­cain s’est tou­jours oppo­sé à cette orga­ni­sa­tion ger­ma­no-russe des bas­sins flu­viaux centre-euro­péens, ceux du Rhin et du Danube. Car elle aurait per­mis un tra­fic pétro­lier sous­trait à leur contrôle mari­time en Médi­ter­ra­née. La pers­pec­tive de cette for­mi­dable syner­gie euro-russe était le cau­che­mar des puis­sances occi­den­tales. Elle explique bon nombre de tra­di­tions mili­ta­ro-diplo­ma­tiques anglaises et amé­ri­caines (…) »

Robert Steu­ckers
« Les impli­ca­tions géo­po­li­tiques des Accords de Munich en 1938, Allo­cu­tion de Robert Steu­ckers à la Com­mis­sion Géo­po­li­tique de la Dou­ma d’É­tat, Mos­cou, le 30 sep­tembre 1998 », Nou­velles de Syner­gies euro­péennes n°37, octobre-décembre 1998

Je n’ai jamais été attiré par l’absolutisme des religions monothéistes…

« Je me suis tou­jours ins­tinc­ti­ve­ment méfié du monde désen­chan­té ven­du par la socié­té occi­den­tale moderne comme l’étape ultime d’une libé­ra­tion per­son­nelle. D’un autre côté, je n’ai jamais été atti­ré par l’absolutisme des reli­gions monothéistes.
Chez les Kalash, j’ai décou­vert un paga­nisme jubi­la­toire, chaud et vivant, s’adressant au cœur et tou­chant l’âme. J’ai eu alors le regret sin­cère et pro­fond, que cette façon de voir et de vivre, qui était aus­si la nôtre de nom­breux siècles plus tôt, ait disparu. »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

C’est l’un des grands paradoxes de notre époque…

« C’est l’un des grands para­doxes de notre époque : le monde poli­tique se voit accu­sé d’a­voir confis­qué la sou­ve­rai­ne­té du peuple à son pro­fit, alors, et c’est beau­coup plus lourd de consé­quences, qu’il a renon­cé à l’exer­cer au pro­fit de pou­voirs ano­nymes tels que les mar­chés finan­ciers, les auto­ri­tés indé­pen­dantes, les juri­dic­tions, les experts, les bureau­crates de toutes sortes aux­quels per­sonne ne peut deman­der de comptes.
C’est un phé­no­mène sans pré­cé­dent qui touche toutes les démo­cra­ties occi­den­tales quelles que soient leurs ins­ti­tu­tions, une entre­prise de décons­truc­tion inédite : la dépo­li­ti­sa­tion de la socié­té et de l’é­co­no­mie par les nou­velles reli­gions et les nou­veaux caté­chismes de l’humanité. »

Hen­ri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, édi­tions Odile Jacob, 2019

L’intelligentsia occidentale semble céder…

« L’in­tel­li­gent­sia occi­den­tale semble céder une fois encore, mais avec une inten­si­té peut-être jamais atteinte, à l’illu­sion que l’homme aurait chan­gé au point que l’His­toire ne pour­rait plus être tra­gique, et qu’il y n’y aurait plus lieu dès lors de s’im­po­ser l’an­goisse du choix, ni de se pré­oc­cu­per d’autres choses que de recher­cher sa propre satisfaction.
Le temps du tra­gique pas­sé, voi­ci celui de la jouis­sance sans entrave, de la jouis­sance comme seule et unique réponse à toute ques­tion exis­ten­tielle. Mais jouis­sance égoïste qui n’est à la por­tée que du petit nombre qui a les moyens de s’ex­traire de la dure­té de la vie. La frus­tra­tion des autres, du plus grand nombre, mon­tre­ra peut-être demain que le tra­gique n’ap­par­tient pas du tout à un pas­sé révolu. »

Hen­ri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, édi­tions Odile Jacob, 2019

Mais est-ce si différent en Occident où règne la religion de la consommation effrénée…

« Mais est-ce si dif­fé­rent en Occi­dent où règne la reli­gion de la consom­ma­tion effré­née, où tout est sacri­fié au mythe rava­geur de la crois­sance, où les popu­la­tions sont trom­pées par des concepts creux des­ti­nés à rendre sup­por­table le grand sui­cide qui consiste à pres­su­rer la Terre à outrance ? »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

Les théories de Hobbes sont à l’origine de toutes les théories de la table rase…

« Les théo­ries de Hobbes sont à l’origine de toutes les théo­ries de la table rase qui, sous des formes diverses, se suc­cèdent en Occi­dent depuis trois cents ans. L’humanité, ses socié­tés, ses géné­ra­tions suc­ces­sives sont des tabu­las rasas, des tablettes de cire sur les­quelles le temps a écrit des his­toires, des concep­tions du monde et des pra­tiques sociales. On pour­rait, en chauf­fant un peu la tablette, faire fondre la cire qui rede­vien­drait lisse, rase” et donc vierge, et l’on pour­rait donc écrire des­sus, en toute liber­té, un nou­veau droit, de nou­velles socié­tés, un homme nou­veau. Du pas­sé fai­sons table rase”, dit l’Internationale. Ces théo­ries sont l’origine du construc­ti­visme poli­tique, de la théo­rie des consti­tu­tions poli­tiques modernes et de la pré­ten­tion à rompre avec une nature et des héri­tages. Dans le temps pré­sent, la table rase sous-tend l’i­déo­lo­gie immi­gra­tion­niste puisque rien, dans cette concep­tion, n’empêche de voir des indi­vi­dus allo­gènes s’agréger libre­ment et de plein droit au contrat social, per­pé­tuel­le­ment ouvert” sur un ave­nir à construire ensemble par accord mutuel. »

Lio­nel Rondouin
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

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