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Citations sur l'immortalité
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante…
« La Flamme.
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante, mais une réalité. Une réalité aussi tangible que la dureté de cette pierre ou ce souffle de vent. Le symbole du solstice est que la vie ne peut pas mourir. Nos ancêtres croyaient que le soleil n’abandonne pas les hommes et qu’il revient chaque année au rendez-vous du printemps.
Nous croyons avec eux, que la vie ne meurt pas et que par-delà la mort des individus, la vie collective continue.
Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dressant aujourd’hui, en affirmant que nous voulons rester ce que nous sommes, que demain pourra venir.
Nous portons en nous la flamme. La flamme pure de ce feu de foi. Non pas un feu de souvenir. Non pas un feu de piété filiale. Mais un feu de joie et de gravité qu’il convient d’allumer sur notre terre. Là nous voulons vivre et remplir notre devoir d’hommes sans renier aucune des particularités de notre sang, notre histoire, notre foi entremêlés dans nos souvenirs et dans nos veines…
Ce n’est pas la résurrection d’un rite aboli. C’est la continuation d’une grande tradition. D’une tradition qui plonge ses racines au plus profond des âges et ne veut pas disparaître. Une tradition dont chaque modification ne doit que renforcer le sens symbolique. Une tradition qui peu à peu revit. »
Jean Mabire
Les Solstices, Histoire et actualité, éditions Le Flambeau, 1991
Nous devons compenser la condition d’une nature mortelle…
« Nous devons compenser la condition d’une nature mortelle par la succession ininterrompue des générations, comme ces flambeaux qu’on se passe de main en main, afin que le seul avantage par où notre sort est inférieur aux dieux, l’immortalité, nous l’assurions en nous remplaçant les uns après les autres. »
L’empereur Auguste
Cité par Dominique Venner, Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
L’histoire est créatrice de sens…
« L’histoire est créatrice de sens. À l’éphémère de la condition humaine, elle oppose le sentiment d’éternité des générations et des traditions. En sauvant de l’oubli le souvenir des pères, elle engage l’avenir. Elle accomplit un désir de postérité inhérent aux hommes, le désir de survivre à sa propre mort. Ce désir a pour objet la mémoire des générations futures. C’est en espérant y laisser une trace que l’on s’efforce de forger l’avenir. Avec la perpétuation d’une lignée, cela fut l’un des moyens conçus par nos ancêtres pour échapper au sentiment de leur propre finitude. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, 2002
Rien n’est plus doux que la patrie…
« Rien n’est plus doux que la patrie, dit un commun proverbe. Est-il en effet rien de plus aimable, de plus auguste, de plus divin ? Seulement, tout ce que les hommes regardent comme divin et auguste, n’est tel qu’en raison de la patrie, cause et maîtresse souveraine, qui donne à chacun la naissance, la nourriture et l’éducation. On peut admirer la grandeur, la beauté et la magnificence des autres cités ; mais on ne chérit que celle où l’on a reçu le jour ; et, de tous les voyageurs qu’entraîne le plaisir de voir un spectacle agréable, il n’en est aucun qui se laisse séduire par les merveilles qu’il trouve chez les autres peuples, au point d’oublier entièrement le lieu de sa naissance.
[…] C’est dans la patrie que chacun de nous a vu d’abord luire le soleil. Ce dieu, généralement adoré de tous les hommes, est encore en particulier le dieu de leur patrie ; sans doute parce que c’est là qu’ils ont commencé à jouir de son aspect, articulé les premiers sons, répété le langage de leurs parents, appris à connaître les dieux. Si la patrie que le sort nous a donnée est telle que nous ayons besoin d’aller puiser ailleurs une éducation plus relevée, c’est encore à elle que nous devons savoir gré de cette éducation, puisque sans elle nous n’eussions pas connu le nom de cette ville ; nous ne nous serions pas doutés de son existence.
Si l’on veut bien comprendre l’attachement que de bons citoyens doivent avoir pour la patrie, il faut s’adresser à ceux qui sont nés dans un autre pays. Les étrangers, comme des enfants illégitimes, changent facilement de séjour ; le nom de patrie, loin de leur être cher, leur est inconnu. Partout où ils espèrent se procurer plus abondamment de quoi suffire à leurs besoins, ils s’y transportent, et mettent leur bonheur dans la satisfaction de leurs appétits. Mais ceux pour qui la patrie est une mère, chérissent la terre qui les a nourris, fût-elle petite, âpre, stérile. S’ils ne peuvent en louer la fertilité, ils ne manqueront pas d’autre matière à leurs éloges. Entendent-ils d’autres peuples louer, vanter leurs vastes prairies émaillées de mille fleurs, ils n’oublient point de louer aussi le lieu de leur naissance, et, dédaignant la contrée qui nourrit les coursiers, ils célèbrent le pays qui nourrit la jeunesse.
Oui, tous les hommes s’empressent de retourner dans leur patrie, jusqu’à l’insulaire, qui pourrait jouir ailleurs de la félicité ; il refuse l’immortalité qui pourrait lui est offerte, il préfère un tombeau dans la terre natale, et la fumée de sa patrie lui paraît plus brillante que le feu qui luit dans un autre pays.
La patrie est donc pour tous les hommes un bien si précieux, que partout les législateurs ont prononcé contre les plus grands crimes, comme la peine la plus terrible, l’exil. Et il n’y a pas que les législateurs qui pensent ainsi : les chefs d’armée qui veulent entraîner leurs troupes rangées pour la bataille, ne trouvent rien à leur dire que ces mots : « Vous combattez pour votre pays ! » Il n’y a personne qui, en les entendant, veuille être lâche ; et le soldat timide se sent du cœur au nom de la patrie. »
Lucien de Samosate
v. 120 – 180
Les hommes comme les étoiles reçoivent à leur naissance…
« Les hommes comme les étoiles reçoivent à leur naissance un gisement intérieur. Ils puiseront dedans et convertiront leurs ressources en actes, en paroles, en pensée, en œuvre d’art. Et comme les étoiles, certains hommes se révéleront plus brillants que d’autres. Et comme les étoiles, le souvenir de certains hommes nous parviendra bien après leur mort. »
Sylvain Tesson
Éloge de l’énergie vagabonde, éditions des Equateurs, 2007
Une société sans croyance forte est une société qui meurt…
« Une société sans croyance forte est une société qui meurt. »
Régis Debray
Entretien avec J.P. Enthoven in Le Nouvel observateur, 10 octobre 1981
Mais ici est mon berceau ; ici est la sépulture de…
« Mais ici est mon berceau ; ici est la sépulture de tous mes disparus, sereins à l’ombre des croix celtes, de pierre massive et lourde de signification. C’est ici que je dois revenir toujours, fille prodigue aux semelles légères. »
Claudine Vincenot
Confidences des deux rivages, éditions Anne Carrière, 1999
Je m’avançais vers Athènes avec une espèce de plaisir qui…
« Ce n’est pas dans le premier moment d’une émotion très vive que l’on jouit le plus de ses sentiments. Je m’avançais vers Athènes avec une espèce de plaisir qui m’ôtait le pouvoir de la réflexion ; non que j’éprouvasse quelque chose de semblable à ce que j’avais senti à la vue de Lacédémone. Sparte et Athènes ont conservé jusque dans leurs ruines leur différent caractère : celles de la première sont tristes, graves, solitaires, celle de la seconde sont riantes, légères, habitées. À l’aspect de la patrie de Lycurgue, toutes les pensées deviennent sérieuses, mâles et profondes ; l’âme fortifiée semble s’élever et s’agrandir. Devant la ville de Solon, on est comme enchanté par les prestiges du génie ; on a l’idée de l’homme considéré comme un être intelligent et immortel. Les sentiments de la nature humaine prenaient à Athènes quelque chose d’élégant qu’ils n’avaient point à Sparte. L’amour de la patrie et de la liberté n’étaient point pour les Athéniens un instinct aveugle mais un sentiment éclairé, fondé sur ce goût du beau dans tous les genres que le ciel leur avait si libéralement départi ; enfin, en passant des ruines de Sparte aux ruines d’Athènes je sentis que j’aurais voulu mourir avec Léonidas et vivre avec Périclès. »
François-René de Chateaubriand
Itinéraires de Paris à Jérusalem, en passant par la Grèce, et en revenant par l’Égypte, la Barbarie et l’Espagne, 1811, éditions Gallimard, coll. Folio classique, 2005
L’âme qui habite aujourd’hui en moi est faite de parcelles…
« L’âme qui habite aujourd’hui en moi est faite de parcelles qui survécurent à des milliers de morts. »
Maurice Barrès
Un homme libre, 2ème partie de la série Le culte du moi, 1889
Non, chère âme, n’aspire pas à la vie immortelle…
« Non, chère âme, n’aspire pas à la vie immortelle, épuise plutôt le champ du possible. »
Pindare
IIIe Pythique, Ve siècle av. notre ère. Les Pythiques, texte établi et traduit par Aimé Puech, CUF, éditions Les Belles Lettres, 1922
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