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Citations sur l'héritage
Une fois de plus, la monarchie se révèle être…
« Une fois de plus, la monarchie se révèle être, en creux, d’une modernité criante face aux problèmes actuels. De fait, le roi n’est l’homme d’aucun parti, d’aucun lobby, notamment financier, puisqu’il ne doit son trône à personne si ce n’est à sa naissance et à la providence. »
Louis-Alphonse de Bourbon
« Que Pâques soit un moment d’espérance individuelle et de renouveau social », Marianne, 7 avril 2023
L’ordre public, la santé publique, sont intéressés…
« L’ordre public, la santé publique, sont intéressés à ce que les sentiments religieux s’épanouissent dans des cadres fermement établis sous une discipline et une hiérarchie. Et j’ajoute qu’en France la religion ne peut recevoir cette discipline salutaire et nécessaire que de Rome. »
Maurice Barrès
Mes Cahiers, tome 10, 1913– 1914, Plon, 1936
Une métaphysique, quelle qu’elle fût, me perdrait…
« Une métaphysique, quelle qu’elle fût, me perdrait, dérangerait fatalement l’équilibre que le livre a héroïquement maintenu entre toutes les puissances et ordres : voix du passé, âme du pays, ambition mystique, ordre hiérarchique. »
Maurice Barrès
Mes Cahiers, tome 10, 1913– 1914, Plon, 1936
La tradition telle que je l’entends n’est pas le passé…
« La tradition telle que je l’entends n’est pas le passé, mais au contraire ce qui ne passe pas et qui revient toujours sous des formes différentes. Elle désigne l’essence d’une civilisation sur la très longue durée ce qui résiste au temps et survit aux influences perturbatrices de religions, de modes ou d’idéologie importées. »
Dominique Venner
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013, réédition La Nouvelle Librairie, 2022
En tant que principe éternel, le conservatisme…
« En tant que principe éternel, le conservatisme exige qu’en décidant des destinées des sociétés, des États et des cultures, l’on écoute non seulement la voix des vivants, mais encore celle des morts, que l’on reconnaisse non seulement l’être réel du présent, mais encore celui du passé, que la liaison avec nos défunts ne soit pas tranchée. »
Nicolas Berdiaev
De l’inégalité, éditions L’Âge d’homme, 2008
Pour préserver leur existence et leur identité, les hommes doivent aimer…
« Pour préserver leur existence et leur identité, les hommes doivent aimer leurs familles et leurs peuples, et leur être loyaux. Et c’est seulement s’ils pensent que ce qu’ils ont est bon qu’ils peuvent s’en satisfaire. Un père doit préférer son enfant aux autres enfants, un citoyen son pays aux autres. C’est pour cela qu’existent les mythes : pour justifier ces attachements. Et un homme a besoin d’un lieu et d’opinions pour s’orienter. Tous ceux qui nous parlent de l’importance des racines l’admettent. Une grande étroitesse n’est pas incompatible avec la santé d’un individu ou d’un peuple, alors qu’avec une grande ouverture d’esprit, il est difficile d’éviter la décomposition. »
Allan Bloom
L’Âme désarmée, éditions Julliard, 1987
La vérité du conservatisme est celle de l’historisme…
« La vérité du conservatisme est celle de l’historisme, celle du sentiment de la réalité historique, entièrement atrophiée chez le révolutionnaire et chez le radical. Nier la succession historique, c’est rejeter et détruire la réalité historique, c’est vouloir ignorer l’organisme historique vivant, c’est attenter à l’être réel ; cela revient à nier et à détruire l’hérédité personnelle du moi. La réalité historique représente un individu d’un type particulier. Elle a une durée organique, ainsi que des degrés hiérarchiques. Détruire la structure hiérarchique du cosmos historique, c’est détruire l’histoire, et non pas la faire. Il se forme dans le cosmos historique des qualités qui sont irréductibles et indestructibles dans leur fondement ontologique. Cette hiérarchie des qualités fixées dans l’histoire ne doit pas faire obstacle à la formation de qualités nouvelles, elle ne doit pas brider l’élan créateur. Mais aucun mouvement, aucune formation de qualités nouvelles ne peuvent anéantir ni effacer les valeurs et les qualités historiques déjà cristallisées. »
Nicolas Berdiaev
De l’inégalité, éditions L’Âge d’homme, 2008
Mais quelle Europe ? C’est pourtant en réfléchissant sur l’Europe…
« Mais quelle Europe ? C’est pourtant en réfléchissant sur l’Europe que nous pourrions accéder au plus haut point de vue d’où nous serait dévoilé dans “tout ce qui se passe” un unique enjeu. Je ne parle pas de l’Europe des marchés ou de l’Europe des masses. Je parle des traditions fondamentales de l’esprit européen. Je parle du réveil de la vieille mentalité européenne, toujours présente en nous portant. Car l’homme est ceci et cela, mais d’abord du temps lié. Je parle de la vieille recréation, sous des formes nouvelles, du vieil esprit de l’Europe, prométhéen et aristocratique. Prométhéen : la volonté de puissance de l’homme sur la nature. Aristocratique : reconnaître et cultiver dans les hommes leur capacité à se distinguer les uns des autres. Vieil esprit pour lequel chiffrer n’est pas tout, et pour lequel le nombre n’est pas le chef. Vieil esprit pour lequel il y a quelque chose au-dessus du social, de l’économique, du quantitatif : la faculté délicate, les hautes énergies intimes qu’il faut pour sentir et pour célébrer la qualité. Vieil esprit immortel qui voit dans les plus profonds enracinements la condition de la plus haute élévation, dans la disparité des natures humaines la condition de l’humanité organique, dans la diversité des cultures la condition de la culture. Je dis que notre fonds est à repenser. Ressaisir le passé de l’Europe, notre héritage, et l’adapter au nouveau millénaire qui approche. Rien ne me paraît plus important que la réflexion sur ce qu’il y a de spécifique dans l’esprit européen. Il y a bien, pour moi, un unique enjeu. Recréer le monde mental européen qui s’oppose à la fois au communisme et à l’américanisme. Et en refaire le premier parce qu’il fut le primordial. »
Louis Pauwels
Comment devient-on ce que l’on est ?, éditions Stock, 1978
L’individu, son intelligence, sa faculté de saisir les lois…
« L’individu, son intelligence, sa faculté de saisir les lois de l’univers ! Il faut en rabattre. Nous ne sommes pas les maîtres des pensées qui naissent en nous. Elles sont des façons de réagir où se traduisent de très anciennes dispositions physiologiques. »
Maurice Barrès
Amori et dolori sacrum, Félix Juven, Paris, 1909
La modernité est cumulative d’un héritage historique…
« La modernité est cumulative d’un héritage historique, fait de traditions et d’expériences. À l’encontre d’un Rousseau pour qui le “contrat social” est passé entre des “natures raisonnables”, maîtresses de leur destin, le contrat social, si l’on tient au mot, est, selon Burke, un contrat tacite, que les hommes ne choisissent pas de signer mais qu’ils ne peuvent dénoncer sous peine de bouleverser l’ordre social. Si contrat social il y a c’est avant tout le lien historique qui existe “entre ceux qui sont vivants, ceux qui sont morts et ceux qui sont à naître”. Idée que Barrès reprendra dans son exaltation célèbre de “la terre et les morts”. Dans la même perspective est moderne, selon Burke, ce qui est en cohérence avec l’expérience des siècles passés et ce qui en est comme le fruit. »
Yves Chiron
Edmund Burke et la Révolution française, Éditions Téqui, coll. « L’Auteur et son message », 1987
Il faut s’accepter héritier de la totalité de l’histoire de France…
« Il faut s’accepter héritier de la totalité de l’histoire de France, celle d’avant la Révolution comme celle d’après. L’Ancien Régime ou la France de 1848 sont comme “les fruits de diverses saisons”. L’important est de maintenir vivante “la conscience française”, “raciner les individus dans la terre et les morts”, ne pas étouffer en eux “la voix du sang et l’instinct du terroir”. »
Yves Chiron
La vie de Barrès, éditions Godefroy de Bouillon, 2000
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