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Citations sur la bourgeoisie
Que renaissent les religions…
« Ce n’est pas dans le train-train du monde bourgeois, mais dans un tonnerre d’apocalypse que renaissent les religions. »
Walter Schubart
L’Europe et l’âme de l’Orient (Europa und die Seele des Ostens), 1938, trad. de Denise Moyrand et Nathalie Nicolsky, éditions Albin Michel,1949
Lorsqu’un jeune bourgeois « va au peuple »…
« Lorsqu’un jeune bourgeois “va au peuple”, il lui faut surmonter deux tentations : la première tient à ce qu’on peut appeler ses habitudes de caste : répugnance et dégoût devant le travail manuel, la saleté, la sueur, la pauvreté et, il faut bien le dire aussi, l’étroitesse petite-bourgeoise qui tient lieu de vertu aux meilleurs représentants de la classe ouvrière ; la seconde tentation, contraire à la première, n’est en réalité que le résultat du refoulement de celle-ci : elle se manifeste par un désir frénétique d’idéaliser l’homme aux mains sales, de le vénérer, de le considérer comme un oracle, et d’adopter à son égard une attitude masochiste, aussi sotte que malsaine. »
Pierre Gripari
La Scierie (préface), éditions L’Âge d’Homme, 1975
On ne le dira jamais assez, nous sommes les grands vaincus de 1944…
« On ne le dira jamais assez, nous sommes les grands vaincus de 1944, et le vainqueur, notre ennemi, c’est la Sainte-Alliance des banquiers de Wall Street et des bureaucrates staliniens. »
Pierre Gripari
Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
Tel est le romantisme : une passionnante plongée dans le subconscient européen…
« Tel est le romantisme : une passionnante plongée dans le subconscient européen, un inventaire, non encore exhaustif, mais déjà d’une richesse incroyable, de notre domaine culturel. Après cela, l’Europe se consolide sous la forme que nous lui connaissons : bourgeoise, mercantile, colonialiste, démocratisante, niveleuse, nationaliste… »
Pierre Gripari
Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
Sur le champ de bataille d’Azincourt…
« Sur le champ de bataille d’Azincourt, la noblesse féodale, imbue d’idéal chevaleresque, a été battue à plate couture par une Angleterre déjà mercantile, qui s’embarrasse fort peu de courtoisie. La France ne se relèvera qu’avec Louis XI, le roi des marchands. »
Pierre Gripari
Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
L’économie médiévale se caractérise…
« L’économie médiévale se caractérise (…) par un esprit spécifique : le refus de valoriser la richesse pour elle-même, et la réticence à l’idée de profit. (…) Le Moyen Âge perpétue la vision, héritée des peuples indo-européens, d’un ordre social organisé autour de trois fonctions : une première fonction sacerdotale (relative au sacré), une deuxième fonction guerrière, et une troisième fonction “économique”, relative à la production et à la fécondité. (…) À cet ordonnancement fonctionnel de la société correspond une hiérarchie nette des valeurs : la richesse, associée à la troisième fonction, est peu de chose à côté des valeurs sacrées et guerrières, associées aux deux premières fonctions. Ainsi, les figures tutélaires du Moyen Âge sont le saint (première fonction) et le chevalier (deuxième fonction), non le riche. »
Guillaume Travers
Économie médiévale et société féodale. Un temps de renouveau pour l’Europe, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
Quelle honte pour le genre humain…
« En effet, l’Europe qui s’étalait sous les yeux de Leontiev contrastait avec celle de sa bien-aimée Renaissance. “Ne serait-il pas atroce et vexant de penser que Moïse n’a gravi le Sinaï, que les Hellènes n’ont édifié leurs gracieuses Acropoles, que les Romains n’ont fait les guerres puniques, que le génial, le superbe Alexandre, coiffé d’un casque emplumé, n’a franchi le Granique et combattu à Arbèles, que les apôtres n’ont prêché, les martyrs souffert, les poètes chanté, les peintres peint, les chevaliers brillé dans les tournois, qu’à cette fin unique qu’un bourgeois français, allemand ou russe, affublé de ses habits ridicules et hideux, jouisse d’un confort “individuel” et “collectif” sur les ruines de toute grandeur passée ?… Quelle honte pour le genre humain si ce vil idéal de l’utilité commune, de la mesquinerie du travail et de l’ignominie du trantran devait triompher pour toujours !” »
Vladimir Volkoff
Le complexe de Procuste, éditions Julliard – L’Âge d’Homme, 1981
Le calcul porte toujours sur le profit et la perte…
« Le calculateur est un lâche. Si je dis cela, c’est que le calcul porte toujours sur le profit et la perte et que, par conséquent, le calculateur n’est préoccupé que de profit et de perte. Mourir est une perte, vivre est un gain, aussi décide-t-on de ne pas mourir. On est donc un lâche. »
Jôchô Yamamoto
Hagakuré, livre I, rédaction 1709 – 1716, première édition 1900
Cité par Yukio Mishima
Le Japon moderne et l’éthique samouraï (Introduction to Hagakuré), 1967, trad. Émile Jean, éditions Gallimard, coll. Arcades, 1985
Les descendants des anciens preux, les dernières branches…
« Plus que ces douairières, les hommes rassemblés autour d’un whist, se révélaient ainsi que des êtres immuables et nuls ; là, les descendants des anciens preux, les dernières branches des races féodales, apparurent à des Esseintes sous les traits de vieillards catarrheux et maniaques, rabâchant d’insipides discours, de centenaires phrases. De même que dans la tige coupée d’une fougère, une fleur de lis semblait seule empreinte dans la pulpe ramollie de ces vieux crânes.
Une indicible pitié vint au jeune homme pour ces momies ensevelies dans leurs hypogées pompadour à boiseries et à rocailles, pour ces maussades lendores qui vivaient, l’œil constamment fixé sur un vague Chanaan, sur une imaginaire Palestine. »
Joris Karl Huysmans
À Rebours, 1884, éditions Gallimard, 1977, coll. Folio classique, 2022
Les élites décadentes, coupées de leur vraie mission…
« Les élites décadentes, coupées de leur vraie mission de servir Dieu, la famille, la patrie, ont l’argent comme préoccupation première. Les valeurs dont elles se gargarisent sont surtout des valeurs financières. L’esprit de Juda qui, dans l’Évangile, est payé pour avoir trahi le Christ n’est jamais loin. »
Ivan Blot
La trahison des élites, sixième opus du cycle de conférences sur « L’homme héroïque », 2 février 2016
L’argent est maître sans limitation ni mesure…
« Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit. (Et même il est seul en face des autres matières.)
Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul devant Dieu. »
Charles Péguy
Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, 1914, in Œuvres complètes, Tome IX : Œuvres posthumes, éditions de la Nouvelle Revue Française, 1924
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