« La civilisation a pour but, non pas le progrès de la science et des machines, mais celui de l’homme. »
Alexis Carrel
L’homme, cet inconnu, éditions Plon, 1935
Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne
Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.
« La civilisation a pour but, non pas le progrès de la science et des machines, mais celui de l’homme. »
Alexis Carrel
L’homme, cet inconnu, éditions Plon, 1935
« Le Moyen Âge était tout entier un monde de communautés : paysannes, urbaines, de métiers, religieuses, etc. Avec la modernité apparaît, au contraire, un monde tout entier fait d’individus. »
Guillaume Travers
Économie médiévale et société féodale. Un temps de renouveau pour l’Europe, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« La victoire des Yankees est la victoire d’une certaine morale et avec elle d’une certaine conception de l’homme et de la vie. C’est le rationalisme qui triomphe et, avec lui, les grands principes qu’on proclame et qu’on n’applique pas, et, après eux, c’est le dollar dont le culte s’installe et, avec le dollar, les aciéries et au-delà des aciéries, le fonctionnalisme, et, à l’horizon de tout cela, la société de consommation, la publicité, le conformisme, la monotonie, et les longues, les immenses plaines de l’ennui et de l’absurdité. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, éditions Les Sept Couleurs, 1969
« Toutes les fois que l’on est mieux chez soi que dans la rue, on doit être battu par ceux qui sont mieux dans la rue que chez eux. C’est le principe des révolutions, et même des conquêtes. »
Antoine de Rivarol
Journal politique national, 1789, Éditions du Rocher, 1989
« Le romantisme s’oppose, avec l’énergie mélancolique du désespoir, à l’esprit quantificateur de l’univers bourgeois, à la réification marchande, à la platitude utilitariste et, surtout, au désenchantement du monde. »
Michael Löwy
préface à Romantisme et critique de la civilisation (Walter Benjamin), éditions Payot, 2010
« Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes. »
Albert Camus
L’Homme révolté, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1951
« Parce que “le divin demande à être incarné” (Walter F. Otto), il est dans l’essence du mythe de requérir le culte, comme il est dans l’essence du culte d’appeler le mythe. Tous deux traduisent la manifestation du sacré et la présence du divin. Tous deux répondent à cette présence, l’un par la parole, l’autre par le geste, éclairant du même coup la façon dont la théorie et la pratique sont liées. Si le mythe est un dire, le rite est un faire qui prolonge ce dire. “Le mythe, écrit Van der Leeuw, est une célébration en parole, le rite est une déclaration en acte”. Pascal David ajoute que “le culte n’est autre chose que l’attitude de l’homme dans laquelle le mythe prend corps”. Le culte, en effet, n’est pas une simple évocation de l’événement mythique, mais le dévoilement répété, toujours plus assuré, de cet événement même. “L’unité du mythe et du culte, précise Walter F. Otto, consiste en ce que dans les deux cas, la proximité du divin se manifeste dans une Figure”. Dans le culte comme geste, dans le mythe comme parole de vérité. La plus profonde différence entre les deux est que dans le culte l’homme s’élève jusqu’au divin et agit pour ainsi dire en communauté avec lui, tandis que dans le mythe, c’est le divin qui s’abaisse jusqu’à lui en s’incarnant dans une figure humaine ou apparentée à l’homme. »
Alain de Benoist
L’empire intérieur, éditions Fata Morgana, 1995
« Du haut du mont Afrique, j’ai vu la courtisane (la ville) qui vous attire tous ! Je l’ai vue, couchée lascivement au pied de nos monts, parée de ses bijoux de pacotille qui luisaient dans le soir ! Vous irez tous lui faire la cour, elle vous prendra votre santé et vos richesses et vous deviendrez tous des ilotes !… »
Henri Vincenot
Le pape des escargots, éditions Denoël, 1972
« Il est né d’un tout petit marron planté en terre et puis, jour après jour, il a grandi en haussant sa cime vers le ciel. Ce fut un travail gigantesque quoique imperceptible. Il a duré sans interruption année après année jusqu’à ce qu’il soit devenu une véritable cathédrale de verdure. Et qu’a‑t‑il pris à la terre pour accomplir ce prodige ? Très peu de choses ; on peut même dire presque rien : un peu de terre, un peu d’eau, quelques sels minéraux et beaucoup de lumière. En échange que nous a‑t‑il donné ? Tout ? Absolument tout. Il n’a rien conservé pour lui-même. Il nous a tout restitué et même bien davantage, sous les formes les plus diverses. Avec sa frondaison, il nous donne de l’ombre et de la fraîcheur en été ; de son tronc on tire le bois dont nous habillons le bois dont nous habillons nos maisons ; avec ses feuilles, quand elles sont tombées à terre, il recrée de l’humus indispensable à sa croissance. Il n’a rien en lui qu’il ne nous donne et, finalement, quand il nous a tout donné, il nous recueille encore entre ses planches où nous reposerons tous en attendant la résurrection. »
Jacques Benoist-Méchin
À l’épreuve du temps, éditions Perrin, 2011
« Il n’y a de pensée comme d’amour que lorsqu’il y a risque. »
Michel Maffesoli
Il n’y a de pensée que lorsqu’il y a risque, L’Express, 15 août 2012
« Ce qui constitue une république, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. »
Louis Antoine de Saint-Just
Discours à l’Assemblée législative, 1793
« Qui était sorti vainqueur de cette fausse guerre [la guerre froide, NDLR] ? Les États-Unis, bien entendu, et l’économie de marché. Mais aussi la religion de l’Humanité, une, uniforme et universelle. Une religion commune aux deux adversaires de la veille. Et ce n’était pas leur seule affinité. Que voulaient les communistes d’autrefois ? Ils voulaient la mise en commun des richesses de l’humanité et une gestion rationnelle assurant à tous abondance et paix. Ils voulaient aussi la création d’un homme nouveau, capable de désirer ces bienfaits, un homme rationnel et universel, délivré de toutes ces entraves que sont des racines, une nature et une culture. Ils voulaient enfin assouvir leur haine des hommes concrets, porteurs de différences, leur haine également de la vieille Europe, multiple et tragique. Et l’Occident américain, que veut-il ? Eh bien, la même chose. La différence porte sur les méthodes. Récusant la planification par la contrainte, le système américain voit dans le marché le facteur principal de la rationalité et des changements. […]
Le communisme de marché, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer l’homme, fabriquer l’homo œconomicus de l’avenir, le zombi, l’homme du nihilisme, vidé de son contenu, possédé par l’esprit du marché et de l’Humanité universelle. Le zombi se multiplie sous nos yeux. Il est heureux “puisque l’esprit du marché lui souffle que le bonheur consiste à satisfaire tous ses désirs”. Et ses désirs étant ceux du marché ne sont suscités que pour être satisfaits. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002