« L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement. »
Charles de Gaulle
Le fil de l’épée, éditions Berger-Levrault, 1932, éditions Perrin, coll. Les Mémorables, 2010
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« L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement. »
Charles de Gaulle
Le fil de l’épée, éditions Berger-Levrault, 1932, éditions Perrin, coll. Les Mémorables, 2010
« Souvenez-vous de ceci : il y a d’abord la France, ensuite l’État, enfin, autant que les intérêts majeurs des deux sont sauvegardés, le Droit. »
Charles de Gaulle
Cité par Jean Foyer in Sur les chemins du droit avec le Général – Mémoires de ma vie politique – 1944 – 1988, éditions Fayard, 2006
« Donc : La Droite veut le “développement” (pour la simple raison qu’elle le fait) ; La Gauche veut le “Progrès”.
Mais quand la Gauche remporte la lutte pour le pouvoir, voilà qu’elle aussi veut – Pour progresser d’un point de vue social et politique – le “développement”. Mais un “développement” dont la configuration est désormais fixée dans le contexte de l’industrialisation bourgeoise. »
Pier Paolo Pasolini
Écrits corsaires (Scritti Corsari), 1976, trad. Philippe Guilhon, éditions Le Livre de Poche, 1976
« Jamais la nouvelle classe discutante représentée par les couches moyennes instruites en pleine ascension sociale n’aura manifesté un tel mépris ni un tel sentiment de supériorité à l’égard de la ruralité et des types humains qui la peuplaient. Jamais la nécessité de venir à bout d’un milieu culturel jugé “complètement déliquescent” et marqué au coin de l’obscurantisme n’aura été formulé de façon aussi péremptoire et aussi provocante qu’au cours de ces années soixante où la révolution consumériste fit un grand usage d’hyperboles pour vanter les mérites d’un progrès à la fois illimité et mirifique. Il devait être entendu, une fois pour toutes, que ce monde révolu n’avait plus sa place, ni comme paysage ni comme humanité, et qu’il fallait en finir au plus vite avec ce que Pier Paolo Pasolini avait nommé “le temps des lucioles”, ces petites lumières des campagnes susceptibles d’éclairer la vie. »
Patrick Buisson
La fin d’un monde, éditions Albin Michel, 2021
« Ainsi, de quelque côté que je tourne mon esprit, je ne vois que des choses qui blessent la vérité et qui m’offensent, et dès lors condamné à ne rien voir, ne rien sentir, ne rien entendre, à non seulement ne rien dire mais aussi abjurer la violence de mon ethnocentrisme pour jouir enfin d’un monde bariolé, changeant, divers (la “diversité” en tant que nouvel euphémisme post-ethnique), il serait bon que j’en chante à présent les louanges, que je devienne un écrivain post-littéraire, que j’écrive des phrases courtes, nominales, sans hiérarchie de niveaux linguistiques, si possible sur des sujets modernes, c’est à dire socio-narcissiques : sans papiers, clandestins, opprimés, minoritaires, et sur moi-même en tant que garant du néo-puritanisme par ma capacité à “partager”, “communiquer”, à être un écrivain “comme toute le monde”. C’est, du moins, ce que l’on m’a maintes fois suggéré, au lieu de m’opiniâtrer dans mon devoir de témoin et de refuser la béatitude démocratique, refus qui, par un spécieux syllogisme, fait également de moi un raciste. »
Richard Millet
Chronique de la guerre civile en France, 2011 – 2022, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Dans l’arène, 2022
« Il n’est pas dans la nature du Conservatisme de s’occuper de corriger la nature humaine ou de la façonner conformément à une certaine conception idéale. Le Conservatisme tente de comprendre comment les sociétés fonctionnent et de leur offrir les conditions nécessaires pour y réussir. »
Roger Scruton
De l’urgence d’être conservateur (How to be a Conservative), 2014, trad. Lætitia Strauch-Bonart, éditions l’Artilleur, coll. Interventions, 2014
« En tout réactionnaire, c’est Platon qui ressuscite. »
Nicolás Gómez Dávila
Les Horreurs de la démocratie (tiré de Escolios a un texto implícito), 1977, trad. Michel Bibard, Éditions du Rocher/Anatolia, 2003
« À vrai dire, les arguments ne manquent pas aujourd’hui qui permettront d’accréditer le constat que le progrès n’est pas une progression. »
Ernst Jünger
L’état universel (Der Weltstaat), 1962, trad. Henri Plard et Marc de Launay, éditions Gallimard, coll. TEL, 1990
« On valorise désormais la compassion et l’émotion au détriment de la raison et de la force. Ayant récusé l’ordre naturel des choses, y compris ses aspects tragiques, ses limites, ses fatalités, nous vivons dans un monde rempli d’individus pleurnicheurs, infantiles, envieux et plaintifs qui agissent en justice pour chaque pseudo-humiliation ou blessure de l’ego. »
Thibault Mercier
Discriminer, c’est distinguer nous et les autres, entretien accordé à Éléments, 29 décembre 2023
« Il existe de par les chemins une race de gens qui (…) ont juré d’être libres ; qui, au lieu d’accepter la place que leur offrait le monde, ont voulu s’en faire une tout seuls, à coups d’audace ou de talent ; qui, se croyant la taille à arriver d’un coup, par la seule force de leur désir, au souffle brûlant de leur ambition, n’ont pas daigné se mêler aux autres, prendre un numéro dans la vie ; qui n’ont pu, en tous cas, faire le sacrifice assez long, qui ont coupé à travers champs au lieu de rester sur la grand’route ; et s’en vont maintenant battant la campagne, le long des ruisseaux de Paris.
Je les appelle des réfractaires. »
Jules Vallès
Les Réfractaires (1866), G. Charpentier éditeur, 1881