Tout territoire occupé dans le but d’y habiter ou de l’utiliser…

« Tout ter­ri­toire occu­pé dans le but d’y habi­ter ou de l’utiliser comme espace vital” est préa­la­ble­ment trans­for­mé de chaos” en cos­mos” ; c’est-à-dire que, par l’effet du rituel, il lui est confé­ré une forme”, qui le fait ain­si deve­nir réel […] le réel par excel­lence est le sacré ; car seul le sacré est d’une manière abso­lue, agit effi­ca­ce­ment, crée, et fait durer les choses. »

Mir­cea Eliade
Le mythe de l’Éternel retour, édi­tions Gal­li­mard, 1969

Même si l’on admet, pour le plaisir d’argumenter, que la vie n’a pas de sens…

« Même si l’on admet, pour le plai­sir d’argumenter, que la vie n’a pas de sens” en tant que signi­fi­ca­tion, la ques­tion se pose­rait encore de savoir si nous pou­vons nous pas­ser d’un sens” en tant que direc­tion. Un tel sens, nous ne le com­pre­nons pas en nous élan­çant plus haut que les réa­li­tés concrètes, mais au contraire en nous insé­rant nous-mêmes dans leur cou­rant ou, pour emprun­ter une image à Plo­tin, en dan­sant à leur rythme. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

Il faut que nous nous employions à la sauvegarde…

« Oui, il faut que nous nous employions à la sau­ve­garde des gens mariés, des veuves, des vieilles gens et des orphe­lins. Mais pour cela nous devons être plus nom­breux, il faut que nous arri­vions à être une cen­taine et davan­tage, tous des gars comme nous, qui res­tent capables de rire, même si la gre­naille de plomb ne veut pas se détour­ner de leur che­min. Cha­cun doit donc se trou­ver un ou deux ou trois bons amis qui devront nous aider en cas de besoin. Mais il faut qu’ils soient tous gar­çons et qu’aucun ne soit fils unique d’une veuve, et s’il y en a un qui a déjà fait un gosse à une fille, il faut qu’il réflé­chisse avant de s’engager envers nous. Mais s’il y en a un dans ce cas-là et qu’il lui arrive mal­heur, ce sera notre devoir de venir en aide à la femme et à l’enfant pour les tirer de la détresse et du besoin. Et main­te­nant, nous allons nous jurer fra­ter­ni­té, pour les jours de détresse jus­qu’à la mort, pour le meilleur et pour le pire, afin que nous agis­sions tous pour un et un pour tous, mais aus­si nous tous pour tous ceux qui vivent dans le marais et sont de notre race. »

Her­mann Löns
Le Loup-Garou (Der Wehr­wolf), 1910, édi­tions Art et His­toire d’Europe, 1988

Un homme doit garder la capacité de résister, de s’opposer…

« Un homme doit gar­der la capa­ci­té de résis­ter, de s’opposer, de dire non. Ensuite, il n’a pas à s’excuser. Trop d’hommes agissent selon la direc­tion du vent. Leurs actes dis­joints, mor­ce­lés, n’ont plus aucun sens. […] L’injustice du monde doit beau­coup à l’incertitude de ces êtres flot­tants, qui agissent comme des bou­chons de liège au gré des cou­rants. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Les sen­ti­nelles du soir, édi­tions les arènes, 1999

Agir vite, profondément, de façon draconienne

« Je suis arri­vé à la seule conclu­sion indis­cu­table, irré­fu­table : agir vite, pro­fon­dé­ment, de façon dra­co­nienne pour enrayer, tant qu’il en est temps encore, la dété­rio­ra­tion géné­rale de la qua­li­té de la vie”, la des­truc­tion de la nature, l’aliénation des qua­li­tés qui font de l’Homme un Homme. »

Paul-Émile Vic­tor
Jusqu’au cou… et com­ment s’en sor­tir, Fer­nand Nathan, 1979

Notre expérience du temps et de notre existence dans le temps…

« Notre expé­rience du temps et de notre exis­tence dans le temps est cen­trée sur le pré­sent. En quoi est-ce nou­veau ? Que le pré­sent soit le centre et les deux autres dimen­sions, pas­sé et ave­nir, la péri­phé­rie, c’est une image qui n’est pas d’aujourd’hui. Lorsqu’il veut oppo­ser le « main­te­nant » à ces deux autres dimen­sions, Aris­tote les appelle « le temps qui entoure » (per­ix). Par ailleurs, que le pré­sent soit le temps de l’action, le seul dont nous dis­po­sions, c’est aus­si une consta­ta­tion qui remonte à l’Antiquité. Un célèbre frag­ment d’Aristippe de Cyrène le rap­pe­lait déjà : « Seul le pré­sent est à nous, et non pas ce qui nous devance, ni non plus ce qui est atten­du : l’un a dis­pa­ru, et de l’autre, il est incer­tain s’il sera ». Des stoï­ciens comme Sénèque et Marc Aurèle nous ont lais­sé des obser­va­tions ana­logues. Cepen­dant, il s’agissait pour les Anciens de muse­ler l’intérêt exces­sif pour le pas­sé et l’avenir, objets de nos­tal­gie ou d’anticipation, pour rame­ner à l’exigence d’agir. Notre pro­blème à nous est au contraire un dés­in­té­rêt pour le pas­sé comme pour l’avenir. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

Tout peuple incarne une idée particulière…

« Tout peuple incarne une idée par­ti­cu­lière qui est un tout indi­vi­sible et lui appar­tient, comme il est lui-même un tout indi­vi­sible qui s’appartient. Il est né avec cette idée. C’est avec cette idée qu’il est sor­ti du sein mater­nel de la race et de la terre pour se jeter dans son espace his­to­rique. »

Arthur Moel­ler van den Bruck
La révo­lu­tion des peuples jeunes, recueil de textes écrits entre 1916 et 1923, trad. Jean-Paul Allard, édi­tions Par­dès, 1993

La force est à l’origine de tout mouvement…

« La force est à l’origine de tout mou­ve­ment, de toute action et, néces­sai­re­ment, elle en est le cou­ron­ne­ment. La vie est l’épanouissement de la force et, hors de la force, il n’y a que néant. […] L’idée, la pen­sée, tant belle soit-elle, n’est que bulle de savon si elle ne s’étaye pas sur la force, si elle n’est pas fécon­dée par elle. »

Émile Pou­get
L’action directe, Édi­tion du Réveil ouvrier, 1910

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