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Citations sur la tradition

Les cultures modernes sont des dévoreuses d’espace…

« Les cultures modernes sont des dévo­reuses d’espace, les cultures tra­di­tion­nelles furent des dévo­reuses de temps. Les pre­mières ont une fièvre ver­ti­gi­neuse de mou­ve­ment et de conquêtes ter­ri­to­riales, qui génère un arse­nal infi­ni de moyens méca­niques capable de réduire les plus grandes dis­tances, d’abréger chaque inter­valle, de conte­nir dans une sen­sa­tion d’ubiquité tout ce qui se déploie dans la mul­ti­tude des lieux […] Au contraire, les cultures tra­di­tion­nelles furent ver­ti­gi­neuses par leur sta­bi­li­té, leur iden­ti­té et leur capa­ci­té à résis­ter, inébran­la­ble­ment, au cours du temps et de l’histoire : elles ont été capables d’exprimer jusque dans des formes sen­sibles et tan­gibles un sym­bole d’éternité. »

Julius Evo­la
L’Arc et la Mas­sue (L’arco e la cla­va), 1968

L’État a toujours été l’acteur acharné du déracinement des Français…

« [C]’est l’État fran­çais qui, par sa poli­tique, ses lois, ses tri­bu­naux, a orga­ni­sé le « grand rem­pla­ce­ment » des popu­la­tions, nous impo­sant la pré­fé­rence immi­grée et isla­mique avec 8 mil­lions d’Arabo-musulmans (en atten­dant les autres) por­teurs d’une autre his­toire, d’une autre civi­li­sa­tion et d’un autre ave­nir (la cha­ria) […] L’État a tou­jours été l’acteur achar­né du déra­ci­ne­ment des Fran­çais et de leur trans­for­ma­tion en Hexa­go­naux inter­chan­geables. Il a tou­jours été l’acteur des rup­tures dans la tra­di­tion natio­nale. Voyez la fête du 14 juillet : elle célèbre une répu­gnante émeute et non un sou­ve­nir gran­diose d’unité. Voyez le ridi­cule emblème de la Répu­blique fran­çaise : une Marianne de plâtre coif­fée d’un bon­net révo­lu­tion­naire. Voyez les affreux logos qui ont été impo­sés pour rem­pla­cer les armoi­ries des régions tra­di­tion­nelles. Sou­ve­nez-vous qu’en 1962, l’État a uti­li­sé toute sa force contre les Fran­çais d’Algérie aban­don­nés à leur mal­heur. »

Domi­nique Ven­ner
« Lettre sur l’identité à mes amis sou­ve­rai­nistes », www.dominiquevenner.fr, 26 juin 2012

Ces ouvriers ne servaient pas…

« Ces ouvriers ne ser­vaient pas. Ils tra­vaillaient. Ils avaient un hon­neur, abso­lu, comme c’est le propre d’un hon­neur. Il fal­lait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’é­tait enten­du. C’é­tait un pri­mat. Il ne fal­lait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyen­nant le salaire. Il ne fal­lait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connais­seurs ni pour les clients du patron. Il fal­lait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tra­di­tion, venue, mon­tée du plus pro­fond de la race, une his­toire, un abso­lu, un hon­neur vou­lait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute par­tie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exac­te­ment aus­si par­fai­te­ment faite que ce qu’on voyait. C’est le prin­cipe même des cathé­drales. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Le fondement de l’organisation sociale…

« Le fon­de­ment de l’organisation sociale et de la paix civile est l’unité eth­nique de la cité et le res­pect des lois, garan­tis par les Anciens et par la force. Les hommes sont heu­reux dans une socié­té heu­reuse, celle qui res­semble tou­jours à elle-même, où l’on se marie, comme les aïeux se sont mariés, où l’on laboure et on mois­sonne comme on a tou­jours labou­ré et mois­son­né. Les indi­vi­dus passent mais la cité demeure. »

Domi­nique Ven­ner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

Au début de La guerre du Péloponnèse…

« Au début de la guerre du Pélo­pon­nèse, Thu­cy­dide s’en rap­porte à l’Iliade pour bros­ser à traits rapides l’histoire ancienne des Grecs, recon­nais­sant ain­si à Homère le mérite d’en avoir jeté les fon­de­ments. Mais ce mérite était peu au regard du reste. Ins­pi­ré par les dieux et par la poé­sie, ce qui est tout un, Homère nous a légué la source oubliée de notre tra­di­tion, l’expression grecque de tout l’héritage indo-euro­péen, celte, slave ou nor­dique, avec une clar­té et une per­fec­tion for­melle sans équi­valent. »

Domi­nique Ven­ner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Contrairement à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hollywood…

« Contrai­re­ment à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hol­ly­wood, Zeus et Achille n’étaient pas noirs, le roi Arthur n’était pas un migrant éry­thréen, Jeanne d’Arc n’entendait pas des Negro Spi­ri­tuals avant d’aller bou­ter les Russes hors d’Ukraine, Mar­gue­rite d’Anjou ne venait pas des rives du Niger.
Les Euro­péens doivent résis­ter au for­çage idéo­lo­gique per­ma­nent que veut leur impo­ser la super­classe mon­diale. Ils doivent refu­ser l’altération et la colo­ni­sa­tion de leur ima­gi­naire par la « World music » et les séries et les films déréa­li­sants.
Les Euro­péens doivent reprendre pos­ses­sion de leur mytho­lo­gie et de leur his­toire. »

Jean-Yves Le Gal­lou
XXIe siècle, vers un nou­veau cycle euro­péen ?, allo­cu­tion au cin­quième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 7 avril 2018

Marcher régulièrement dans la nature, s’immerger dans la splendeur…

« Dans sa sagesse d’homme éter­nel­le­ment libre, Domi­nique Ven­ner pro­po­sait quelques pistes aux modernes pour se retrou­ver : mar­cher régu­liè­re­ment dans la nature, s’immerger dans la splen­deur, les par­fums, les cou­leurs, renouer avec la beau­té et la poé­sie – pre­mières rup­tures fon­da­men­tales avec le monde moderne, pre­mières condi­tions au réen­chan­te­ment du monde ; se reti­rer dans la forêt-sanc­tuaire, le calme, le silence, et faire la paix avec soi-même ; péré­gri­ner libre­ment, dans l’effort, la cama­ra­de­rie et le sen­ti­ment de liber­té ; s’inscrire dans la tra­di­tion de rites ryth­mant l’année et célé­brant les cycles natu­rels. Ces démarches sont plus que jamais néces­saires et d’actualité si nous vou­lons tra­ver­ser le siècle sans clore défi­ni­ti­ve­ment le cha­pitre euro­péen de l’histoire du monde. »

Éric Gro­lier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Aux Européens, le poète fondateur [Homère] rappelle qu’ils ne sont pas nés d’hier…

« Aux Euro­péens, le poète fon­da­teur [Homère] rap­pelle qu’ils ne sont pas nés d’hier. Il leur lègue le socle de leur iden­ti­té, la pre­mière expres­sion par­faite d’un patri­moine éthique et esthé­tique qu’il tenait lui-même en héri­tage et qu’il a subli­mé de façon que l’on dirait divine. Les prin­cipes qu’il a fait vivre par ses per­son­nages n’ont pas ces­sé de renaître jusqu’à nous, mon­trant que le fil secret de notre tra­di­tion ne pou­vait être rom­pu. Ain­si l’avenir prend-il racine dans la mémoire du pas­sé. »

Domi­nique Ven­ner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

Le monde moderne est parvenu à un curieux état de rituel ou de routine…

« Le monde, par­ti­cu­liè­re­ment le monde moderne, est par­ve­nu à un curieux état de rituel ou de rou­tine, dans lequel il a tort même lors­qu’il a rai­son, pour­rions-nous pra­ti­que­ment dire. Dans une large mesure, il conti­nue à faire des choses rai­son­nables, mais il cesse rapi­de­ment d’a­voir le moindre mobile rai­son­nable de les faire. Il nous ser­monne inlas­sa­ble­ment sur le carac­tère mori­bond de la tra­di­tion ; et il ne se sou­tient encore que de la vie de la tra­di­tion. »

Gil­bert Keith Ches­ter­ton
La Chose, trad. Pierre Gugliel­mi­na, cha­pitre « Sur le cou­rage et l’in­dé­pen­dance », édi­tions Flam­ma­rion, coll. Cli­mats, 2015

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