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Citations sur la société

La télé enferme les gens chez eux…

« En 1964, je fais mes classes à Paris et j’al­lais voir mes cou­sines qui habi­taient le 14ème. La rue Per­ne­ty, c’é­tait des tau­dis, bien sûr, mais les gens étaient dehors, assis sur des pliants, ils jouaient aux cartes, tri­co­taient, dis­cu­taient. Tout le monde se connais­sait, il y avait le flic du quar­tier, la pros­ti­tuée du quar­tier : tout le monde en bons termes ! Aujourd’­hui, de telles scènes sont impos­sibles : la télé enferme les gens chez eux. Quand on passe l’hi­ver dans les rues on aper­çoit la lueur de l’é­cran de fas­ci­na­tion par les fenêtres, c’est déso­lant. »

Alain Pau­card
Du Paris d’Au­diard au Paris de Dela­noë, par Alain Pau­card, entre­tien au Figa­ro, par Eugé­nie Bas­tié, 11 juillet 2014

Le fait qu’une société ait son espace existentiel…

« Le fait qu’une socié­té ait son espace exis­ten­tiel bor­né par des lignes clai­re­ment conscientes la carac­té­rise comme socié­té qui a aus­si une cohé­sion interne, et vice ver­sa : l’unité des actions réci­proques, le rap­port fonc­tion­nel de chaque élé­ment à tous les autres trouve son expres­sion spa­tiale dans la fron­tière qui impose un cadre. »

Georg Sim­mel
Socio­lo­gie (Sozio­lo­gie), 1908, édi­tions des Presses Uni­ver­si­taires de France, Coll. Qua­drige, 2013

Dans la plupart des sociétés policées modernes…

« Dans la plu­part des socié­tés poli­cées modernes, les ministres, les ban­quiers, les direc­teurs de jour­naux, les hauts fonc­tion­naires, les puis­sants échappent, sauf excep­tion, aux consé­quences des fautes ou des indé­li­ca­tesses qui enver­raient aux assises ou en cor­rec­tion­nelle des citoyens de moindre rang. Cette impu­ni­té appa­rem­ment accep­tée par le grand nombre n’en laisse pas moins sub­sis­ter de sourds dési­rs de châ­ti­ments. L’éveil impré­vi­sible de tels sen­ti­ments peut faire flam­ber des ran­cœurs d’une force vol­ca­nique. Des régimes appa­rem­ment bien assis peuvent subi­te­ment s’effondrer dans l’indifférence géné­rale, faute de défen­seurs, ou dans l’allégresse, en rai­son du grand nombre de mécontents. »

Domi­nique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Si la construction de l’Europe a un sens…

« Si la construc­tion de l’Europe a un sens, c’est prin­ci­pa­le­ment à condi­tion que l’Europe sache inven­ter une solu­tion ori­gi­nale au malaise de la socié­té de consom­ma­tion, en s’inspirant de son expé­rience et de ses tra­di­tions. […] La mis­sion de l’Europe est de construire les digues qui cana­li­se­ront la socié­té de consom­ma­tion. Nous avons besoin d’établir quelque pou­voir, à défaut de quelque dieu, au-des­sus des ingé­nieurs du monde moderne, au-des­sus de l’empire des stocks et des bilans. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Votre délire d’égalité était une attaque meurtrière contre l’être…

« Votre délire d’éga­li­té était une attaque meur­trière contre l’être, contre toutes ses richesses et ses valeurs ; c’était la soif de piller le monde divin et d’anéantir toute gran­deur ici-bas. L’esprit du néant vous anime, c’est lui qui vous a ins­pi­ré ces idées et ces pas­sions éga­li­taires. La loi de l’entropie, qui mène à la mort par une dif­fu­sion égale de la cha­leur, agit à tra­vers vous dans la vie sociale […] Exi­ger l’égalité abso­lue, c’est vou­loir retour­ner à l’état ori­gi­nel, chao­tique, téné­breux, au nivel­le­ment et à la non-dif­fé­ren­cia­tion ; c’est vou­loir le néant. L’exigence révo­lu­tion­naire du retour à l’égalité dans le néant est née du refus d’assumer les sacri­fices et les souf­frances par les­quels passe la voie de la vie supé­rieure. Voi­là la réac­tion la plus effrayante, la néga­tion du sens de tout le pro­ces­sus créa­teur du monde. L’enthousiasme de la révo­lu­tion est un enthou­siasme réac­tion­naire. L’exigence contrai­gnante de l’égalisation qui pro­cède de l’obscurité chao­tique est une ten­ta­tive pour détruire la struc­ture hié­rar­chique du cos­mos for­mé par la nais­sance créa­trice de la lumière dans les ténèbres ; c’est un essai pour détruire la per­sonne même de l’homme en tant que degré hié­rar­chique né dans l’inégalité ; c’est un atten­tat contre la place royale de l’homme dans l’ordre cosmique. »

Nico­las Berdiaev
De l’inégalité, Édi­tions L’Âge d’homme, 2008

Bien sûr, certains facteurs contribuent au malaise…

« Bien sûr, cer­tains fac­teurs contri­buent au malaise gran­dis­sant qui tra­verse notre socié­té ; mais ni les ten­sions éco­no­miques, ni le dis­cré­dit poli­tique, ni les dif­fi­cul­tés d’intégration n’expliquent à eux seuls cet « ensau­va­ge­ment » lar­ge­ment consta­té et décrit. Nous ne voyons pas qu’il pro­vient essen­tiel­le­ment d’une rup­ture de la trans­mis­sion, d’un aban­don de notre propre civi­li­sa­tion — dont tous les symp­tômes de la crise ne sont que des consé­quences, proches ou loin­taines. Nous ne vou­lons pas voir que l’enjeu est d’abord cultu­rel. Comme si une géné­ra­tion qui s’est inter­dit de trans­mettre ne par­ve­nait pas à com­prendre que, en refu­sant de faire des héri­tiers, en pri­vant ses enfants de la culture qu’elle avait reçue, elle pre­nait le risque de les déshé­ri­ter d’eux-mêmes — de les déshé­ri­ter de leur propre huma­ni­té. Nous nous sommes pas­sion­nés pour le doute car­té­sien et l’universelle cor­ro­sion de l’esprit cri­tique, deve­nus des fins en eux-mêmes ; nous avons pré­fé­ré, avec Rous­seau, renon­cer à notre posi­tion d’adultes pour ne pas entra­ver la liber­té des enfants ; nous avons repro­ché à la culture d’être dis­cri­mi­na­toire, comme Bour­dieu, et nous avons contes­té la dis­ci­pline qu’elle repré­sen­tait. Et nous avons fait naître, comme il aurait fal­lu le pré­voir, « des sau­vages faits pour habi­ter dans les villes ». »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Les Déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­mettre, édi­tions Plon, 2014

Ce qui nous sépare des Américains…

« Le sur­gis­se­ment de ces socié­tés à la marge abo­lit le des­tin des socié­tés his­to­riques. En extra­po­lant bru­ta­le­ment leur essence outre-mer, ces der­nières perdent le contrôle de leur évo­lu­tion. Le modèle idéal qu’elles ont sécré­té les annule. Et jamais plus l’é­vo­lu­tion ne repren­dra sous forme d’a­li­gne­ment pro­gres­sif. Le moment, pour des valeurs jusque-là trans­cen­dantes, de leur réa­li­sa­tion, de leur pro­jec­tion ou de leur effon­dre­ment dans le réel (l’A­mé­rique) est un moment irré­ver­sible. C’est ce qui, quoi qu’il arrive, nous sépare des Amé­ri­cains. Nous ne les rat­tra­pe­rons jamais, et nous n’au­rons jamais cette can­deur. Nous ne fai­sons que les imi­ter, les paro­dier avec cin­quante ans de retard, et sans suc­cès d’ailleurs. Il nous manque l’âme et l’au­dace de ce qu’on pour­rait appe­ler le degré zéro d’une culture, la puis­sance de l’in­cul­ture. Nous avons beau nous adap­ter plus ou moins, cette vision du monde nous échap­pe­ra tou­jours, tout comme la Wel­tan­schauung trans­cen­dan­tale et his­to­rique de l’Europe échap­pe­ra tou­jours aux Américains. »

Jean Bau­drillard
Amé­rique, édi­tions Gras­set, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988

Lorsque les Athéniens ne voulurent plus contribuer…

« Lorsque les Athé­niens ne vou­lurent plus contri­buer à la socié­té, mais essen­tiel­le­ment rece­voir de la socié­té, lorsque la liber­té qu’ils sou­hai­taient consis­tait à être libé­rés de toute res­pon­sa­bi­li­té, alors Athènes ces­sa d’être libre. »

Edward Gib­bon
His­toire de la déca­dence et de la chute de l’Empire romain (The Decline and Fall of the Roman Empire), 1776 – 1788, trad. Fran­çois Gui­zot, 1819, édi­tions Robert Laf­font, coll. Bou­quins, 2000

S’il prend ses distances à l’égard du pouvoir, celui d’un prince…

« S’il prend ses dis­tances à l’égard du pou­voir, celui d’un prince ou de la socié­té, cela ne veut pas dire qu’il refuse de ser­vir, quoi qu’il advienne. D’une manière géné­rale, il ne sert même pas plus mal que tous les autres, et par­fois mieux encore, quand le jeu l’amuse. C’est seule­ment du ser­ment, du sacri­fice, du don suprême de soi qu’il s’abstient. »

Ernst Jün­ger
Eumes­wil, 1977, trad. Hen­ri Plard, édi­tions La Table Ronde, coll. Ver­millon, 1978

Les Africains ne connaissent qu’un seul moyen pour rétablir…

« Les Afri­cains ne connaissent qu’un seul moyen pour réta­blir l’équilibre infi­ni­ment chan­geant des cir­cons­tances. Il faut concé­der une répa­ra­tion. Comme l’eau qui afflue là où le niveau a bais­sé, ils cherchent à com­bler les trous creu­sés par le des­tin, et les motifs d’un acte ne les inté­ressent qua­si­ment pas. Si quelqu’un sur­prend son enne­mi en pleine nuit et lui tranche la gorge, ou si on écrase un pas­sant impru­dent en abat­tant un arbre, les consé­quences sont les mêmes. La socié­té a subi un pré­ju­dice qu’il faut répa­rer le mieux pos­sible. L’Africain ne se sou­cie pas de la ques­tion de res­pon­sa­bi­li­té ou d’intérêt, soit qu’il consi­dère que cela ris­que­rait de se révé­ler une tâche inter­mi­nable, soit parce qu’il juge que cela ne le concerne pas. En revanche, il se plonge dans des cal­culs com­plexes pour déter­mi­ner com­ment un crime ou un acci­dent sera répa­ré par un tel nombre de chèvres ou de moutons. »

Karen Blixen
La ferme afri­caine (Out of Afri­ca), 1937, édi­tions Gal­li­mard, 1942, coll. Folio, 2006

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