« Toute société commence par être une société des amis du défunt, parce que toute société a besoin de croire à une transcendance qui la clôture et qui la fonde. »
Régis Debray
Critique de la raison politique, éditions Gallimard, 1981
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« Toute société commence par être une société des amis du défunt, parce que toute société a besoin de croire à une transcendance qui la clôture et qui la fonde. »
Régis Debray
Critique de la raison politique, éditions Gallimard, 1981
« Une société qui ne peut plus déterminer elle-même les règles d’appartenance est une société envahie, et une société qui ne peut plus transmettre les règles, les mœurs et les lois qui sont les siennes est morte. »
Hervé Juvin
La grande séparation, éditions Gallimard, 2013
« Je considère que c’est le devoir de tous ceux qui, solitaires, vont leur propre chemin de faire part à la société de ce qu’ils ont découvert au cours de leur voyage d’exploration. Que ce soit une fontaine fraîche pour ceux que tourmentent la soif ou l’aride désert de l’erreur stérile. »
Carl Gustav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, éditions Buchet-Chastel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Références, 1995
« Nous dirons qu’une société et un peuple sont en forme quand : 1) ils restent conscients de leurs origines culturelles et historiques ; 2) ils peuvent se rassembler autour d’un médiateur, individuel ou symbolique, capable de rassembler les énergies et de catalyser la volonté de destin ; 3) ils conservent le courage de désigner leur ennemi. Or, aucune de ces conditions n’est réalisée dans la société libérale marchande, qui : 1) dissout les mémoires ; 2) éteint le sublime et effrite les passions ; 3) ne veut pas avoir d’ennemi et croit qu’il est possible de ne pas en avoir. »
Alain de Benoist
Orientations pour des années décisives, éditions Le Labyrinthe, 1982
« Aucune société ne peut faire l’économie du sacré. »
Pierre Chaunu
La mémoire et le sacré, éditions Calmann-Lévy, 1978
« Le Moyen Âge était tout entier un monde de communautés : paysannes, urbaines, de métiers, religieuses, etc. Avec la modernité apparaît, au contraire, un monde tout entier fait d’individus. »
Guillaume Travers
Économie médiévale et société féodale. Un temps de renouveau pour l’Europe, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« C’est la dernière responsabilité qui nous incombe : éviter que nos enfants aient un jour les dents gâtées par les raisins verts de l’oubli. Écrire et raconter, inlassablement, non pour juger mais pour expliquer. Ouvrir la porte à ceux qui cherchent une trace du passé et qui refusent le silence, repiquer chaque matin le riz de nos souvenirs. »
Hélie Denoix de Saint Marc
Les sentinelles du soir, éditions les arènes, 1999
« La condition nécessaire pour surmonter les crises en cours consiste à renverser la table et à balayer l’idéologie mortifère aujourd’hui dominante, à affirmer les identités des patries charnelles et des nations et la communauté civilisationnelle correspondant à notre vieille Europe brisée par le sombre XXe siècle. »
Philippe Conrad
Relever le défi migratoire, rendre à l’Europe son identité, allocution au troisième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 9 avril 2016
« Il est certain qu’aujourd’hui encore, et précisément en Italie, les rites par lesquels une communauté guerrière déclare « présents » les camarades morts au champ d’honneur, ont retrouvé une force singulière. Qui part de l’idée que tout ce qu’un processus d’involution a, de nos jours, doté d’un caractère allégorique et au maximum éthique, avait à l’origine une valeur de réalité (et tout rite était action et non simple cérémonie) doit penser que les rites guerriers actuels peuvent être matière à méditation et à rapprocher du mystère contenu dans l’enseignement dont nous avons parlé : l’idée de héros qui ne sont pas vraiment morts, comme celle de vainqueurs qui, à l’image du César romain, restent « vainqueurs perpétuels » au centre d’une lignée. »
Julius Evola
Métaphysique de la Guerre (Diorama Filosofico, 1935), in Cahiers de l’Unicorne 7, trad. H.J. Maxwell, Arche éditions, 1980
« Le code civil, qui imposait que l’octroi de la nationalité française soit subordonné à l’assimilation, a été violé. La citoyenneté a été vidée de sa substance. Plus grave encore, les papiers d’identité confèrent un droit de propriété sur la terre. Les élites ont donc disposé de la France comme si elle leur appartenait en propre. »
Malika Sorel
Brandir un drapeau est un acte éminemment politique, entretien au Figaro, par Alexandre Devecchio, 19 juillet 2019
« Dans un fameux passage de l’Iliade le poète décrit la phalange achéenne : « La lance fait un rempart à la lance, le bouclier au bouclier, chacun étayant l’autre ; l’écu s’appuie sur l’écu, le casque sur le casque, le guerrier sur le guerrier. » Ce n’est pas seulement la préfiguration de l’ordre hoplitique que l’on entrevoit ici, mais surtout l’expression de ce qu’est une communauté solidaire où chaque membre peut se reposer sur les autres, où la désertion d’un seul anéantirait instantanément le tout indissociable. Pas question de « contrat » ici, mais d’obligations mutuelles inscrites dans le pacte fondateur du clan, de la tribu, de la cité et de la phalange. »
Dominique Venner
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013
« Dans le domaine de la théorie économique, qui ne voit la similitude entre la théorie politique de Hobbes et la théorie économique libérale ? L’homme est réduit à sa double fonction de producteur et de consommateur. Dans sa relation aux autres, l’homo œconomicus ne vise qu’à maximiser son utilité, son intérêt individuel en dehors de toute considération de solidarité. La relation économique est à la fois concurrentielle et contractuelle. La concurrence pure, parfaite et non faussée est garantie par l’État et les Codes, civil et de commerce, en sont les normes.
Les principes de ces deux idéologies sont communs : les hommes sont de purs atomes, des monades leibnitziennes qui flottent quelque part dans le plasma inorganique de l’espace et du temps, hors-sol, interchangeables et équivalents, sans aucune détermination culturelle ou historique. »
Lionel Rondouin
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018