« La politique a un seul but : répondre aux terreurs de l’homme. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
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« La politique a un seul but : répondre aux terreurs de l’homme. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
« La première chose dont on a besoin, c’est un parti. […] La nostalgie qu’ils [les Russes] éprouvent n’est pas pour le communisme en soi, elle est pour l’ordre, le sens de la communauté, l’orgueil d’appartenir à quelque chose de vraiment grand. Les Russes ne sont pas et ne seront jamais comme les Américains. Cela ne leur suffit pas de mettre de l’argent de côté pour s’acheter un lave-vaisselle. Ils veulent faire partie de quelque chose d’unique. Ils sont prêts à se sacrifier pour ça. Nous avons le devoir de leur restituer une perspective qui aille au-delà du prochain versement mensuel pour la voiture. Ce qu’il faut, c’est l’unité. Un mouvement qui redonne de la dignité aux gens. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
« La technologie, avec l’enregistrement et la radio, révolutionne le rapport des individus et des sociétés à la musique et au son. D’une pratique naturelle et vivante dans une écoute collective, l’enregistrement a permis une écoute artificielle individuelle, corrosive pour les liens sociétaux entretenus traditionnellement par la musique. »
Thierry DeCruzy
Démondialiser la musique. Une réponse au naufrage musical européen, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2022
« Il n’y a d’action collective féconde que précédée d’un travail sur soi, c’est-à-dire d’une action individuelle au service d’un plus que soi. »
Alain de Benoist
L’exil intérieur. Carnets intimes, Krisis / éditions La Nouvelle Librairie, 2022
« Le témoignage le plus important et le plus pénible du monde moderne, celui qui rassemble peut-être tous les autres témoignages que cette époque se trouve chargée d’assumer […] est le témoignage de la dissolution, de la dislocation ou de la conflagration de la communauté. »
Jean-Luc Nancy
La communauté désœuvrée, Christian Bourgois éditeur, 2004
« Ce qui est le plus insupportable dans une société de masse, ce n’est pas (ou du moins pas essentiellement) le nombre de gens qui la composent, mais le fait que l’espace entre eux a perdu sa capacité de les réunir, de les relier les uns aux autres et en même temps de les distinguer. »
Hannah Arendt
Condition de l’homme moderne (The Human Condition), 1958, trad. Georges Fradier, éditions Calmann-Lévy, 2018
« S’il faut une opposition pour défendre et sauver la personne, nous sommes de cette opposition. Mais nous refusons, en combattant pour la personne, de combattre pour cette réalité agressive et avare qui se retranche derrière elle. Une personne, ce n’est pas un faisceau de revendications tournées vers le dedans à l’intérieur d’une frontière arbitraire, et je ne sais quel désir d’affirmation. C’est un style réducteur des influences, mais largement ouvert à elles, une puissance orientée d’attente et d’accueil. C’est une force nerveuse de création et de maîtrise, mais au sein d’une communion humaine où toute création est un rayonnement, toute maîtrise un service. C’est une liberté d’initiative, c’est-à-dire un foyer de commencements, une première pente vers le monde, une promesse d’amitiés multiples, une offre de soi. On ne se trouve qu’en se perdant ; on ne possède que ce qu’on aime. Allons plus loin, jusqu’au bout de la vérité qui nous sauvera : on ne possède que ce qu’on donne. Ni revendication, ni démission : nous refusons le mal de l’Orient et le mal de l’Occident. Mais un mouvement croisé d’intériorisation et de don […]. »
Emmanuel Mounier
« Pour une réhabilitation de la communauté », in Krisis n°16, juin 1994
« Puis-je dire je de cet individu abstrait, bon sauvage et promeneur solitaire, sans passé, sans avenir, sans attaches, sans chair, sur qui est descendu le feu d’une Pentecôte qui n’unit point : sa liberté souveraine. Le monde moderne l’a voulu suffisant comme un dieu, léger de tous liens et vivant du précieux déroulement de sa spontanéité. Il s’est représenté le dévouement, la communion, le don sous l’image grossièrement spatiale de l’extériorité et s’est persuadé, en rejoignant son égoïsme foncier par une habile délicatesse morale, que tout rapport avec l’autre est une odieuse contrainte […]. On veut l’individu si léger et intérieur à lui-même que ses propres décisions l’importunent. Il sent peser même son poids, sa volonté lui est à charge et avec elle toute fidélité à une épaisseur de temps. »
Emmanuel Mounier
« Pour une réhabilitation de la communauté », in Krisis n°16, juin 1994
« De même que l’œuvre d’art présuppose la disponibilité esthétique de ceux à qui elle entend “parler”, ainsi le mythe présuppose, au sein du cadre social où il naît, la disponibilité d’hommes et de groupes humains à l’accueillir. »
Giorgio Locchi
Wagner, Nietzsche et le mythe surhumaniste, traduit de l’italien par Philippe Baillet et Pierluigi Locchi, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Agora, 2022
« Chaque village, chaque paroisse, chaque métier, chaque famille avait ses chansons puisées à des répertoires communs, les paroles étaient en effet adaptées à des usages particuliers. Elles montraient la vitalité des communautés tout en entretenant un dialogue entre elles. »
Thierry DeCruzy
Démondialiser la musique. Une réponse au naufrage musical européen, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2022
« Si la musique peut être exécutée individuellement, sa raison d’être est collective. »
Thierry DeCruzy
Démondialiser la musique. Une réponse au naufrage musical européen, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2022