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Citations sur la colonisation

C’est l’Indochine la mieux connue. Il y a l’autre…

« C’est l’In­do­chine la mieux connue. Il y a l’autre : celle des contre­forts de l’Hi­ma­laya au nord, de la cor­dillère Anna­mi­tique au centre, des pla­teaux mon­ta­gnards du sud : plus de quatre-vingts eth­nies, peu­plades, tri­bus, clans ! À peu près intacts, pas dégé­né­rés, aus­si libres qu’on peut l’être sur terre ! Nulle part au monde une telle diver­si­té, une telle den­si­té… Voi­là que je vous fais un cours de géo­gra­phie humaine main­te­nant ! Comme vous m’a­vez l’air de ne pas connaître grand-chose, ça ne vous fera pas de mal… De toute façon, c’est de l’his­toire ancienne. Cette Indo­chine-là est morte. Tout est ren­tré dans le rang. Ces sur­vi­vances féo­dales héri­tées du colo­nia­lisme fran­çais ont été promp­te­ment liqui­dées… pas de salut hors des masses popu­laires, du socia­lisme scien­ti­fique basé sur le maté­ria­lisme dia­lec­tique enri­chi par le grand Lénine et le génial Sta­line, du cen­tra­lisme démo­cra­tique, du déter­mi­nisme his­to­rique et tut­ti quan­ti… Ha ! Ha ! Ha ! Ain­si va le monde ! »

Pierre Schoen­doerf­fer
Là-haut, Édi­tions Gras­set, 1981

Tout homme est désormais un « porc » en puissance…

« L’introduction des concepts de gros­so­pho­bie, de vali­disme (qui serait un rejet des per­sonnes han­di­ca­pées ou non valides) ou encore de spé­cisme (qui dénonce la supé­rio­ri­té de l’homme sur l’animal) pour­rait de prime abord faire sou­rire, mais ce serait oublier les ligues de ver­tu qui com­mencent déjà à vou­loir faire recon­naître et sanc­tion­ner ces racismes” sur le plan juri­dique. La gros­so­pho­bie” – mot entré au dic­tion­naire en mai 2018 – a d’ailleurs déjà fait l’objet d’une cam­pagne offi­cielle de sen­si­bi­li­sa­tion par la Mai­rie de Paris. Au final, on remarque que le féti­chisme de la non-dis­cri­mi­na­tion est for­te­ment empreint d’une sorte de mar­xisme cultu­rel qui tend à ana­ly­ser sys­té­ma­ti­que­ment les rap­ports humains ou sociaux en termes de domi­nants-domi­nés ou de bour­reaux-vic­times et qui sou­tient que l’Occident serait essen­tiel­le­ment défi­ni par une struc­ture patriar­cale, homo­phobe, raciste et sexiste qu’il fau­drait faire tom­ber urgem­ment. Toute dif­fé­rence consi­dé­rée, à tort ou à rai­son, comme supé­rieure est dès lors oppres­sante” et doit être gom­mée. Tout homme est désor­mais un porc” en puis­sance, un Blanc est néces­sai­re­ment un colo­ni­sa­teur escla­va­giste”, émettre un juge­ment de pré­fé­rence esthé­tique sur la min­ceur d’une femme devient gros­so­phobe”, etc. La hié­rar­chie, l’élitisme ou encore la recherche du Beau et du Bien sont balayés par cette tyran­nie de la fai­blesse où la vic­time est glo­ri­fiée (on lui donne même la Légion d’honneur) et où le beau et le fort deviennent d’insupportables oppresseurs. »

Thi­bault Mercier
Athé­na à la borne. Dis­cri­mi­ner ou dis­pa­raître ?, Pierre-Guillaume de Roux édi­teur, 2019

Loin des mélanges d’une « civilisation planétaire »…

« Loin des mélanges d’une « civi­li­sa­tion pla­né­taire » comme vil­lage glo­bal, la pla­nète s’organise aujourd’hui en blocs eth­niques iden­ti­taires, en com­pé­ti­tion. Le mélange des cultures, l’abolition des iden­ti­tés n’est pas au pro­gramme du XXIe siècle. L’Inde, la Chine, le monde ara­bo-musul­man ou tur­co-musul­man, etc., affirment leurs iden­ti­tés, ne tolèrent ni immi­gra­tion de colo­ni­sa­tion ni métis­sage sur leur sol. Seules, les pseu­dos-élites euro­péennes défendent le dogme d’une « pla­nète métisse ». C’est une chimère. »

Guillaume Faye
Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, Édi­tions de L’AEncre, 2001

Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste…

« Pour la puis­sance mon­diale, tout aus­si inté­griste que l’orthodoxie reli­gieuse, toutes les formes dif­fé­rentes et sin­gu­lières sont des héré­sies. À ce titre, elles sont vouées soit à ren­trer de gré ou de force dans l’ordre mon­dial, soit à dis­pa­raître. […] L’objectif est de réduire toute zone réfrac­taire, de colo­ni­ser et de domes­ti­quer tous les espaces sau­vages, que ce soit dans l’espace géo­gra­phique ou dans l’univers mental. »

Jean Bau­drillard
Power Infer­no, édi­tions Gali­lée, 2002

Réaliser la décolonisation de l’Union européenne…

« Réa­li­ser la déco­lo­ni­sa­tion de l’Union euro­péenne contre l’entreprise mon­dia­liste est le pre­mier et l’immense tra­vail poli­tique qui vient. Tra­vail de retour à l’histoire et à la géo­gra­phie. Tra­vail de situa­tion de tout ce qui parle, affiche, publie, témoigne, influe : d’où vient-il, et de qui ? Tra­vail de sur­vie, qui appelle le tour de garde de sen­ti­nelles éveillées : que cha­cun donne son mot de passe, que cha­cun dise quel est son nom, d’où il vient et de qui, qui le paie et pour­quoi, nous n’avons plus le luxe de croire que les idées viennent de nulle part et que ceux qui parlent entendent seule­ment nous diver­tir. Tra­vail de repé­rage, de mesure, de détec­tion des cris­taux que char­rie la boue quo­ti­dienne de l’événement et de l’information. Tra­vail de détec­tion, de sélec­tion et de dis­cri­mi­na­tion, pour recon­naître les amis des enne­mis et veiller aux portes. »

Her­vé Juvin
Le ren­ver­se­ment du monde. Poli­tique de la crise, édi­tions Gal­li­mard, 2010

Du Sinaï yankee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi…

« Du Sinaï yan­kee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi démo­cra­tique et, échine ployée, nous les ramas­sons pieu­se­ment sans nous deman­der ce qu’est, au fait, la démo­cra­tie amé­ri­caine. Ce qu’elle est ? Mala­die. Mais mala­die sup­por­tée par un corps colos­sal, déployée dans un espace qui n’est pas le nôtre, encore douée de confiance en sa jeu­nesse his­to­rique et en son mes­sia­nisme puri­tain. Oui, le sys­tème malade jouit encore en Amé­rique d’une confiance toute naïve qui n’est plus la nôtre. Nos démo­cra­ties, en Europe, ont fré­quen­té l’histoire et par elle ont été rudoyées alors que les États-Unis croient tou­jours, en leurs pro­fon­deurs, que la démo­cra­tie est leur être même. Ils ne se conçoivent pas n’étant-pas-démocrates alors que nous savons qu’il ne s’agit là que d’une forme poli­tique et non la sub­stance même de notre être. Nous avons connu d’autres régimes poli­tiques (les États-Unis jamais) et nous savons aus­si, après tout, que nous pou­vons nous en pas­ser. Mieux encore : nous n’avons pas tout à fait oublié que notre plus haute gloire ne furent pas néces­sai­re­ment liées à la forme démo­cra­tique de nos gou­ver­ne­ments. Et tou­jours mieux : nous avons trop vu, en France, en Alle­magne, en Ita­lie, en Espagne, les démo­cra­ties ame­ner le désastre et être inca­pables d’y faire face. Et les Fran­çais, par exemple, n’ont pas encore expul­sé de leur mémoire la cou­leur hon­teuse des jours de 40. […] En somme, la fille a dévoyé la mère : l’Amérique démo­crate pour­rit la démo­cra­tie d’Europe. Pour cela, je dis que la démo­cra­tie libé­rale n’est pas le bon rem­part contre le colo­nia­lisme américain. »

Jean Cau
Pour­quoi la France, édi­tions de La Table Ronde, 1975

En fait la colonisation en cours est beaucoup plus conforme…

« En fait la colo­ni­sa­tion en cours est beau­coup plus conforme à la défi­ni­tion et à l’étymologie du terme que celle à laquelle s’est livrée la France dans ce qui fut son empire, jadis. Colo­ni­sa­tion de peu­ple­ment, colo­ni­sa­tion par la masse démo­gra­phique, colo­ni­sa­tion par sub­sti­tu­tion eth­nique, elle est sur­tout beau­coup plus grave, en cela qu’elle menace, elle, d’être irré­ver­sible, sans recours pos­sible. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’a pra­ti­quée notre pays, une colo­ni­sa­tion mili­taire, poli­tique et admi­nis­tra­tive, on peut s’en débar­ras­ser en un tour­ne­main, l’histoire l’a mon­tré. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’il subit depuis des lustres, une colo­ni­sa­tion par chan­ge­ment de peuple, celle-là est défi­ni­tive, à moins de faire inter­ve­nir la remi­gra­tion, pré­ci­sé­ment, avant qu’il soit tout à fait trop tard. »

Renaud Camus
« Lettre à Fabrice Robert », sep­tembre 2014

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