« Notre temps est si rongé de bonnes intentions, si désireux de faire le bien qu’il voit le mal partout. »
Philippe Muray
Après l’Histoire, éditions Gallimard, 2007
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« Notre temps est si rongé de bonnes intentions, si désireux de faire le bien qu’il voit le mal partout. »
Philippe Muray
Après l’Histoire, éditions Gallimard, 2007
« Le héros était l’idéal du Grec. Peut-on dire qu’il est sublime ? Achille est beau. Les héros, comme les dieux grecs sont beaux. Les meilleurs des Grecs sont beaux. Le sublime, me semble-t-il, appartient au christianisme. Une église est sublime parce qu’elle tend vers l’infini, comme l’idéal chrétien de la sainteté qui se réalise dans l’au-delà. Alors que le temple grec est beau parce que le dieu est là. Le temple est la demeure du dieu où son rayonnement se ressent. »
Marcel Conche
Épicure en Corrèze, éditions Stock, 2014
« Si quelqu’un vient me dire ce qui fait qu’une chose est belle, ou la vivacité des couleurs, ou ses formes et d’autres choses semblables, je laisse là toutes ces raisons, qui ne font que me troubler, et je m’assure moi-même sans façon et sans art et peut-être trop simplement, que rien ne la rend belle que la présence ou la communication de la beauté première, de quelque manière que cette communication se fasse, car là-dessus je n’affirme rien, sinon que toutes les belles choses sont belles par la présence de la beauté. »
Socrate selon Platon
Phédon, 100c-100d, IVe siècle av. notre ère
« Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée. […] Malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure, rouler son propre rocher. La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. […] Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu. »
Hélie Denoix de Saint Marc
Que dire à un jeune de 20 ans, 2010
« À vingt ans, l’aventure de la guerre et des conjurations fut offerte à ceux de ma génération qui le voulurent. Peu y étaient préparés. Rares furent ceux qui purent changer cette occasion en destin. Au moins ceux-là ont-ils vraiment vécu, même et surtout ceux qui en moururent. »
Dominique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2014
« L’avenir est quelque chose qui se surmonte. »
Georges Bernanos
La Liberté pour quoi faire ?, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1953
« Ce livre [fait] renaître les blanches plantations dans leur écrin de magnolias et de chèvrefeuille, les jeunes filles à crinoline, les planteurs galants et les gentilshommes saisis par l’angoisse d’un destin inexorable. Mais au-delà de l’évocation fidèle d’une époque terrible, et de la trame romanesque attachante, c’est la nostalgie frémissante qui sourd tout au long des pages. Nostalgie d’un monde irrémédiablement condamné, mais auquel on ne cesse de rêver comme à un paradis perdu. Car si le Sud est mort, il continue de vivre dans le cœur des hommes généreux. »
Dominique Venner
Le blanc soleil des vaincus – L’épopée sudiste et la guerre de Sécession (1607 – 1865), éditions de La Table Ronde, 1975
« La fortune sourit aux audacieux. »
Virgile
L’Enéide, Ier siècle av. J.-C., trad. Paul Veyne, éditions Le Livre de Poche, 2016
« Lorsque les Athéniens ne voulurent plus contribuer à la société, mais essentiellement recevoir de la société, lorsque la liberté qu’ils souhaitaient consistait à être libérés de toute responsabilité, alors Athènes cessa d’être libre. »
Edward Gibbon
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain (The Decline and Fall of the Roman Empire), 1776 – 1788, trad. François Guizot, 1819, éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, 2000
« Toi seule es jeune, ô Cora ; toi seule es pure, ô Vierge ; toi seule es saine, ô Hygie ; toi seule es forte, ô Victoire. Les cités, tu les gardes, ô Promachos ; tu as ce qu’il faut de Mars, ô Aréa ; la paix est ton but, ô Pacifique. Législatrice, source des constitutions justes ; Démocratie, toi dont le dogme fondamental est que tout bien vient du peuple, et que, partout où il n’y a pas de peuple pour nourrir et inspirer le génie, il n’y a rien, apprends-nous à extraire le diamant des foules impures. Providence de Jupiter, ouvrière divine, mère de toute industrie, protectrice du travail, ô Ergané, toi qui fais la noblesse du travailleur civilisé et le mets si fort au-dessus du Scythe paresseux ; sagesse, toi que Zeus enfanta après s’être replié sur lui-même, après avoir respiré profondément ; toi qui habites dans ton père, entièrement unie à son essence ; toi qui es sa compagne et sa conscience ; énergie de Zeus, étincelle qui allumes et entretiens le feu chez les héros et les hommes de génie, fais de nous des spiritualistes accomplis. »
Ernest Renan
Prière sur l’Acropole, 1865, in Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883
« Je m’acquittais de l’un des devoirs de ma destinée : j’allais saluer Apollon au milieu de ses ruines, Apollon de qui, pour une faible part, je relève. »
Maurice Barrès
Une enquête aux pays du Levant II, éditions Plon, 1923
« Ce n’est pas dans le premier moment d’une émotion très vive que l’on jouit le plus de ses sentiments. Je m’avançais vers Athènes avec une espèce de plaisir qui m’ôtait le pouvoir de la réflexion ; non que j’éprouvasse quelque chose de semblable à ce que j’avais senti à la vue de Lacédémone. Sparte et Athènes ont conservé jusque dans leurs ruines leur différent caractère : celles de la première sont tristes, graves, solitaires, celle de la seconde sont riantes, légères, habitées. À l’aspect de la patrie de Lycurgue, toutes les pensées deviennent sérieuses, mâles et profondes ; l’âme fortifiée semble s’élever et s’agrandir. Devant la ville de Solon, on est comme enchanté par les prestiges du génie ; on a l’idée de l’homme considéré comme un être intelligent et immortel. Les sentiments de la nature humaine prenaient à Athènes quelque chose d’élégant qu’ils n’avaient point à Sparte. L’amour de la patrie et de la liberté n’étaient point pour les Athéniens un instinct aveugle mais un sentiment éclairé, fondé sur ce goût du beau dans tous les genres que le ciel leur avait si libéralement départi ; enfin, en passant des ruines de Sparte aux ruines d’Athènes je sentis que j’aurais voulu mourir avec Léonidas et vivre avec Périclès. »
François-René de Chateaubriand
Itinéraires de Paris à Jérusalem, en passant par la Grèce, et en revenant par l’Égypte, la Barbarie et l’Espagne, 1811, éditions Gallimard, coll. Folio classique, 2005