Thème
Citations d’un auteur français
Que nos devoirs soient en même temps nos plaisirs…
« Ce qui est sûrement la meilleure façon de donner au devoir une bonne trempe : que nos devoirs soient en même temps nos plaisirs, que nos plaisirs soient en même temps nos risques… »
Henry de Montherlant
Le Solstice de juin, éditions Grasset, 1941, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1977
La volonté de restaurer le passé…
« La volonté de restaurer le passé, quand bien même elle peut être touchante, est fondamentalement impolitique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héritées du passé, les structures mentales, les manières de penser l’homme et la société qui ont été propres au monde féodal peuvent nous inspirer. »
Guillaume Travers
Entretien au site La Droite de demain, 15 février 2021
Ne pas mourir est une chose. Vivre en est une autre…
« Ne pas mourir est une chose. Vivre en est une autre.
Nous entrons dans une ère où l’homme cultive et multiplie tous les moyens de ne pas mourir (médecine, confort, assurances, distractions) – tout ce qui permet d’étirer ou de supporter l’existence dans le temps, mais non pas de vivre.
Nous voyons poindre l’aurore douteuse et bâtarde d’une civilisation où le souci stérilisant d’échapper à la mort conduira les hommes à l’oubli de la vie. »
Gustave Thibon
Notre regard qui manque à la lumière, 1955, éditions Fayard, 1995
Le nom de Céline appartient à la littérature…
« Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est à dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par-là, c’est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se bercer de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté. »
Philippe Muray
Céline, éditions Gallimard, coll. Tel, 2001
Ce qu’il s’agit de transmettre, c’est certes une culture…
« Ce qu’il s’agit de transmettre, c’est certes une culture, une certaine vision du monde, une “grille de lecture” sédimentée par notre plus longue mémoire, affutée par une confrontation assumée au tragique qui est celui de l’histoire sans cesse en train de se faire. Mais c’est davantage encore une attitude. Une façon d’être face à la vie, de dire “oui” à la vie. »
Grégoire Gambier
Qui sommes-nous si nous ne sommes pas maîtres de nous, chez nous ?, 3e colloque annuel de l’Institut Iliade, 18 mars 2017
Ce qui est gratuit n’a pas de valeur à leurs yeux…
L’histoire est un drame…
« L’histoire est un drame, chaque génération a son drame. Il y a des drames qui se terminent bien, d’autres qui se terminent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pouvons faire, c’est d’orienter les nations européennes selon la réalité et selon leur vocation. Si nous sommes submergés par l’américanisation, c’est que nous n’aurons pas été assez intelligents ni subtils pour assurer la suture entre passé et avenir. »
Marc Fumaroli
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’épée, entretien. Propos recueillis par Patrick Jansen, Enquête sur l’histoire n°24, décembre 1997 – janvier 1998
On ne dira jamais assez ce que la littérature, les arts…
« On ne dira jamais assez ce que la littérature, les arts, le savoir ont dû à l’hospitalité des grands seigneurs français et à l’exemple qu’ils ont donné à l’Europe. On ne dira jamais assez non plus ce qu’ils ont appris aux écrivains, leur sens du style. Eux-mêmes ont été souvent des écrivains supérieurs. La Rochefoucauld, Saint-Simon, le prince de Ligne, la marquise du Deffand. Cela compense peut-être leur naïveté politique. »
Marc Fumaroli
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’épée, entretien. Propos recueillis par Patrick Jansen, Enquête sur l’histoire n°24, décembre 1997 – janvier 1998
On a beau dire qu’Internet est une interactivité mondiale…
« On a beau dire qu’Internet est une interactivité mondiale : il lui manquera toujours ce qui fait le propre de la conversation, comme d’ailleurs du théâtre : la présence vivante, charnelle, émotionnelle d’un interlocuteur avec lequel on se sent engagé dans un espace qui n’a rien de virtuel. »
Marc Fumaroli
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’épée, entretien. Propos recueillis par Patrick Jansen, Enquête sur l’histoire n°24, décembre 1997 – janvier 1998
L’Amérique n’a jamais manqué de violence…
« L’Amérique n’a jamais manqué de violence, ni d’événements, ni d’hommes, ni d’idées, mais tout ça ne fait pas une histoire. Octavio Paz a raison d’affirmer que l’Amérique s’est créée dans le dessein d’échapper à l’histoire, d’édifier une utopie à l’abri de l’histoire, qu’elle y a en partie réussi, et qu’elle persiste aujourd’hui dans ce dessein. L’histoire comme transcendance d’une raison sociale et politique, comme vision dialectique et conflictuelle des sociétés, ce concept-là n’est pas le leur – de même que la modernité, comme rupture originelle d’avec une certaine histoire justement, ne sera jamais le nôtre. »
Jean Baudrillard
Amérique, éditions Grasset, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988
Si on dit que le monde n’est composé que d’individus…
« Une fois que l’on proclame que l’individu est supérieur au collectif, il lui est supérieur en tout. Si on dit que le monde n’est composé que d’individus, alors il est naturel que tout ce qui reste de distinctions soit progressivement balayé : il n’y a plus lieu de faire de différence entre Africains et Européens, car tous ne sont que des individus ; il n’y a plus lieu de faire de différence entre hommes et femmes, car tous ne sont que des individus abstraits. »
Guillaume Travers
Entretien au site La Droite de demain, 15 février 2021
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