« Les avant-gardes ne sont en “avant” que parce qu’elles roulent plus vite que la masse sur la pente du gouffre… »
Jean Cau
L’agonie de la vieille, éditions de La Table ronde, coll. La Table Ronde de combat, Les brûlots n°15, 1970
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« Les avant-gardes ne sont en “avant” que parce qu’elles roulent plus vite que la masse sur la pente du gouffre… »
Jean Cau
L’agonie de la vieille, éditions de La Table ronde, coll. La Table Ronde de combat, Les brûlots n°15, 1970
« Mais qu’est-ce qu’une éducation ?
Ceci : donner à un enfant soit la maîtrise, soit l’explication de son caractère soit les deux — au fur et à mesure que celui-ci évolue et s’ouvre au monde. »
Jean Cau
L’agonie de la vieille, éditions de La Table ronde, coll. La Table Ronde de combat, Les brûlots n°15, 1970
« Le fleuve occidental — fleuve de Babylone — roule ses eaux de fange qui charrient des idéologies, des chiens crevés, des religions, des figures de proue laquées de vase verte et des pères étranglés. Sur la rive, il n’y a personne. Si : des garçons et des filles qui se “chargent”, des couples qui forniquent avec un microphone autour du cou, des sociologues barbus et des psychiatres glabres. Ils méditent un doigt sur la tempe ; ou ricanent. »
Jean Cau
L’agonie de la vieille, éditions de La Table ronde, coll. La Table Ronde de combat, Les brûlots n°15, 1970
« La spéculation hideuse, effrénée, qui, d’année en année, abaisse la hauteur des étages, découpe un appartement dans l’espace qu’occupait un salon détruit, qui supprime les jardins, influera sur les mœurs de Paris. On sera forcé de vivre bientôt plus au dehors qu’au dedans. »
Honoré de Balzac
Les Petits Bourgeois, Kiessling éditeur, 1855
« J’appelle ORDRE toute disposition sériée ou symétrique.
L’ordre suppose nécessairement division, distinction, différence. Toute chose indivise, indistincte, non différenciée, ne peut être conçue comme ordonnée : ces notions s’excluent réciproquement. »
Pierre-Joseph Proudhon
De la Création de l’Ordre dans l’Humanité, A. Lacroix et Cie éditeur, 1873
« Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité, est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque folie d’éclat. »
Pierre-Joseph Proudhon
De la Création de l’Ordre dans l’Humanité, A. Lacroix et Cie éditeur, 1873
« Ce que l’homme sain hait le plus et comprend le moins, c’est la dégénérescence de son propre type. Il perçoit là une menace précise, immédiate, personnelle, un danger profond qui ne laisse aucune place à la réflexion et à l’indulgence. Ainsi le paysan déteste instinctivement et sans rémission le mendiant rural : il sent trop bien que ce serait là son sort s’il se relâchait dans son dur travail. Réciproquement, l’être abâtardi hait les formes supérieures de son type comme on peut haïr l’incarnation de sa propre condamnation, de son propre remords. »
Gustave Thibon
Destin de l’homme, éditions Desclée de Brouwer, 1941
« Dans le règne de l’égalité, et il approche, on écorchera vif tout ce qui ne sera pas couvert de verrues. »
Gustave Flaubert
Lettre à Louise Colet, 20 juin 1853
« Tu n’as pas idée, toi qui l’entends depuis l’enfance, de la grâce secrète, presque invisible, inaudible de la langue française. Son relief est doux, poli par l’usage et les siècles. »
Michel Déon
Un déjeuner de soleil, éditions Gallimard, coll. NRF, 1981
« Une baie démesurée s’étendait devant moi, à perte de vue, entre deux côtes écartées se perdant au loin dans les brumes ; et au milieu de cette immense baie jaune, sous un ciel d’or et de clarté, s’élevait sombre et pointu un mont étrange, au milieu des sables. Le soleil venait de disparaître, et sur l’horizon encore flamboyant se dessinait le profil de ce fantastique rocher qui porte sur son sommet un fantastique monument.
(…) Après plusieurs heures de marche, j’atteignis l’énorme bloc de pierres qui porte la petite cité dominée par la grande église. Ayant gravi la rue étroite et rapide, j’entrai dans la plus admirable demeure gothique construite pour Dieu sur la terre, vaste comme une ville, pleine de salles basses écrasées sous des voûtes et de hautes galeries que soutiennent de frêles colonnes. J’entrai dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu’une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus, et qui lancent dans le ciel bleu des jours, dans le ciel noir des nuits, leurs têtes bizarres hérissées de chimères, de diables, de bêtes fantastiques, de fleurs monstrueuses, et reliés l’un à l’autre par de fines arches ouvragées. »
Guy de Maupassant
Le Horla, 1886, éditions Albin Michel, coll. Le Livre de Poche, 1967
« Les littératures étrangères nous donnent ces curiosités de bouche si nécessaires à des lettrés français fatigués de la table nationale trop bien servie. Vive la France ! Elle est parfaite. Mais surtout Vive l’Europe ! Elle a pour nous ce mérite d’être un peu inédite. Elle nous réveille par des poivres et des épices nouveaux. Nos maîtres français sont des épiciers dont nous avons épuisé la boutique. »
Maurice Barrès
La querelle des nationalistes et des cosmopolites, Le Figaro, 4 juillet 1892
« L’individu, son intelligence, sa faculté de saisir les lois de l’univers ! Il faut en rabattre. Nous ne sommes pas les maîtres des pensées qui naissent en nous. Elles sont des façons de réagir où se traduisent de très anciennes dispositions physiologiques. »
Maurice Barrès
Amori et dolori sacrum, Félix Juven, Paris, 1909