« Dans la verte vallée ou la montagne,
Nos pères ont lutté avant nous. »
A Soldier’s Song – La chanson d’un soldat – Amhràn na bhFiann (hymne national de la République d’Irlande, 1907)
Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne
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« Dans la verte vallée ou la montagne,
Nos pères ont lutté avant nous. »
A Soldier’s Song – La chanson d’un soldat – Amhràn na bhFiann (hymne national de la République d’Irlande, 1907)
« Dans la prospérité, dans l’adversité, sur le champ de bataille, au conseil, sur le trône, dans l’exil, la France a été l’objet unique et constant de mes pensées et de mes actions. »
Napoléon Bonaparte
Discours du Champ de Mai, 1er juin 1815
« On ne mesure sans doute pas, avant la République, ce que nous fit perdre un roi qui se déclara « Roi des Français » et non plus « Roi de France », comme si un roi ne l’était pas aussi des sources et des forêts, des fées et des montagnes, des ciels et des chemins. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Notre temps présente tous les caractères du Bas empire expirant : en première ligne, dislocation de la famille et dénatalité ; dégradation foudroyante des mœurs ; infiltrations barbares. Et, parallèlement, nébuleuse de « noyaux de santé » (Gustave Thibon), pierre d’attente du monde qui naît, timides indices d’un « retour au réel », ébauche de ce Nouveau Moyen Âge prophétisé il y a plus de soixante ans par Nicolas Berdiaeff. »
Raymond Delatouche
Le paysan révolté : entretiens avec Raymond Delatouche, éditions Mame, coll. Trajectoires, 1993
« Il n’est pas d’exemples dans l’Histoire qu’une civilisation ait résisté à la destruction de sa base paysanne. »
Raymond Delatouche
Le paysan révolté : entretiens avec Raymond Delatouche, éditions Mame, coll. Trajectoires, 1993
« J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait sur le fusil-mitrailleur brûlant. J’ai encore dans les oreilles le crissement de la neige sous les brodequins ; le froissement des herbes sèches battues par le vent sur les rives du Don. J’ai encore devant les yeux ce que je voyais au-dessus de ma tête : la nuit, le carré étoilé de Cassiopée, le jour, les poutres au plafond du bunker. Dès que j’y pense, j’éprouve la même terreur qu’en cette matinée de janvier où la Katiucha se mit à nous cracher dessus de ses soixante-deux canons. »
Mario Rigoni Stern
Le Sergent dans la neige (Il sergente nella neve), 1953, trad. Noël Calef, Editions 10⁄18, coll. Domaine étranger, 1995
« Celui qui dira que nous sommes condamnés et que c’est pourquoi nous devons combattre jusqu’au bout (comme disent les Russes, tant qu’à mourir, il faut le faire en musique), celui-là ne sera pas un pessimiste. Ce sera un optimiste historique. L’optimisme historique signifie qu’on sait la vérité, si cruelle qu’elle soit, et qu’on est déterminé à se battre, quoi qu’il en coûte. L’optimisme historique ne compte sur rien ni personne, sauf sur soi-même et sur la bagarre. »
Alexandre Zinoviev
Nous et l’Occident, éditions de L’Âge d’homme, 1981, trad. Wladimir Berelowitch, éditions Gallimard, coll. Idées, 1982
« Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est à dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par-là, c’est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se bercer de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté. »
Philippe Muray
Céline, éditions Gallimard, coll. Tel, 2001
« Ce qu’il s’agit de transmettre, c’est certes une culture, une certaine vision du monde, une “grille de lecture” sédimentée par notre plus longue mémoire, affutée par une confrontation assumée au tragique qui est celui de l’histoire sans cesse en train de se faire. Mais c’est davantage encore une attitude. Une façon d’être face à la vie, de dire “oui” à la vie. »
Grégoire Gambier
Qui sommes-nous si nous ne sommes pas maîtres de nous, chez nous ?, 3e colloque annuel de l’Institut Iliade, 18 mars 2017
« L’histoire est un drame, chaque génération a son drame. Il y a des drames qui se terminent bien, d’autres qui se terminent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pouvons faire, c’est d’orienter les nations européennes selon la réalité et selon leur vocation. Si nous sommes submergés par l’américanisation, c’est que nous n’aurons pas été assez intelligents ni subtils pour assurer la suture entre passé et avenir. »
Marc Fumaroli
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’épée, entretien. Propos recueillis par Patrick Jansen, Enquête sur l’histoire n°24, décembre 1997 – janvier 1998
« L’Amérique n’a jamais manqué de violence, ni d’événements, ni d’hommes, ni d’idées, mais tout ça ne fait pas une histoire. Octavio Paz a raison d’affirmer que l’Amérique s’est créée dans le dessein d’échapper à l’histoire, d’édifier une utopie à l’abri de l’histoire, qu’elle y a en partie réussi, et qu’elle persiste aujourd’hui dans ce dessein. L’histoire comme transcendance d’une raison sociale et politique, comme vision dialectique et conflictuelle des sociétés, ce concept-là n’est pas le leur – de même que la modernité, comme rupture originelle d’avec une certaine histoire justement, ne sera jamais le nôtre. »
Jean Baudrillard
Amérique, éditions Grasset, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988