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Signes de noblesse : ne jamais songer à rabaisser…

« Signes de noblesse : ne jamais son­ger à rabais­ser nos devoirs à être des devoirs pour tout le monde ; ne pas vou­loir renon­cer à sa propre res­pon­sa­bi­li­té, ne pas vou­loir la par­ta­ger ; comp­ter ses pri­vi­lèges et leur exer­cice au nombre de nos devoirs. »

Frie­drich Nietzsche
Par-delà le bien et le mal – Pré­lude d’une phi­lo­so­phie de l’a­ve­nir (Jen­seits von Gut und Böse – Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2000

Lassés de peupler des villes surpeuplées dont la gouvernance…

« Las­sés de peu­pler des villes sur­peu­plées dont la gou­ver­nance implique la pro­mul­ga­tion tou­jours plus abon­dante de règle­ments, haïs­sant l’hydre admi­nis­tra­tive, excé­dés par l’impatronisation des nou­velles tech­no­lo­gies dans tous les champs de la vie quo­ti­dienne, pres­sen­tant les chaos sociaux et eth­niques à venir, ils déci­de­raient de quit­ter les zones urbaines pour rega­gner les bois. Ils recrée­raient des vil­lages dans des clai­rières, ouvertes au milieu des nefs. Ils s’inventeraient une nou­velle vie. Ce mou­ve­ment s’apparenterait aux expé­riences hip­pies mais se nour­ri­rait de motifs dif­fé­rents. Les hip­pies fuyaient un ordre qui les oppres­sait. Les néo-fores­tiers fui­ront un désordre qui les démo­ra­lise. Les bois, eux, sont prêts à accueillir les hommes ; ils ont l’habitude des éter­nels retours. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

Combien peu de chose il faut pour le bonheur…

« Com­bien peu de chose il faut pour le bon­heur ! Le son d’une cor­ne­muse. Sans musique la vie serait une erreur. L’Alle­mand se figure Dieu lui-même en train de chan­ter des chants. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Exister, c’est se vouer et se dévouer…

« Exis­ter, c’est se vouer et se dévouer. Mais mou­rir, c’est par­fois une autre façon d’exister. […] La mort n’est pas seule­ment le drame que l’on dit, sinon pour ceux qui pleurent sin­cè­re­ment le dis­pa­ru. Elle met fin aux mala­dies cruelles et inter­rompt le déla­bre­ment de la vieillesse, don­nant leur place aux nou­velles géné­ra­tions. La mort peut se révé­ler aus­si une libé­ra­tion à l’égard d’un sort deve­nu insup­por­table ou désho­no­rant. Sous sa forme illus­trée par les Samou­raï et les vieux Romains”, elle peut consti­tuer la plus forte des pro­tes­ta­tions contre une indi­gni­té autant qu’une pro­vo­ca­tion à l’espérance. »

Domi­nique Venner
Édi­to­rial de La Nou­velle Revue d’Histoire (NRH), N°64, La fin des Habs­bourg, jan­vier-février 2013

Tout naturalisme dans la morale, c’est-à-dire toute…

« Tout natu­ra­lisme dans la morale, c’est-à-dire toute saine morale, est domi­née par l’instinct de vie, — un com­man­de­ment de la vie quel­conque est rem­pli par un canon déter­mi­né d’ ordres” et de défenses”, une entrave ou une ini­mi­tié quel­conque, sur le domaine vital, est ain­si mise de côté. La morale anti­na­tu­relle, c’est-à-dire toute morale qui jusqu’à pré­sent a été ensei­gnée, véné­rée et prê­chée, se dirige, au contraire, pré­ci­sé­ment contre les ins­tincts vitaux –, elle est une condam­na­tion, tan­tôt secrète, tan­tôt bruyante et effron­tée, de ces ins­tincts. […] Toute faute, d’une façon ou d’une autre, est la consé­quence d’une dégé­né­res­cence de l’instinct, d’une désa­gré­ga­tion de la volon­té : par là on défi­nit presque ce qui est mau­vais. Tout ce qui est bon sort de l’instinct – et c’est, par consé­quent, léger, néces­saire, libre. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

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