« La décadence d’une société se mesure beaucoup moins à la grandeur des vices qu’on y pratique qu’à la bassesse des vertus qu’on y honore. »
Thierry Maulnier
in Les Cahiers de Combat, 1937
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« La décadence d’une société se mesure beaucoup moins à la grandeur des vices qu’on y pratique qu’à la bassesse des vertus qu’on y honore. »
Thierry Maulnier
in Les Cahiers de Combat, 1937
« Mais, dans la difficulté, je ne l’ai jamais entendu émettre la moindre plainte. C’est qu’il tient le renoncement pour une trahison. Quand il commence à douter de sa capacité à venir à bout d’un obstacle physique, il a volontiers recours à cette pensée de Péguy : “Réfléchir c’est commencer à capituler”. »
Sylvain Tesson
L’axe du loup, éditions Robert Laffont, 2004
« À l’époque romaine archaïque, la devotio était une sorte de suicide accompli pour le salut de la patrie, un serment par lequel un général s’offrait en sacrifice aux dieux en échange de la victoire. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Réaliser la décolonisation de l’Union européenne contre l’entreprise mondialiste est le premier et l’immense travail politique qui vient. Travail de retour à l’histoire et à la géographie. Travail de situation de tout ce qui parle, affiche, publie, témoigne, influe : d’où vient-il, et de qui ? Travail de survie, qui appelle le tour de garde de sentinelles éveillées : que chacun donne son mot de passe, que chacun dise quel est son nom, d’où il vient et de qui, qui le paie et pourquoi, nous n’avons plus le luxe de croire que les idées viennent de nulle part et que ceux qui parlent entendent seulement nous divertir. Travail de repérage, de mesure, de détection des cristaux que charrie la boue quotidienne de l’événement et de l’information. Travail de détection, de sélection et de discrimination, pour reconnaître les amis des ennemis et veiller aux portes. »
Hervé Juvin
Le renversement du monde. Politique de la crise, éditions Gallimard, 2010
« J’accepte la souffrance parce que j’ai toujours pressenti que ma destinée était tragique, je n’ai jamais cessé, même dans le bonheur, de me préparer à souffrir.
Ma destinée est tragique, mais c’est moi qui le veux : je préférerai toujours le désespoir au déshonneur. »
Jean-René Huguenin
Journal, 1964, éditions du Seuil, coll. Points, 1997
« Accepter le destin d’un cœur ferme n’est pas une vertu, c’est être un homme selon Homère, tout simplement. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Affaiblissement d’un peuple ou d’une civilisation résultant de causes endogènes, et tendant à lui faire perdre son identité et sa créativité.
Les causes de la décadence sont presque partout les mêmes dans l’histoire : individualisme et hédonisme excessifs, amollissement des mœurs, égoïsme social, dévirilisation, mépris des valeurs héroïques, intellectualisation des élites, déclin de l’éducation populaire, détournement ou abandon de la spiritualité et du sacré, etc.
D’autres causes sont fréquentes : modification du substrat ethnique, dégénérescence des aristocraties naturelles, perte de la mémoire historique, oubli des valeurs fondatrices. La décadence survient lorsque le souci du maintien dans l’histoire de la communauté-du-peuple s’estompe, lorsque les liens communautaires de solidarité et de lignage s’affaiblissent. Pour résumer, on peut dire que la décadence voit des symptômes apparemment contraires se conjuguer : l’excessive intellectualisation des élites, de plus en plus coupées du réel, et la primitivisation du peuple. Panem et circenses…
L’Europe connaît aujourd’hui une telle situation. La plupart du temps, la décadence est mal perçue comme telle et refusée par ses contemporains. Ceux qui la dénoncent sont assimilés à des prophètes de malheur. Les époques de décadence se parent souvent du masque de la renaissance. Ces attitudes sont des comportements de conjuration du réel, d’occultation des symptômes dans le but de rassurer.
Aucune décadence ne doit être considérée comme irréversible. Il faut cultiver l’optimisme tragique de Nietzsche. “Paris-Marseille en un quart d’heure, c’est formidable ! Car vos fils et vos filles peuvent crever, le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l’éclair. Que fuyez-vous donc, imbéciles ? Hélas, c’est vous que vous fuyez, vous-mêmes”. »
Georges Bernanos
La France contre les robots, 1946, éditions Robert Laffont, 1947, Le Castor Astral éditeur, coll. Galaxie, 2017
« La seule vérité est de se tenir debout quoi qu’il arrive, de faire face à l’absurdité du monde pour lui donner une forme et un sens, de travailler et de se battre si l’on est un homme, d’aimer si l’on est une femme. »
Dominique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2014
« Le surgissement de ces sociétés à la marge abolit le destin des sociétés historiques. En extrapolant brutalement leur essence outre-mer, ces dernières perdent le contrôle de leur évolution. Le modèle idéal qu’elles ont sécrété les annule. Et jamais plus l’évolution ne reprendra sous forme d’alignement progressif. Le moment, pour des valeurs jusque-là transcendantes, de leur réalisation, de leur projection ou de leur effondrement dans le réel (l’Amérique) est un moment irréversible. C’est ce qui, quoi qu’il arrive, nous sépare des Américains. Nous ne les rattraperons jamais, et nous n’aurons jamais cette candeur. Nous ne faisons que les imiter, les parodier avec cinquante ans de retard, et sans succès d’ailleurs. Il nous manque l’âme et l’audace de ce qu’on pourrait appeler le degré zéro d’une culture, la puissance de l’inculture. Nous avons beau nous adapter plus ou moins, cette vision du monde nous échappera toujours, tout comme la Weltanschauung transcendantale et historique de l’Europe échappera toujours aux Américains. »
Jean Baudrillard
Amérique, éditions Grasset, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988
« Ce pays est sans espoir.
Pour nous les fanatiques de l’esthétique et du sens, de la culture, de la saveur et de la séduction, pour nous pour qui cela seul est beau qui est profondément moral, et seule passionnante la distinction héroïque de la nature et de la culture, pour nous qui sommes indéfectiblement liés aux prestiges du sens critique et de la transcendance, pour nous c’est un choc mental et un dégagement inouï de découvrir la fascination du non-sens, de cette déconnexion vertigineuse également souveraine dans les déserts et dans les villes. Découvrir qu’on peut jouir de la liquidation de toute culture et s’exalter du sacre de l’indifférence. »
Jean Baudrillard
Amérique, éditions Grasset, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988
« Quand la bêtise gouverne, l’intelligence est un délit. »
Henry de Montherlant
Le Treizième César, éditions Gallimard, 1970
« Le vrai courage, c’est au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer. Être le grain de sable que les plus lourds engins écrasant tout sur leur passage ne réussissent pas à briser. »
Jean-Pierre Vernant
Entretien au Figaro littéraire, 2 décembre 2004